Coincidence : en sortant mon vélo d'un garage qui fait aussi office de bibliothèque d'appoint, je suis tombé par hasard sur un livre de
l'Américaine Joan Didion, « Play it as it lays ». Un auteur et un roman qui ont inspiré Patti Scialfa (épouse de Bruce Springsteen et membre du E Street Band) pour son
nouvel album portant le même titre. Dans la digne lignée de Emmylou Harris ou Lucinda Williams,
ce disque très country-rock est une réussite.
Les chansons sont finement composées et interprétées, avec un son résolument pop années 60/70 (un point commun avec l'album à paraître de son illustre mari), En
témoignent les "vrais morceaux", dûment crédités sur le livret du CD, de trois tubes de l'époque, « Sally go round the roses », « Soicety's child» et « He's so fine »,
présents dans les chansons. Ce disque bénéficie aussi de la voix de Patti, ici parfaitement posée, alors qu'elle a souvent tendance à trop la forcer quand elle chante sur scène avec
Bruce.
Un disque tout à fait recommandable qui, je l'espère, ne sera pas totalement éclipsé par la sortie prochaine de « Magic ».
Du coup, j'ai lu en VO le roman de Joan Didion, sur la chute d'une actrice hollywoodienne, excellement bien écrit (comme les chansons du disque, toutes composées par Patti). Le monde étant
décidément plein de coincidences, ce livre culte aux Etats-Unis , publié en 1970, vient d'être édité en France
sous le titre « Maria avec ou sans rien » (éditions Robert Laffont), en même temps qu'un ouvrage plus récent sur la mort de son mari, l'écrivain John Gregory Dunne, « L'année de la pensée magique »
(éditions Grasset).
« Le Monde», « Le Monde 2 » et « Les Inrockptibles » ont consacré cette semaine des articles élogieux à Joan Didion. Mais, faute sans doute de communication dans les rédactions entre le service
livres et le service musique, aucun ne relève la sortie simultanée de « Play it as it lays », le disque, et (pour la France) de « Play it as it lays », le
roman.
Encore un mot : « Play it as it lays » est une expression venue de l'univers du jeu et en vogue dans les années 60, qui signifie « joue avec les cartes
que tu as en main ».