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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 09:22

Gabriel Cohn-Bendit a publié récemment un mini-pamphlet, A bas le Parti Vert ! (éditions Mordicus). Hélas, il s'est contenté de survoler le sujet. Un peu court, jeune homme...

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51EFnhQDRnL._SL500_AA300_.jpg

 

 

Dans ce petit opuscule, Gaby Cohn-Bendit (le grand frère de « Dany ») se livre à une attaque en règle contre le Parti Vert. Aux yeux de ce libertaire, un parti, fût-il écologiste, est un type d’organisation dépassé, qui fait passer ses propres intérêts avant ceux des causes qu’il est censé défendre.

 

Hélas, cette analyse de fond, insuffisamment développée, est mélangée avec des considérations conjoncturelles (et pour certaines, déjà dépassées par les rebondissements constants de l’actualité politique) sur la tactique des Verts dans les mois récents.

 

Son appel à une participation du Parti Vert à la « primaire citoyenne » organisée par le PS apparaît ainsi comme singulièrement décalé… Vite lu (et de toute évidence vite écrit), ce mini-pamphlet a toutefois le mérite de mettre les pieds dans le plat d’un fonctionnement partidaire qui semble en effet parfois assez absurde.

 

Collection Coups de Colère, Editions Mordicus, 4,90 euros

 

Cet article a été mis en ligne sur le site des JNE.

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Laurent Samuel - dans Ecologie
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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 09:05

Après Moubarak et Kadhafi, le carbone est-il le prochain dictateur que les peuples doivent abattre ? Telle est la question provocatrice que pose Frédéric Denhez dans son nouveau livre La Dictature du carbone (éditions Fayard).

 

http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgArticle/FAYARD/2011/9782213662053-V.jpg

 

 

Le carbone, un dictateur, vraiment ? Le terme peut sembler excessif. Pourtant, ce livre a le grand mérite de nous montrer les dangers que recèle l'actuelle mise en avant de l'indicateur carbone. Celui-ci vise à mesurer les émissions de CO2 (dioxyde de carbone) occasionnées par les produits que nous consommons et, plus largement, toutes nos activités quotidiennes. Seulement voilà, cet indicateur unique nous conduit à négliger les impacts de nos comportements sur d'autres éléments essentiels, comme la biodiversité, et à surtout à privilégier le court terme.

 

Ainsi, via la prime à la casse et le bonus-malus, on favorise les voitures diesel, moins émettrices de CO2 (mais plus polluantes pour nos bronches!) plutôt que de mettre en cause l'étalement urbain qui force des millions de personnes à prendre quotidiennement leur auto, faute de transports publics. Plus fondamentalement, les baisses d'émissions de CO2 dues aux progrès techniques, notamment dans l'électroménager, sont annihilées par l'effet rebond (on consomme plus) et l'obsolescence planifiée (nos frigos consomment moins, mais se déglinguent vite, et on doit en changer plus souvent). Sans compter le « carbone gris » relâché subrepticement lors de la fabrication et du transport des produits importés de Chine ou d'ailleurs.

 

Chemin faisant, Frédéric Denhez, ingénieur écologue de formation, dénonce aussi le manque de sérieux des calculs de l'« empreinte écologique » du WWF, les pièges des « étiquettes vertes », la « compensation carbone », qui ne fait que transférer le problème au lieu de le résoudre.

 

Plutôt que d'abandonner le carbone au marché par le truchement des ventes et achats de droits d'émission, dont un chapitre hilarant pointe les dérives et fraudes, Frédéric Denhez propose de réhabiliter le rôle de l'Etat et de l'impôt. Il lance ainsi des pistes pour une taxe carbone revisitée, juste et équitable. Mais surtout, c'est la démocratie qui doit reprendre ses droits, contre des « experts » qui brandissent le carbone pour imposer leurs solutions techniques et nous empêcher de remettre en question notre modèle de société.
...

Editions Fayard, 302 pages, 19 € -  www.fayard.fr

 

Cet article est paru sur le site des JNE.

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Laurent Samuel - dans Ecologie
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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 11:53

Hélène Crié-Wiesner vient de publier un livre tonique sur l'écologie aux Etats-Unis. En voici la critique déjà en ligne sur le site des JNE.

