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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 17:07

Comme chacun le sait, l'information sur le net est surabondante. Que ce soit via les moteurs de recherche ou les réseaux sociaux, on se trouve vite submergé, ou égaré sur des voies de garage, et il est difficile de trouver les éléments vraiment pertinents. Pour essayer de résoudre ce problème, un nouveau type de pratique a fait son apparition depuis deux ans, avec un nom à première vue barbare : la « curation ».

 

http://www.blog-etourisme.com/wp-content/uploads/2011/01/logo-scoop-it.png


Comme l'explique l'excellent site Ouvertures animé par Jean-Luc Martin-Lagardette, « curation est le mot utilisé par les Américains pour nommer la pratique consistant à sélectionner, éditorialiser et partager du contenu,par analogie avec la mission du curator, le commissaire d’exposition chargé de sélectionner des oeuvres d’art et de les mettre en valeur pour une exposition ».

 

Par extension, le terme désigne, selon Wikipédia, « une pratique qui consiste à sélectionner, éditorialiser et partager les contenus les plus pertinents du Web pour une requête ou un sujet donné ». Avant de partager des textes, images ou vidéos comme les réseaux sociaux permettaient déjà de le faire, le « curateur » commence par les trier et les hiérarchiser. Pour cela, il utilise une « plate-forme » de « curation » comme Scoop.it ou Pearltrees, accessibles gratuitement sur le net.

 

Le « curateur » choisit le sujet et le titre de sa page, qui se présente un peu comme une page d'accueil de site web d'information. Dès lors, il se voit automatiquement proposer des pages web en rapport avec son sujet, qu'il peut mettre en ligne sur sa page d'un seul clic. Si cette sélection automatique se révèle peu réactive, le « curateur » peut aller lui-même chercher les infos sur le web et « suivre » d'autres pages Scoop.it sur le même thème.

 

Avant de mettre en ligne un contenu, le « curateur » est libre d'en changer le titre, d'ajouter un « chapeau », de supprimer ou intégrer une image. L'ordre des sujets est aussi modifiable, afin de faire « monter en une » (en haut de la page) une information importante. Chaque utilisateur est aussi libre de proposer à d'autres « curateurs » de partager les contenus qu'il a sélectionnés.

 

Le travail du « curateur » se compare ainsi à celui d'un spécialiste de la veille stratégique, ou du documentaliste qui recherche et classe les éléments pertinents sur différents sujets. En France, l'emploi des termes « curateur » et « curation » prête cependant à confusion, puisque le premier mot désigne, selon le Littré, « celui qui est chargé d'assister un incapable, de régir des biens par autorité de justice », tandis que le second qualifie l' « ensemble des moyens employés pour obtenir la guérison d'une maladie ».


Certains leur préfèrent la dénomination, guère plus claire, d' « agrégation web ». « L'utilisation de la curation de contenu divise, note Wikipedia. D'un côté, les "pro-curation" revendiquent un statut de trieur ou filtre du web donnant plus de visibilité aux contenus de qualité. De l'autre, les "anti-curation" dénoncent notamment un pillage des contenus du web et des droits d'auteurs bafoués. » En permettant à tout un chacun de devenir rédacteur en chef de sa page, la « curation » est en tout cas un outil de « journalisme citoyen ». A condition toutefois de respecter les règles de base de la déontologie journalistique (voir le Scoop.it d'Ouvertures), déjà souvent mises à rude épreuve dans la presse « classique », et que les citoyens journalistes ne connaissent pas forcément...

 

Cet article a été publié dans le N° 10 d'Options Futurs (en téléchargement ici). L'auteur de ce blog anime plusieurs pages Scoop.it, dont Actualités Ecologie.

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 10:34

Parmi les nombreux visiteurs de l'exposition sur les mathématiques, présentée jusqu'au 18 mars 2012 à la Fondation Cartier de Paris, rares sont ceux qui remarqueront que la formule « un dépaysement soudain », qui constitue son sous-titre, est empruntée au grand mathématicien Alexandre Grothendieck.

 

affiche.png

 

Et ils ont auront été encore moins nombreux (car, sauf inattention de ma part, l'expo n'en fait nulle part mention) à savoir qu'Alexandre Grothendieck fut, au tout début des années 1970, l'un des initiateurs du mouvement écologiste en France (voir mon post ici).

