Depuis que le Président de la République a exprimé devant les lecteurs du « Parisien » son souhait de travailler avec lui, l'hypothèse d'une entrée de
Claude Allègre à l'occasion du remaniement post-municipales circule avec insistance.
Pour les défenseurs de l'environnement, la nomination d'un homme qui nie le lien entre activité humaine et réchauffement climatique constituerait une provocation. D'après RMC, Nicolas
Hulot vient de mettre en garde le Président de la République contre une décision qui remettrait en cause le processus du Grenelle de l'Environnement.
Mais la perspective d'un retour de l'ex-meilleur ami de Lionel Jospin dans un gouvernement UMP irrite aussi les enseignants, qui n'ont pas oublié ses déclarations à l'emporte pièce sur le
«dégraissage du mammouth » lorsqu'il était ministre de l'Education nationale.
Beaucoup de chercheurs s'en inquiètent également. L'autre dimanche sur Canal +,
Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a déclaré qu'il n'était pas question pour elle de travailler sous la houlette d'un homme pour lequel un
super-ministère (coiffant entre autres la recherche) pourrait être spécialement créé.
Au-delà des opinions et des provocations verbales, les méthodes de Claude Allègre sont également en cause. Vous pouvez en avoir une idée en lisant la lettre ouverte (cliquez ici pour le pdf) que l'Association des journalistes scientifiques de la presse d'information
(AJSPI) vient d'envoyer à Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Jules Hoffmann, président de l’Académie
des sciences et Catherine Bréchignac, présidente du CNRS, à propos de l'affaire Courtillot (voir mon post, ainsi que l'excellente synthèse de Sylvestre Huet de Libération sur son
blog).
On y apprend notamment que Claude Allègre a insulté certains des journalistes qui avaient osé critiquer son ami Vincent Courtillot, président de l'Institut de physique du globe, autre
climato-sceptique illustre, et tenté de faire pression sur leurs rédacteurs en chef pour les discréditer.