 

http://jne-asso.org/blogjne/wp-content/uploads/2011/10/AmericanEcolo.jpg

 

Hélène Crié-Wiesner est installée aux Etats-Unis depuis 2000. La rédaction de l’hebdomadaire Politis demande alors à cette ancienne de  La Gueule Ouverte et de Libération de tenir une chronique régulière sur l’écologie outre-Atlantique. A partir de 2007, ses réflexions et reportages sont mis en ligne sur le site Rue89, sous le titre « American Ecolo ». Un titre qu’elle a repris pour son livre.


La relecture (ou la découverte, pour ceux qui ne suivent ni Politis ni  Rue89) de ces chroniques nous éclaire sur l’évolution d’un pays qui, inconscient des enjeux environnementaux au début de la décennie 2000, s’en est subitement soucié sous le choc de l’ouragan Katrina (2005) et du film d’Al Gore sur le changement climatique, « Une vérité qui dérange » (2006), avant de s’en éloigner à partir de 2009/2010 sous l’effet de la crise économique.


En chemin, Hélène Crié-Wiesner raconte par exemple l’indifférence de l’Amérique face à la viande possiblement contaminée par la maladie de la vache folle (janvier 2004), l’essor des maisons écologiques (décembre 2008) et des poulaillers urbains (janvier 2009) ou le retour du nucléaire (mars 2011).


Dans sa conclusion, la journaliste pointe l’erreur des associations écologistes qui ont trop misé sur le « cap and trade » (marché de permis d’émissions) pour lutter contre le changement climatique qui n’inquiète plus que 51 % des Américains en 2011, contre 66 % en 2008 (sondages Gallup). Mais, pour Hélène Crié-Wiesner, le fond du problème, c’est que les Américains « adorent leur manière de vivre vorace en énergie et en ressources naturelles » et rechignent à la mettre en cause. En cela (et même si le mode de vie européen est moins gaspilleur), sont-ils si différents de nous ?
….

Delachaux et Niestlé , 192 pages, 16 € -  www.delachauxetniestle.com

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 11:46

L'article ci-dessous a été publié sur le site Le + du Nouvel Observateur.

 

En lisant depuis le début de la semaine les déclarations de nombreux leaders verts en faveur de Martine Aubry, dont José Bové et Dominique Voynet, on se pince : la maire de Lille serait-elle devenue une sorte de candidate de substitution pour une partie des responsables du Parti Europe Ecologie - Les Verts, inquiets à l'évidence du "patinage" de la campagne d'Eva Joly ?

 

 


"Nous sommes neutres et nous n'appelons pas à voter dimanche", a certes déclaré le 15 octobre Jean-Vincent Placé au site du Nouvel Observateur. Mais, dans un exercice de double discours dont il est coutumier, le numéro 2 du parti Vert affirme dans la foulée : "Le peuple de l'écologie ira voter Martine Aubry". Quant à sa présence aux côtés de Martine Aubry pour suivre le match de rugby France-Galles, Jean-Vincent Placé prétend qu'il s'agit d'un pur hasard...

 

Cette Aubryphilie galopante d'une partie des dirigeants verts a de quoi laisser pantois. Certes, Martine Aubry, à la différence de François Hollande, s'est engagée pour la sortie du nucléaire. Mais elle refuse de se prononcer sur la non-mise en service du réacteur EPR de Flamanville, ce qui devrait inciter ses soutiens verts (d'habitude plus méfiants...) à davantage de prudence.

 

 

Alors, peut-être faut-il chercher ailleurs que sur le seul terrain de l'écologie une partie des causes de cet étonnant tropisme vert pour Martine Aubry. La maire de Lille partage avec certains Verts l'idée que certains "accomodements raisonnables" (voir ici la chronique de Caroline Fourest sur le site du Monde) avec les règles républicaines de la laïcité seraient nécessaires.