 

Cela aurait pourtant mérité d'être évoqué, dans la mesure où cette expo est consacrée aux relations des maths avec l'art et la société. On s'étonne que la place originale d'Alexandre Grothendieck dans l'histoire des mathématiques ne soit abordé dans cette expo qu'à travers des lectures de son livre-fleuve, le cryptique Récoltes et Semailles.

 

Mais cette exposition n'en mérite pas moins le détour. En vedette, David Lynch, via une projection très créatif mais guère éclairant, Patti Smith, dont la belle voix lit des textes sur une musique de David Lynch, et Takeshi Kitano, qui nous propose des formules mathématiques dont la somme est toujours 2011.

 

Pour autant, la partie la plus instructive de cette exposition est une série de films réalisés par Raymond Depardon et Claudine Nougaret. Neuf grands mathématiciens y racontent leur passion. Admirablement filmés en noir et blanc, ces chercheurs, parmi lesquels Michael Atiyah, Jean-Pierre Bourguignon, Alain Connes, Nicole El Karoui et Cédric Villani (médaille Fields 2010, équivalent du Nobel pour les maths), s'expriment en termes simples et passionnants sur la création mathématique.

 

Profitons-en pour signaler le hors-série de Sciences et Avenir, Le pouvoir infini des mathématiques (octobre-novembre 2011), sorti à l'occasion de l'exposition, qui consacre un encadré (hélas court et approximatif) à Alexandre Grothendieck.

 

AG-S-et-A.jpg

 

Saluons aussi, avec retard, l'excellent livre du journaliste scientifique Philippe Pajot, Parcours de mathématiciens, paru fin 2010 aux éditions Le Cavalier Bleu.

http://www.unitheque.com/UploadFile/CouvertureP/A/9782846702850-parcours-mathematiciens_g.jpg

   

 

On y retrouve deux des mathématiciens interviewés par le duo Depardon-Nougaret : Jean-Pierre Bourguignon et Nicole El Karoui, ainsi que d'autres chercheurs de premier plan comme Stella Baruk (auteur du classique Echec et maths), Benoît Mandelbrot (l'inventeur des fractales) ou Jean-Christophe Yoccoz (autre médaille Fields française). Sans oublier la figure originale de Denis Guedj, qui fut, aux côtés d'Alexandre Grothendieck et de mon père Pierre Samuel, l'un des piliers du groupe Survivre et Vivre, mouvement pionnier de l'écologie en France.

 

Signalons enfin l'ouvrage (hélas non traduit en français ou en anglais) du chercheur allemand Winfried Scharlau,  Wer Ist Alexander Grothendieck? Anarchie, Mathematik, Spiritualität - Eine Biographie, que l'on peut commander ici en livre à la demande sur Amazon.

Mais dommage quand même que cette expo soit passée à côté de ce personnage hors du commun, tout en empruntant sans vergogne l'une de ses formules ! 

Plus d'infos sur l'exposition sur le site de la Fondation Cartier.

 

 



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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 09:04

La crise est là et bien là, mais les estivants ne semblent pas s'en être aperçus...

 

http://www.the80s.fr/photo/artiste/elegance.jpg

 

Cliquez ici pour lire mon article mis en ligne sur le site Le + du Nouvel Observateur.

 

Vos réactions sont les bienvenues !

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 15:17

Cet article est paru en éditorial sur le site des JNE sous le titre "Sept mois qui ont changé le monde".

 

http://archivesgb.mediatiquementoff.net/birenbaum/medium_inventaire_66_image.jpg

 

Un tremblement de terre et un séisme au Japon, qui déclenchent l'une des pires catastrophes nucléaires de l'histoire, Fukushima. 

 

Un « printemps arabe », qui entraîne la chute des dictateurs Ben Ali et Moubarak.

 

Une intervention militaire en Libye contre un autre dictateur, Khadafi, tandis que la répression féroce en Syrie ne suscite que peu de réactions de la communauté internationale.

 

L'élimination d'Oussama Ben Laden au Pakistan.

 

La Grèce en quasi-faillite et, malgré l'accord conclu le 21 juillet, des incertitudes persistantes sur l'avenir de l'euro et de l'Europe, avec le spectre d'une crise économique plus forte que celle de 2008.

