Avec près de 350 000 locations en une semaine, le Vélib parisiens (que j'ai testé le week-end dernier) est un incontestable succès. Nul doute que les
nombreux bugs (non-enregistrement par le système de la restitution de certains vélos, stations momentanément hors-service, erreurs de localisation des stations sur le plan
figurant sur le site internet Vélib...) seront peu à peu résolus. En cas de problème, les autres usagers sont toujours prêts à vous
renseigner et on constate à cette occasion qu'Ivan Illich avait raison il y a 35 ans de présenter le vélo comme l'outil convivial par
excellence.
Reste que le difficile équilibre entre offre et demande (comment être sûr de trouver un vélo à son point de départ et surtout de pouvoir le déposer à son point de destination,
parfois complet... ou en panne) nécessite de recourir à une "main invisible", à savoir une batterie de camionnettes chargées de prélever des vélos excédentaires et de
les transporter aux stations qui en manquent). J'ai même aperçu sur la Seine un bateau Vélib qui emmène les vélos cassés vers un atelier de
réparation. On serait curieux de connaître l'éco-bilan de l'ensemble de l'opération...
La question est maintenant de voir si les vélib' seront avant tout utilisés pour les loisirs, comme cela semble être le cas cet été, ou s'ils seront adoptés par un pourcentage significatif
d'automobilistes, qui, pour les trajets domicile-travail, renonceront à leur voiture au profit de la "petite reine". De ce point de vue, il serait souhaitable qu'à terme le système s'étende à la
banlieue, car, dans Paris intra-muros, 70 % des déplacements domicile-travail recourent déjà aux transports publics et la marge de progression du vélo est plus faible que
pour les trajets banlieue-Paris, où l'auto reste prédominante du fait de l'insuffisance des trains, bus et RER. Comme le proposait déjà Génération Ecologie lors des régionales de 1992,
où ce parti avait dépassé la barre des 10 %, les politiques des transports et de l'aménagement urbain devraient aujourd'hui être menées dans le cadre d'un "Grand Paris". Et le fait que cette
idée soit reprise depuis peu par le Président Sarkozy (avec d'évidentes arrières-pensées électorales) ne suffit pas à la discréditer, comme s'est empressée de le faire une gauche qui semble surtout
soucieuse de son double "fromage" (ville de Paris et région Ile-de-France). Une chose est sûre : c'est seulement dans le cadre d'une politique globale des transports que Vélib sera autre
chose qu'un loisir, certes éminemment sympathique, pour "bobos" des centre-villes...
« A bicyclette » : chanson d'Yves Montand, sortie juste après Mai 68, pendant lequel la pénurie d'essence avait
poussé de nombreux Français à circuler en vélo. La musique est de Francis Lai, et les paroles de Pierre Barouh, fondateur de la mythique maison de disques Saravah, qui popularisa notamment Jacques Higelin, Brigitte Fontaine ou David Mc Neil. Son slogan : « Il y a des années où
on a envie de ne rien faire ! ». L'équipe Lai-Barouh avait fait fortune en 1966 avec la BO du film de Lelouch, « Un homme et une femme ».
C'est une très bonne idée, ces vélos en libre-service ! Evidemment, il y a des couacs, mais toute nouvelle initiative a droit à des couacs ... Personnellement, le vélo, c'est pas ma tasse de thé, mais, je trouve cette idée très bonne ! PARIS SANS VOITURE ........ revenons à nos racines ...... we were born to run !