 

Contrairement à ce qu'elle affirme aujourd'hui, Martine Aubry a mis en place à Lille en 2003 des heures de piscine réservées aux femmes musulmanes, avec le soutien des Verts locaux. Elle s'est aussi retrouvée sur la même ligne que de nombreux Verts dans le refus de la loi interdisant le port du voile intégral dans les lieux publics. Cette propension au communautarisme contribue sans doute à expliquer les atomes crochus (si l'on ose dire eu égard à leurs positions sur la sortie du nucléaire...) entre Aubryistes et certains Verts.

 

Contestable sur le fond, ce soutien à Martine Aubry présente aussi de redoutables inconvénients pratiques dont on s'étonne que les leaders du Parti Vert, réputés être de fins politiques, n'aient pas pris la mesure. Si François Hollande l'emporte le 16 octobre (hypothèse dont vous m'accorderez qu'elle n'est pas totalement saugrenue), les Verts risquent de se trouver en fâcheuse posture dans la suite de leurs négociations avec leurs "amis" socialistes.

 

A l'inverse, si Martine Aubry, grâce (au moins en partie) au vote des Verts, l'emporte au finish, la candidature d'Eva Joly aura encore plus de plomb dans l'aile qu'elle n'en avait déjà. Pas facile en vérité de vouloir être à la fois au bar (socialiste) et dans la salle (verte).

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 17:19

Voici un article que j'ai publié sur le site le + du Nouvel Observateur (cliquez ici).

 

Pour beaucoup de jeunes (et moins jeunes...) lecteurs, ce livre sera une révélation. Fournier, précurseur de l'écologie, qui vient de paraître aux éditions Les Cahiers Dessinés, nous plonge en effet dans une période généralement occultée de l'histoire de l'écologie politique dans notre pays : le début des années 1970.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Beaucoup de «spécialistes» situent en effet la naissance de l'écologie politique en 1974, avec la candidature de l'agronome René Dumont à l'élection présidentielle, voire, pour les plus ignares d'entre eux, à la création du Parti des Verts en 1984.

 

Pourtant, c'est entre 1969 et 1974 qu'ont été jetés les prémices de ce mouvement, grâce principalement à un personnage hors du commun, que ce livre contribue à faire connaître et à réhabiliter : Pierre Fournier. Les auteurs, Danielle Fournier, sa veuve, et Patrick Gominet, historien et enseignant, ont rassemblé une belle sélection de ses textes et de ses dessins, enrichis de photos d'époque et de textes rétrospectifs sur son histoire personnelle et sur celle du mouvement écologique alors naissant.

 

Dès le début des années 1960, Fournier, alors employé de la Caisse des dépôts et consignations, se passionne pour l'écologie (seuls quelques scientifiques emploient alors ce terme), l'alimentation naturelle et les dangers de la radioactivité. Dessinateur hors pair, il frappe en 1966 à la porte du mensuel Hara Kiri, qui publie bientôt ses dessins, puis ses textes, signés Jean Nayrien Nafoutre de Séquonlat.

 

Pierre Fournier fait donc tout naturellement partie de l'équipe de L'Hebdo Hara Kiri, créé en février 1969, dans la foulée de Mai 68. Dans le numéro 13, daté du 28 avril 1969, Fournier y parle pour la première fois dans des termes très forts de la crise écologique : «  Pendant qu’on nous amuse avec des guerres et des révolutions qui s’engendrent les unes les autres en répétant toujours la même chose, l’homme est en train, à force d’exploitation technologique incontrôlée, de rendre la terre inhabitable, non seulement pour lui mais pour toutes les formes de vie supérieures qui s’étaient jusqu’alors accommodées de sa présence. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un texte fondateur, que Fournier reprendra dans le « premier et dernier éditorial » de La Gueule Ouverte, « son » mensuel qui voit le jour en novembre 1972, quelques mois avant son décès dû à une malformation cardiaque, le 15 février 1973, à l'âge de 35 ans.

 

Comme le montre le livre de Danielle Fournier et Patrick Gominet, Fournier ne s'est pas contenté de sensibiliser la génération 68 à des thèmes (l'écologie, le nucléaire, l'agriculture biologique...) alors négligés par la presse et les partis politiques. Il a aussi contribué à jeter les bases du mouvement écologique en France, en étant l'un des organisateurs du premier grand rassemblement antinucléaire dans notre pays, en juillet 1971 au Bugey, face à l'une des premières « usines atomiques » françaises. Grâce à la caisse de résonance de Charlie Hebdo, qui tirait alors à 150 000 exemplaires, près de 15 000 personnes avaient participé à cette manifestation festive.

