Coincidence : c'est au moment même où les pouvoirs publics annonçaient des mesures de protection accrues contre l'amiante que l'on a appris le décès d'Henri Pézerat, pionnier du
combat contre ce matériau toxique.
Comme le dit Fabrice Nicolino dans un très beau texte sur son blog, Henri Pézerat était un "homme juste". Ancien directeur de
recherches au CNRS, il fut aux avant-postes des luttes pour faire reconnaître les risques de l'amiante, mais aussi de nombreuses actions sur les questions de santé environnementale. En particulier
la "bombe à retardement" des sites pollués, avec l'affaire de l'école de Vincennes. Chez lui, l'engagement n'allait jamais à l'encontre de la précision et de la rigueur scientifiques. Pour les
journalistes, c'était toujours une source d'une totale fiabilité.
Une histoire qui montre le délai persistant entre les premiers cris d'alarme des "lanceurs d'alerte" (milieu des années 70 avec l'affaire de l'amiante à Jussieu) et la mise en oeuvre de mesures
efficaces.
A sa famille, ses proches et ses amis de l'association Ban Asbestos, j'adresse toutes mes condoléances.