Commentaires et débats sur l'actualité de l'environnement et du développement durable
Le dernier numéro de Charlie Hebdo (paru le 11 juillet), qui y consacre un pertinent (comme toujours) édito de Philippe Val et un passionnant entretien avec le réalisateur
Barbet Schroeder, me donne l'occasion de parler du film « L'avocat de la terreur », consacré à l'avocat Jacques Vergès. Ce documentaire, aussi palpitant qu'un thriller, retrace l'itinéraire de cet
"homme qu'on adore détester" (selon la formule consacrée), depuis le soutien à la révolution algérienne jusqu'à la défense de Klaus Barbie ou de Carlos, en passant par sa "disparition" dans les
années 70. Le premier intérêt du film (qui, comme le souligne Val, aurait mérité un vaste débat public, qui n'a hélas pas eu lieu) est de montrer la continuité intellectuelle entre ces engagements
qui, aux yeux de beaucoup, semblent contradictoires. Une continuité dans les méthodes (selon Schroeder, l'attentat contre le Milk Bar d'Alger en 1956, première grande cause plaidée par Vergès, est
le premier attentat aveugle de l'histoire) et dans l'idéologie, puisque, comme le montre le film, l'antisémitisme et la volonté de détruire non seulement l'Etat d'Israël, mais les Juifs en général,
est au coeur du projet de nombreux "nationalistes arabes" dès les années 60. Le film s'attarde ainsi sur le personnage du nazi suisse François Genoud, avocat légataire d'Hitler et Goebbels et ami
de Vergès et Carlos. Ce grand ami des Palestiniens, mort en 1995, avait comme mentor intellectuel le Grand Mufti de Jérusalem, qui, pendant la Seconde Guerre Mondiale, animait des émissions
antisémites à la radio de Berlin. A ce sujet, Schroeder aurait pu signaler que Leila Shahid, longtemps porte-parole de l'Autorité palestinienne en France, est la petite fille de ce sulfureux
personnage....