 

Dès 1972, Pierre Fournier s'interroge sur l'opportunité de présenter des candidats écologistes aux élections. L'un de ses amis, Jean Pignero, fondateur dès 1962 de l'Association contre le danger radiologique qui deviendra l'APRI (Association pour la protection contre les rayonnements ionisants), avait déjà tenté en vain de réunir les signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle de... 1965. Le programme de cette autre figure oubliée de l'écologie était basé sur la protection de l'environnement et de l'alimentation...

 

Au début des années 70, Pierre Fournier est en contact avec les écologistes alsaciens qui, après avoir organisé la toute première manif antinucléaire en avril 1971 à Fessenheim sous l'impulsion d'Esther Peter-Davis et Jean-Jacques Rettig, présenteront le premier candidat écologiste de l'histoire électorale française, Henri Jenn (avec Solange Fernex comme suppléante), aux législatives de mars 1973.

 

Parallèlement, ce journaliste, devenu militant contre son gré, est membre de l'AJPNE (Association des journalistes pour la protection de la nature et de l'environnement). Avant les législatives de 1973, cette association (aujourd'hui JNE) organise un débat sur l'environnement et la protection de la nature avec les représentants des principaux partis politiques. Jean Carlier, le journaliste de RTL qui a animé cette table-ronde, et ses confrères de l'association, dont Claude-Marie Vadrot, qui travaille à la fois à l'Aurore (très à droite) et à Politique Hebdo (extrême-gauche), sont atterrés par l'indigence des politiques sur ces sujets cruciaux. D'où l'idée d'une candidature écologiste à la prochaine présidentielle, que ces journalistes savent imminente en raison de l'état de santé (alors caché au public) de Georges Pompidou.

 

De leur côté, les Amis de la Terre, créés en 1970 et animés depuis 1972 par un certain Brice Lalonde, envisagent aussi une telle candidature. Les deux initiatives convergeront en avril 1974, peu après le décès du Président Pompidou, lors d'une réunion tenue rue du Commerce, dans les locaux des Amis de la Terre. Y participent l'AJPNE, le Comité antinucléaire de Paris et le mouvement Combat pour l'Homme de Georges Krassovsky. Après le refus de Théodore Monod et de Philippe Saint-Marc, suggérés par Jean Carlier, Brice Lalonde propose alors le nom de René Dumont, qui avait publié en 1973 un livre retentissant, L'Utopie ou la Mort.

 

La suite appartient à l'histoire... On ne saura jamais ce que Fournier penserait, s'il revenait parmi nous, de l'évolution des grandes ONG, de l'action des élus locaux écologistes, des candidatures d'Eva Joly et Corinne Lepage ou des primaires citoyennes. Mais une chose est certaine : pour cet esprit iconoclaste qui pestait contre le noyautage des premiers comités antinucléaires par les gauchistes et faisait référence (critique) à des auteurs classés à l'extrême-droite comme Alexis Carrel ou Günther Schwab, l'écologie, bien que « fille » des mouvements contestataires des années 1960, n'avait pas vocation « naturelle » à se ranger a priori dans le camp de la gauche...

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 17:11

Voici la recension d'un livre de référence de Jacques Exbalin, Le réchauffement climatique à la portée de tous (édition 2011), paru aux Editions l'Harmattan, qui est aussi en ligne sur le site des JNE (cliquez ici).

Le-Rechauffement-climatique-a-la-portee-de-tous.jpg

Ce livre très pédagogique a été écrit par un professeur des écoles de la région parisienne qui, depuis sa nomination en septembre 1970, se passionne pour l’écologie et l’éducation au développement durable. Avec clarté et précision (les textes ont été relus par des spécialistes), Jacques Exbalin nous retrace les causes et les conséquences du réchauffement climatique.