 

Une sécheresse et une famine sans précédent depuis 30 ans dans l'Est de l'Afrique.

 

Près de 100 personnes massacrées dans un pays vu jusque là comme un havre de paix, la Norvège.

 

Un « incident » dans une chambre d'hôtel de Manhattan, qui, vérifiant la théorie de l'« effet papillon », bouleverse la donne pour l'élection présidentielle française de 2012 et propulse pour la première fois une femme à la tête du Fonds Monétaire International.

 

Une star de la télé, Nicolas Hulot, qui, malgré le soutien de la plus grande partie de la presse, se fait battre à plates coutures dans la primaire de l'écologie par une ex-juge a priori peu charismatique, Eva Joly.

 

Comme on le constate avec ce rappel à coup sûr incomplet, les sept premiers mois de cette année 2011 ont été marqués par une succession quasi ininterrompue d'événements majeurs et inattendus. En 200 jours, le monde a sans doute plus changé que dans les 10 années précédentes.

 

D'un côté, la gravité de la crise économique et écologique que nous traversons devient chaque jour plus évidente.

 

De l'autre, l'aspiration à la démocratie, à la liberté et au refus de politiques jugées injustes et dangereuses, qui s'exprime aussi bien dans le « printemps arabe » que dans les mouvements des « Indignés », confirme sa force et son caractère universel.

 

Mais aujourd'hui, ce n'est pas seulement la Terre qui nous semble tourner plus vite (ou pas rond...). Notre perception des événements se trouve elle-même accélérée (déformée, diront certains) du fait de l'information continue apportée par les sites Internet, Twitter, Facebook et autres chaînes d'actualité non stop, et qui nous rattrape à tout moment (pour ceux qui en sont équipés) via les smart phones.

 

Avec, bien souvent, un manque patent de mise en perspective de ces « breaking news ».

 

Cela rend d'autant plus indispensable l'apport de journalistes spécialisés, particulièrement à même de resituer l'événement dans sa perspective, notamment historique. 

 

Neuf ans (déjà...) après la conférence de Johannesbourg, la planète brûle toujours, mais nous regardons de moins en moins ailleurs...

 

Et vous, qu'en pensez-vous ? Vos avis sont les bienvenus !

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 10:38

Lors d'une vague de froid dans les années 80, le groupe Jalons avait organisé une manifestation parodique au métro Glacière, avec ce slogan : Froid, assassin, Mitterrand complice ! Aujourd'hui, les opposants au Président ont moins d'humour, ou des soucis plus... primaires.

 

Trève de plaisanterie, le froid de ces derniers jours nous incite à cette réflexion (comme les années précédentes, mais notre propension à l'oubli est infinie...) : notre société est à ce point coupée de la nature que de simples chutes de neige sont vécues (au moins par les journaux télévisés et les chaînes d'info continues) comme une catastrophe nationale. Rien n'a changé depuis les années 70, où, après une tempête qui avait paralysé l'autoroute Lyon-Marseille, La Gueule Ouverte avait titré : "Alerte : une mystérieuse substance blanche tombe sur la France !".

 

Par ailleurs, cette crise nous montre (comme les années précédentes, mais notre propension à l'oubli est infinie...) que nos vaillantes centrales nucléaires sont incapables de faire face aux pics de consommation électrique. Au point qu'il a fallu lancer des appels, notamment en Bretagne, pour inciter les usagers à la sobriété énergétique !

 

Mais consolons-nous avec ce proverbe belge : "Neige en novembre, Noël en décembre !"

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 10:35

Jean-Paul Gibiat, ancien du Sauvage, de Ca m'intéresse et de Géo Histoire, est décédé le mardi 16 novembre 2010.

 

Cliquez ici pour lire l'article que je lui ai consacré sur le site du Sauvage.

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 11:26

Diffusé le 9 septembre 2010 sur France 2, le documentaire La Juge et l'affaire des dioxines, de Clarisse Feletin, est exemplaire tant sur le plan du fonctionnement de la justice que sur celui du journalisme.

