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30 janvier 2008 3 30 /01 /janvier /2008 11:18
images-copie-49.jpegUn grand nom de la recherche française, Vincent Courtillot, directeur de l'Institut physique du globe, soupçonné d'avoir présenté des données d'une façon maladroite, voire erronée, dans un article, publié par une revue scientifique, défendant la thèse selon laquelle les interactions entre l'activité solaire et le magnétisme terrestre constitueraient la principale cause du réchauffement climatique. Au point qu'il s'est fait rappeller à l'ordre par un climatologue réputé du Collège de France, Edouard Bard. C'est l'affaire Courtillot-Bard, racontée en détail dans un excellent article de Libération paru le 19 décembre 2007.
Quelques commentaires dans la foulée du petit déjeuner que l'AJSPI vient de consacrer à ce sujet très chaud.
1. Malgré les derniers rapports du GIEC, les «climato-sceptiques» continuent à donner de la voix. L'Académie des sciences relaie régulièrement leurs positions. Et l'un des plus illustres, Claude Allègre, ami de Vincent Courtillot, n'a pas hésité à tenter de jouer de son influence dans certaines rédactions à l'encontre des journalistes qui avaient révélé l'affaire.
2. Cet article comportait des erreurs flagrantes
(sur la courbe des températures, le forçage solaire et la courbe d'irradiance solaire totale), reconnues ensuite par Courtillot. Cela ne l'a pas empêché d'être publié dans une revue scientifique réputée, Earth and Planetary Science Letters. Une situation pas si exceptionnelle, puisque, selon une récente étude publiée dans Nature, près de 3 % des publications scientifiques présenteraient de « hautes ressemblances» avec d'autres articles précédemment parus ! Un effet pervers de la course effrénée à la publication (publish or perish).
3. Pour les journalistes et les citoyens, cette histoire confirme qu'une information étiquetée comme «scientifique» n'est pas forcément exacte. D'où la nécessité de recouper les informations, confronter les points de vue, favoriser les débats.
4. Les débats science/société sont aujourd'hui d'une complexité croissante, qui les rend souvent difficiles à saisir pour le commun des mortels, et, pour les journalistes, à "vendre" à leurs rédacteurs en chef. La démocratie exige pourtant que ces questions soient portées le plus clairement possible sur la place publique.
5. La presse quotidienne (Libération, le Monde, le Figaro) a joué un rôle salutaire de "lanceur d'alerte".



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