 

Plusieurs chapitres sont consacrés à son impact en France, sur la faune, la flore, sans oublier la viticulture et le littoral. Ce livre entièrement réactualisé en 2011 avec de nombreuses références à des études scientifiques récentes est enrichi par de nombreux schémas et tableaux, toujours simples à comprendre. Il est préfacé par Yann Arthus-Bertrand.


 Editions l’Harmattan, 384 p., 25 € – www.harmattan.fr. Contact presse : 01 40 46 79 22 – 01 40 46 7923

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 09:12

Voici un article que j'ai publié sur le site Le + du Nouvel Observateur.


A part deux échanges vifs sur le nucléaire dans le 1er débat, et sur la fiscalité « verte » dans le 2e, l'écologie est restée aux « abonnés absents » des primaires citoyennes. Sauf erreur de ma part, les mots « réchauffement climatique », « biodiversité » ou « protection de la nature » n'ont jamais été prononcés.

 

Si les candidats à la candidature reconnaissent tous désormais la gravité de la crise économique et de la dette publique, ils semblent ignorer le caractère tout aussi aigu de la crise écologique. A leurs yeux, l'écologie paraît se résumer à la « sortie du nucléaire » (histoire surtout pour ses partisanes, Martine Aubry et Ségolène Royal, de se faire bien voir de l'électorat écologiste et des dirigeants d'Europe Ecologie les Verts) et à la « croissance verte ».

 

Sur son blog Biosphère et sur le site des JNE (Association des journalistes et écrivains pour la nature et l'écologie), Michel Sourrouille a comparé les propositions des cinq candidats socialistes à la primaire. Son bilan n'est guère encourageant, pas plus que le comparatif réalisé par le site Débats 2012 de la Fondation Terra Nova (proche du PS), incluant Jean-Michel Baylet.

 

Alors, que peuvent faire ceux qui se soucient d'écologie sans pour autant s'être ralliés à Eva Joly, Corinne Lepage ou François Bayrou (soutenu par deux anciens secrétaires généraux des Verts, Jean-Luc Bennahmias et Yann Wehrling) ? Et qui apprécient qu'un parti politique leur demande leur avis pour le choix de son candidat à la Présidence de la République ? Et qui ont suivi avec intérêt ces trois débats de bonne tenue ?

 

Certains écologistes penchent pour Martine Aubry, car, disent-ils, c'est la candidate qui s'est engagée le plus nettement en faveur de la sortie du nucléaire. Pourtant, le fait qu'elle refuse de se prononcer pour l'abandon de l'EPR en construction en Flamanville suffit à montrer que sa position relève de l'opportunisme, voire du double discours.

 

D'autres sont séduits par Ségolène Royal, sa « croissance verte », sa volonté de faire de la France la « première puissance écologique » d'Europe et son inlassable promotion de la voiture électrique Heuliez. Mais son refus obstiné de la taxe carbone et sa mise en avant abusive de Charente Poitou comme « première région écologique d'Europe » me semblent rédhibitoires.

 

Plus nombreux sont ceux qui penchent en faveur d'Arnaud Montebourg. Pour eux, le discours de ce dernier en faveur de la « démondialisation » rejoint la priorité donnée par les écologistes à une relocalisation de l'économie. Cependant, Arnaud Montebourg est pronucléaire et, avec lui (comme avec Ségolène Royal), on en reviendrait à une économie administrée par l'Etat, ce qui ne semble pas une bonne voie pour sortir de la double crise, économique et écologique.

 

Contre ce retour des « vieilles lunes » socialistes, Manuel Valls apporte (à mon humble avis) une bouffée d'air frais avec sa défense de l'entreprise, de la laïcité et de la sécurité des citoyens. Hélas, l'écologie est à mille lieues de ses préoccupations.

 

Quant à Jean-Michel Baylet, il a le mérite de porter, comme le Partito Radicale italien de Marco Pannella dans les années 70-80, des revendications « sociétales » négligées par les autres candidats, comme le droit de mourir dans la dignité ou de fumer du cannabis. Mais, malgré sa récente alliance radicale-cassoulet avec Génération Ecologie repris par Yves Piétrasanta, Jean-Michel Baylet a laissé apparaître sa méconnaissance du dossier de l'énergie en affirmant lors du 1er débat que les écologistes étaient pour une sortie immédiate du nucléaire !

