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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 19:32


L'interminable et confuse polémique estivale sur la contribution climat énergie, alias taxe carbone, aura eu le mérite majeur de placer pour la première fois (et durablement ?) la question des moyens d'action contre le changement climatique au coeur du débat politique français.


Bien sûr, l'opinion n'a pas encore pleinement pris conscience du fait qu'une politique efficace de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre implique de profonds changements dans nos comportements et modes de vie. De ce point de vue, la déclaration d'Eric Woerth, pour qui "la taxe carbone n'est pas un impôt", mérite la palme de l'hypocrisie. Le ministre du Budget aurait pu reprendre à son compte ce vieil adage des campagnes électorales : demander plus à l'impôt, et moins au contribuable.

Il faut cesser de tourner autour du pot et se rendre à l'évidence : la lutte anti-réchauffement exige un effort collectif, y compris sur le plan financier. Encore faut-il que celui-ci soit justement réparti et que des alternatives soient proposées pour le chauffage et les déplacements, ce qui est tout l'enjeu de la complexe question des "compensations".

Pour le reste, la "taxe carbone" aura vu se liguer contre elle un improbable "front du refus", rassemblant Que Choisir, Ségolène Royal (reniant sa signature du Pacte de Nicolas Hulot, dont la contribution climat énergie constitue la pièce maîtresse), Claude Allègre, des adeptes de la décroissance comme Paul Ariès, l'extrême-gauche, l'extrême-droite, sans oublier certains députés UMP...

Face à cet assemblage hétéroclite, il faut saluer l'inlassable travail pédagogique de Nicolas Hulot, l'attitude responsable des Verts, du Modem et d'une partie du PS. Quant au gouvernement, ses couacs  sur ce dossier sensible ne doivent pas faire oublier sa réactivité et sa volonté de "faire passer" cette taxe, quand bien même, comme le suggèrent des sondages, elle serait impopulaire.

Encore faudra-t-il - comme le rappellent dans un texte commun des députés écologistes et des représentants du pôle écologique du PS - que cette contribution ne soit pas vidée de son sens par un prix trop bas de la tonne de carbone et par une non-prise en compte de l'électricité... Le Président Sarkozy, qui doit annoncer ses arbitrages le 10 septembre, sera attendu au tournant sur ces deux points .
Quant à l'opposition des Français à cette taxe, elle doit être relativisée. Ainsi que le souligne Jean-Marc Jancovici dans le Figaro du 9 septembre 2009,
« 2/3 des Français sont opposés à la taxe carbone… sauf en cas de restitution partielle aux ménages (dont la forme peut se discuter), auquel cas plus de la moitié devient favorable ! C'est bien le signe qu'il y a moyen de trouver un chemin, pour le plus grand bénéfice de tous. »

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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