A l'instar de Zazie qui, dans le roman de Queneau, voulait devenir instit pour « faire chier les mômes », beaucoup d'écologistes semblent prendre un malin plaisir à rendre le plus pénible possible
la vie de leurs concitoyens.
Dernière en date de ces propositions pavées de bonnes intentions : l'annonce, dans le JDD du 6 janvier, par Denis Baupin, tête de liste des
Verts aux municipales à Paris, de son intention d'instaurer un péage sur le périphérique et d'autres autoroutes franciliennes. A priori, le péage urbain, mis en pratique notamment à Londres, est
une solution à ne pas écarter pour réduire la congestion urbaine et nos émissions du C02.
Mais voilà, en l'absence d'une politique efficace de développement des transports collectifs Paris-banlieue et surtout banlieue-banlieue, un tel péage se soldera inévitablement non pas par une
réduction du trafic routier, mais par son déplacement sur d'autres axes. A commencer par les boulevards des Maréchaux, sur lesquels se rabattront les «privés» de périf'. Invitée de RMC/BFM TV le 7 janvier, Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, citait le cas d'une
autoroute payante en Essonne, qui, faute de transports en commun, a pour seul effet de paralyser les départementales du secteur !
Enfin, il est pour le moins surprenant que le parti Vert, parangon d'une écologie «sociale», n'ait pas accompagné son annonce d'une série de mesures (exemption au dessous d'un certain niveau de
revenus ?) permettant d'empêcher que ce péage ne nuise aux plus pauvres !
Avec cette proposition, les Verts révèlent le vrai visage d'une écologie soi-disant de gauche, mais qui vise surtout à préserver les privilèges des bobos parisiens qui, à 70 %, ont déjà
renoncé à la voiture car ils sont bien pourvus en transports publics. Et au détriment des banlieusards, condamnés, péage ou pas, à continuer à rouler en auto !
En contrepoint, la proposition de Bertrand Delanoé, le 9 janvier sur RTL, d'un péage s'appliquant aux
camions sur les autoroutes franciliennes - à l'exclusion du périphérique - me semble, quant à elle, tout à fait raisonnable. A condition que l'argent ainsi récolté serve au développement du
fer-routage et autres formules de transport des marchandises par le rail.
NB : désormais et jusqu'à nouvel ordre, ce blog adopte des titres plus classiques, en lieu et place des titres de chansons, qui déroutaient plus d'un lecteur !