Un choeur d'enfants et un orchestre classique : il n'en fallait pas moins à Lou Reed pour interpréter en public, le samedi 23 juin au Palais des Congrès de Paris, l'intégralité de son
album-culte, «Berlin», sorti en 1973. A l'époque, ce disque avait été boudé tant par les critiques que par le public. C'est donc seulement 35 ans plus tard que son créateur
le joue enfin «live». Une réussite grâce à la qualité des chansons (rien à jeter dans cet album-concept) et des musiciens, et aussi bien sûr du fait de l'énergie intacte de Lou Reed, en
pleine forme malgré ses 65 ans. Cependant, le concert a souvent des airs de figure imposée. Quant à la projection derrière la scène d'extraits d'un film avec Emmanuelle Seigner interprétant
Caroline, l'héroïne (dans tous les sens du terme) de la sombre histoire racontée par le disque, elle n'a apporte à mon sens strictement rien au spectacle. Il faudra en fait
attendre le rappel pour que le concert s'envole avec des versions magnifiques de « Sweet Jane », hymne du Velvet Underground (groupe mythique parrainé par Andy Warhol, dont Lou Reed fut l'une des
figures de proue), « Satellite of love », « Walk on the wild side », son unique grand tube, sur lequel le choeur a fait bien sûr merveille, et enfin «
Rock minuet ». Fait paraît-il rare, le créateur de « Berlin », réputé pour son caractère difficile, a même remercié le public. Saluons aussi son
initiative de vendre pour la modique somme de 3 euros un élégant livret comprenant les textes de l'album et sa traduction en plusieurs langues, dont le français. En résumé, sans doute pas un
« perfect day » (autre titre mythique de Lou Reed), mais un concert de grande classe.
« Sad songs (say so much) » : chanson (pas époustouflante) d'Elton John (1984). Un clin d'oeil à «Sad song», l'un des sommets de l'album «Berlin ».
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