 

Alors, reste François Hollande. Certes, son refus de s'engager pour la sortie du nucléaire l'a fait mal voir de beaucoup d'écologistes. Toutefois, sa position a au moins le mérite de la franchise. Et le « tiens » de Hollande (une réduction de la part du nucléaire à 50 % de la production électrique en 2025) vaut peut-être mieux que le « tu l'auras » d'Aubry (sortie en nucléaire en 2050, date où elle fêtera ses 100 ans...).

 

Au-delà de ces considérations, François Hollande a pour moi plusieurs qualités essentielles pour briguer la Présidence de la République : le calme, le souci du consensus, le sens de l'humour (dont ses concurrents sont tragiquement dénués !) et surtout la gentillesse. Une « vertu » éminemment écologique que certains brocardent en la confondant avec la mollesse. Pourtant, le « gentil » Barack Obama n'a pas si mal réussi, au moins pendant sa campagne présidentielle de 2008...

 

C'est pourquoi François Hollande me semble le « meilleur choix ». Mais, s'il est désigné au terme de la primaire, il faudra la pression d'une candidature authentiquement écologiste pour le contraindre à évoluer sur un sujet, l'écologie, qui reste largement étranger à son univers mental.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 11:25

Voici un article sur la candidature de Corinne Lepage, déjà posté sur le site Le + du Nouvel Observateur.

 

http://photo.lejdd.fr/media/images/politique/corinne-lepage6/6167573-1-fre-FR/Corinne-Lepage_pics_390.jpg

 

"Je te dis pas que ce n'est pas injuste, je te dis que ça soulage". Face à la candidature de Corinne Lepage, qu'elle vient d'annoncer mardi soir sur TF1, on est tenté de citer cette réplique-culte des Tontons Flingueurs.

 

Injuste à coup sûr pour Eva Joly, désignée cet été candidate d'EELV (Europe Ecologie Les Verts) au terme d'une primaire dont nul n'a contesté la régularité. Seulement voilà, comme de nombreux citoyens d'écologie et de protection de la nature, j'enrage depuis lors de constater qu'Eva Joly semble réduire l'écologie à la sortie du nucléaire et aux économies d'énergie. On l'entend peu sur le changement climatique, la réduction de la biodiversité mondiale, la déforestation (voir ici son site officiel).



Eva Joly axe sa campagne sur la lutte contre la corruption, les paradis fiscaux et sur la nécessaire refonte du système financier international. Des sujets sur lesquels elle se montre à la fois compétente et pugnace, et qui sont liés à la crise écologique. Mais de celle-ci, Eva Joly parle peu. De toute évidence, l'environnement et la nature ne sont pas son "truc".

 

Voilà qui, a priori, ouvre un "boulevard" à Corinne Lepage, dont les journalistes spécialisés en environnement et les citoyens concernés apprécient depuis longtemps l'indépendance, la combativité et le sérieux.

 

Alors, et j'espère ne pas être le seul, je suis soulagé. Enfin, une candidate va parler de démocratie et surtout d'écologie, sans la réduire à quelques clichés (telle la "croissance verte") comme les prétendants à la primaire socialiste. Du moins, on l'espère, car le thème de l'environnement a été peu présent dans son interview de mardi soir...

 

Pour autant, cela n'empêche pas de se poser des questions. Y-a-t-il vraiment une place pour une candidature écologiste à côté de celle d'EELV qui, même si son contenu manque de "vert", a pour elle la légitimité d'une organisation depuis longtemps installée dans le paysage politique ?

 

Quoi qu'il en soit, l'initiative de Corinne Lepage mérite d'être saluée et suivie de près !

 

Son site de campagne, Corinne Lepage 2012, est à découvrir ici.

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 08:46

Glissée vers la fin de l'interview de Dominique Strauss-Kahn par Claire Chazal le 18 septembre 2011 sur TF1, la "bombe" a été ignorée par la plupart des commentateurs.

