Interrogée le 8 septembre par Jean-Jacques Bourdin sur RMC/BFM (en podcast ici), Ségolène Royal a cité - en contrepoint de cette taxe carbone
qu'elle hait désormais tant - comme fiscalité écologique réussie le système mis en place par "sa" loi de 1992 sur les déchets.
Passons sur le fait que cette loi avait pour l'essentiel été préparée par Brice Lalonde, prédécesseur de Ségolène Royal au ministère de l'Environnement, et que le fait pour l'ex-ministre de s'en
attribuer la "maternité" est quelque peu abusif.
Mais surtout, il y avait de quoi sursauter en entendant Ségolène Royal affirmer que "sa" loi avait permis de supprimer les décharges sauvages, alors que, de l'aveu même du ministère de l'Ecologie,
il en reste aujourd'hui encore plusieurs centaines !
Certes, le dispositif institué par la loi de 1992 a permis de mettre en place le tri sélectif dans la plupart des communes, ce qui n'est pas rien. Mais il a eu comme effet pervers de favoriser
l'incinération, au détriment des filières de recyclage. Et on est loin de la philosophie d'une fiscalité écologique digne de ce nom, qui cherche non seulement à favoriser le traitement des
déchets, mais surtout à réduire leur production "à la source" en faisant évoluer les comportements des citoyens.
De ce point de vue, plutôt que de glorifier a posteriori une loi dépassée, Ségolène Royal aurait été mieux inspirée de citer en exemple les communes qui - en Alsace notamment - la taxation des
déchets selon le poids ou le volume produit par chaque foyer...