Chaque matin, ou presque, c'est la même chanson. Un quotidien annonce une liste de produits de consommation courante qui - cette fois-ci, c'est
sûr - vont être soumis au système du bonus-malus, ou son extension à d'autres secteurs comme l'électricité. La "nouvelle" est reprise en boucle sur les radios et les télés d'info continue. Puis
le ministère de l'Ecologie dément l'information.
Avec à chaque fois, ce rappel : aucune liste ne sera donnée à l'avance afin d' éviter les effets de report des achats jusqu'à la mise en
application du bonus-malus, comme cela a été le cas pour les voitures, causant le trop fort succès du système... Et son coût imprévu pour les finances publiques, alors qu'en principe, l'argent
dépensé pour les bonus est équilibré par celui récolté grâce aux malus.
Si basiques soient-elles, de telles considérations semblent échapper à l'entendement de journalistes, pour la plupart non spécialisés en
environnement, et plus préoccupés par la course au scoop (pour positiver, cela confirme que l'environnement est désormais un sujet "vendeur" !) que par la véracité des informations.
Il serait instructif de savoir d'où viennent ces fuites. Coup de Bercy et/ou de députés UMP pour torpiller la fiscalité verte prônée par JLB (Borloo) et NKM ?
En tout cas, cette cascade de fausses annonces suscite la confusion dans l'esprit des consommateurs, prêts à faire des gestes pour
l'environnement, mais qui risquent de se décourager, et dont le specticisme vis-à-vis de la presse se trouve ainsi renforcé.
Mais, surtout, cette intox fait le lit de la campagne de certains députés UMP, qui dénoncent avec mauvaise foi un prétendu accroissement des taxes et impôts au nom de l'environnement, et en
profitent, dans la foulée, pour rejeter le Grenelle de l'environnement dans son ensemble. Alors qu'au contraire, le bonus-malus est un système qui, bien mené, ne coûte rien aux finances
publiques, et qu'un des grands axes du Grenelle est le développement (durable bien sûr) des activités et produits respectueux de l'environnement.
Epilogue provisoire : dansle Mondedaté du 19 septembre, Jean-Louis Borloo annonce un report de la mise en application du dispositif. Le temps de réaliser des études d'impact sur chaque
catégorie de produit. Enterrement en douceur, ou délai salutaire pour imposer un« concept révolutionnaire », qui, selon le ministre de l'Ecologie, bénéficie du soutien du Président de la
République ?