 

http://www.linternaute.com/television/programme-tv/image_television/352/47703.jpg

 

Ce doc retrace l'enquête de la juge Hélène Gherards-Lastéra sur l'affaire de l'incinérateur d'Albertville en Savoie. Une jeune juge opiniâtre, qui n'hésite pas à mettre en garde en vue un haut fonctionnaire de la DRIRE, puis que l'on tente en vain de désaisir du dossier. Mais qui, faute de preuves irréfutables sur un lien entre les dioxines rejetées par l'incinérateur et les cancers constatés dans la vallée, finit par rendre un non-lieu.

 

Ce film montre qu'une juge, sans les effets de manche de certaines de ses ex-consoeurs, peut faire correctement son travail malgré le manque de moyens et l'hostilité du ministère de la Justice.

 

Mais La Juge et l'affaire des dioxines est aussi un modèle d'enquête journalistique, où la journaliste a su laisser s'exprimer les différents protagonistes, sans nous asséner des indignations vertueuses.

 

Et vous, qu'en pensez-vous ?

 

Ci-dessous, un extrait de ce film qui a reçu en mars 2010 la mention spéciale du Figra (Festival International du Grand Reportage et du documentaire d’Actualité) "pour la rigueur et la clairvoyance avec laquelle est relatée une instruction lourde de conséquences".

 


La juge et l'affaire des dioxines

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 10:16

http://lolcat.com/images/lolcats/174.jpg

L'auteur de ce blog a décidé de mettre à profit un changement professionnel (passage du statut de journaliste intégré dans une rédaction, celle du mensuel Ça m'intéresse, à celui de journaliste indépendant) pour mener une réflexion sur son contenu.


Entre suivi de l'actualité, commentaires et analyses, critiques de films, relais de campagnes sur l'environnement, vidéos désopilantes, il m'est apparu en effet que son contenu était trop disparate.

Alors, le temps d'explorer plusieurs pistes, ce blog restera en mode pause pour un temps indéterminé. Sauf bien sûr en cas d'actualité urgente.

En attendant, vos critiques et suggestions sont les bienvenues !
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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 13:37
http://media.paperblog.fr/i/82/822561/jean-pierre-jouyet-philippe-seguin-olivier-ro-L-2.jpeg
Je ne partageais pas toujours, tant s'en faut, les prises de position politiques de Philippe Séguin, notamment sur l'Europe.

Mais ce grand serviteur de l'Etat était un spécimen rare (voire en voie de disparition !) d'homme politique sincère, entier, désintéressé, généreux, passionné, profondément républicain, respectueux des autres.

Sa disparition laisse un immense vide dans la vie politique française. Hors sans doute son caractère ombrageux, Philippe Séguin aurait eu toutes les qualités pour devenir un grand Président de la République.

Ce blog tient à rendre hommage à un homme hors du commun que j'avais connu au tout début des années 1970 à Sciences Pô, où il était jeune (et déjà brillantissime !) maître de conférences.



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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 16:48
http://farm3.static.flickr.com/2009/2152304705_6df563bd0a.jpg

Avant, tout était simple. On souhaitait la bonne année aux plus proches par téléphone, à minuit tapante pour les plus intimes (si l’on avait la chance d’être dans un lieu doté d’une ligne fixe en fonctionnement !), dans la soirée du 1er janvier ou les jours suivants pour les autres.


Pour le reste de nos connaissances, on envoyait des cartes de voeux, personnelles ou professionnelles, avant la date fatidique du 31 janvier.

Aujourd’hui, le paysage des voeux s’est autant diversifié que celui de la télévision ! Ils partent et arrivent par SMS (mais certains de ceux que j’ai envoyés à minuit le 1er janvier semblent ne jamais être arrivés à destination…), par mail, mais aussi via Facebook, voire Twitter.


Messages, images, animations, vidéos nous arrivent de toutes parts.
 
Résultat : plus encore qu’avant, les voeux se croisent sans se rencontrer. Et, au bout du compte, on ne sait plus bien à qui on les a souhaités !

Un reflet peut-être du Web “social” où, trop souvent, chacun s’exprime sans trop se soucier de ce que disent les autres…

 Alors, faut-il revenir aux cartes de voeux “papier” ?

Vos avis sont les bienvenus !

En attendant, bonne année à tous (et pardon pour les doublons…) !
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