Après Richard Widmark, figure emblématique du film noir, c'est Charlton Heston, acteur-phare du cinéma à grand spectacle des années 50-60,
qui vient de quitter la scène.
D'abord une constatation, oubliée par certains commentateurs : quand il était bien dirigé, commedans « la Soif du mal » d'Orson
Welles,Heston était un immense comédien.
Ainsi que l'a bien vu Thierry Saurat sur sonblog,Charlton Heston interprétait souvent des personnages un peu «has been», déphasés par rapport à leur époque. Il n'est donc pas étonnant qu'après s'être
engagé dans sa jeunesse contre le McCarthysme, cet acteur ait fini en défenseur résolu de la vente libre des armes.
Des positions à coup sûr inacceptables, mais qui n'excusent pas Michael Moore, dans « Bowling for Columbine » (2003), d'avoir abusé de la confiance d'un homme alors déjà atteint de la maladie
d'Alzheimer pour faire dire à Heston quelques stupidités sur l'auto-défense.
On préferera se souvenir d'une autre de ses apparitions récentes à l'écran, dans l'inutile remake de « la Planète des singes » par Tim Burton (2001). Il avait alors su nous donner, l'espace d'un
instant, la nostalgie du film original de 1968, qui restera comme l'un de ses plus beaux rôles.