 

http://www.medias-inrocks.com/uploads/tx_inrocksttnews/DSK_Chazal_TF1.jpg

 

« Après le défi écologique, la crise financière est le plus grand défi auquel nous sommes confrontés », a déclaré DSK. Une petite révolution, car, jusqu'à maintenant, l'ex-chef du FMI n'avait guère évoqué la crise écologique dans ses interventions publiques.

 

Faut-il railler ce ralliement tardif à l'écologie d'un partisan du néo-libéralisme, comme le fait Hervé Kempf dans le Monde daté du 21 septembre ?

 

Pour ma part, j'aurais plutôt tendance à m'en féliciter, tout en regrettant que cette conversion intervienne à un moment où la parole de DSK est pour le moins décrédibilisée ?

 

DSK ira-t-il plus loin en reconnaissant que son indifférence passée au sort de la planète constituait une "faute morale" ? Pour le paraphraser, "nous verrons"...

 

Reste un mystère : pourquoi DSK est-il subitement devenu sensible à l'urgence écologique ?

 

Alors, risquons une hypothèse, qui, si elle se vérifiait, irait dans le sens du "complot" évoqué (sans plus de précisions) par DSK dans son interview de dimanche : et si, à la manière de Bahia Benmahmoud, l'héroïne du film Le Nom des Gens, qui couche avec des hommes de droite pour les faire tomber à gauche, Nafissatou Diallo avait été secrètement envoyée par un mouvement écologiste pour convertir DSK à ses idées ?

 

 

Un tel scénario sera à coup sûr taxé d'« imaginaire » par DSK. Mais allez savoir...

 

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 15:10

Voici une nouvelle version, plus détaillée, de mon article sur les origines de Greenpeace, mise en ligne sur le site Le + du Nouvel Observateur.


http://www.greenpeace.fr/newsletter/40ans/titre.png

 

Le 15 septembre dernier, Greenpeace a fêté son 40e anniversaire. L'occasion de raconter l'origine de ce nom et de rétablir une vérité : cette ONG est en réalité née en 1970, et non pas en 1971.

 

Voici l'histoire... Au printemps 1970, une poignée de militants écologistes et pacifistes de Vancouver, en Colombie britannique (Canada) prépare une campagne contre des essais nucléaires américains, prévus au large des îles Amchitka, dans l'Océan Pacifique. A la fin d'une réunion, l'un des organisateurs, Irving Stowe, salue un autre militant, Bill Darnell, en lui lançant "Peace !", formule rituelle de l'époque. Bill Darnell lui répond du tac au tac : “Let’s make it a green peace.” ("Faisons-en une paix verte"). Cet échange donne l'idée à Irving Stowe de créer un mouvement nommé Greenpeace, dont il sera l'un des fondateurs.

 

L'histoire est racontée par la fille d'Irving Stowe, Barbara Stowe, dans le livret d'un double CD sorti en 2010, Amchtika, the 1970 Concert that Launched Greenpeace, qui a été publié par Greenpeace Canada. Ce concert, qui se déroula le 16 octobre 1970 à Vancouver et rassemblait Joni Mitchell, James Taylor et Phil Ochs (belle affiche !), était destiné à rassembler des fonds afin d'envoyer un bateau pour protester contre les essais nucléaires américains.

 

 

Irving Stowe ne se doutait pas, bien sûr, du destin planétaire que cette appellation allait connaître dans les 40 années qui ont suivi !

 

Vous pouvez lire l'intégralité du témoignage passionnant de Barbara Stowe, âgée de 14 ans en 1970, sur le site amchitka-concert.

 

Et voici une vidéo illustrée avec des photos d'époque, dans laquelle le chanteur James Taylor revient, 40 ans, après sur ce concert fondateur.

 


 

 

 


Pour justifier ce décalage entre l'actuelle célébration des 40 ans de Greenpeace, les responsables actuels de l'organisation disent avoir voulu fêter le départ de Vancouver du bateau anti-essais nucléaires, qui eut lieu en septembre 1971. Admettons... Mais Greenpeace, vaillante quadragénaire, n'a-t-elle pas aussi voulu se rajeunir d'un an ?


Vos avis sont attendus !

 

A ne pas manquer : le documentaire L'aventure Greenpeace sur France 5 le 25 septembre 2011 à 22 h 05.

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