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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 15:58

Quels sont les forces et mécanismes qui ont abouti aux actuelles crises économique et écologique planétaires ? Et quelles pistes pour (s')en sortir ? Le livre de Michel Beaud, Face au pire des mondes (Editions Seuil, 20 euros), répond à ces deux vastes questions avec un sens rare de la synthèse et de la pédagogie.

Face-au-pire-des-mondes.jpg

 

Pour appuyer son analyse, l'auteur, professeur émérite de l'université Paris 7, dresse un bilan très argumenté de ce « pire des mondes » dans lequel nous sommes en train d'entrer. En particulier, il revient sur cette formidable occasion manquée qu'a constitué à se yeux le Sommet de Rio en 1992.

Depuis lors, l'état de l'environnement planétaire n'a cessé de se dégrader et les politiques internationales mises en œuvre, en premier lieu contre le réchauffement climatique, se sont révélées impuissantes à inverser la tendance.

 

Avec l'assistance de son épouse Calliope, figure historique des Amis de la Terre des années 1970, Michel Beaud retrace aussi les atteintes planétaires à la biodiversité, à la couche d'ozone, à la qualité de l'eau, aux terres arables, etc. Cet économiste ennemi du jargon, dont l'écriture est d'une rare clarté, met en parallèle ces « engrenages tragiques » avec l'évolution du système économique mondial depuis quelques décennies. Il pointe la montée de l'ultralibéralisme, selon lequel le « marché a toujours raison » et apporte le progrès économique et social, la croissance faramineuse des inégalités de fortunes et de revenus, le « privilège d'irresponsabilité des puissants » et la spirale de la consommation.


Pour autant, Michel Beaud n'est pas un adepte de la « sortie du capitalisme ». Pour lui, le problème vient du fait que l'«ordre marchand se déploie au détriment des activités domestiques ou communautaires ». Cela sans que les Etats et les structures internationales lui opposent des contrôles suffisants. « Ce qui est nouveau, écrit Michel Beaud, c'est l'acceptation implicite par nos sociétés de ces deux petites règles, apparemment anodines mais dont la combinaison autorise pratiquement tout :

  1. « tout ce qui est techniquement possible est acceptable » ;

  2. « tout ce qui fait l'objet d'une offre et d'une demande sur un marché est légitime ». »

Pour sortir de ce cycle infernal, Michel Beaud propose de prendre le problème « par les deux bouts », en agissant à la fois à partir des « lieux de pouvoir » et des « lieux de vie ». La transformation doit bien sûr s'opérer au niveau des organisations internationales et des Etats, seuls à même d'imposer des normes en matière d'énergie et de pollutions, de responsabilité, de limitation des inégalités et d'encadrement strict des activités financières et de justice internationale. Mais Michel Beaud propose de miser aussi sur les « micro-choix de milliards d'humains, à la fois citoyens, producteurs de projets, parents, consommateurs, créateurs, critiques, électeurs... » Dans cette perspective, il salue tant le développement des AMAP (associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) que les mouvements des jeunes de Tunisie et d'Egypte.


On regrettera que ce livre très riche n'aborde pas la question essentielle de la double dette, économique et écologique. Et, pour les familiers des grands dossiers écologiques planétaires, certains chapitres donneront une impression de « déjà lu ». Mais que cela ne nous fasse pas passer à côté de l'essentiel, à savoir cette « feuille de route » du changement social que Michel Beaud nous propose sur la base de ses vastes connaissances en économie et en écologie.

 

Cet article est paru dans le N° 6 de la lettre Options Futurs, téléchargeable en cliquant ici.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 09:43

Lors d’une conférence de presse organisée jeudi matin 24 novembre à Paris, la Ligue ROC a annoncé qu’elle allait questionner les candidats à l’élection présidentielle de 2012 sur le thème de la biodiversité.

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Rebaptisée Ligue ROC/Humanité et Biodiversité (le Rassemblement des Opposants à la Chasse, nom d’origine de cette ONG, n’est plus qu’un lointain souvenir…), cette association a rédigé un questionnaire très détaillé qui est envoyé à tous les candidats déclarés. Ceux-ci ont jusqu’au 20 janvier 2012 pour répondre, et les réponses seront rendues publiques fin février, afin de ménager un délai de grâce aux candidats qui se déclareraient après le 20 janvier. Au menu, la gouvernance nationale et internationale, l’éducation, le rôle des entreprises, la fiscalité, l’aménagement du territoire…

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La démarche se situe aux antipodes du Pacte écologique de 2007 : à l’époque, les associations avaient mis au point un certain nombre de propositions sur lesquelles elles avaient demandé aux candidats de se prononcer. La plupart d’entre eux avaient signé ce Pacte, qui a débouché sur le Grenelle de l’environnement. Et les ONG avaient décerné des notes aux différents « impétrants ». Pour la Ligue ROC/Humanité et Biodiversité, rien de tel cette fois-ci : on demande aux candidats de formuler leurs propositions. Un pari sur la capacité d’expertise de leurs équipes.

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Cette initiative parrainée par Hubert Reeves, président de la Ligue ROC/Humanité et Biodiversité, a le mérite d’attirer l’attention du public et des états-majors sur un thème crucial négligé pour l’instant par l’ensemble des candidats (y compris hélas celles/ceux se réclamant de l’écologie) : la biodiversité. Autrement dit (mais ce terme sonne sans doute trop ringard…) la protection de la nature. On y trouve même quelques (bonnes) questions sur la chasse…

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Le questionnaire de la Ligue ROC/Humanité et Biodiversité peut être téléchargé en cliquant ici.

 

Cet article est paru sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 11:20


UTOPIES & INNOVATIONS

28 novembre 2011 : CINE-DEBAT GRATUIT

Indes, Où sont les déchets ?

Film de Laurent Gervereau et Othello Vilgard


Les INDES, ce pluriel s’imposait : Indes anglaises, portugaises, française. Cette péninsule de l’Asie méridionale, divisée par le Gange en deux grandes régions, comprend les types ethnologiques et religieux les plus divers. L’Inde est toujours plurielle. Ce FILM étonnant, entre document et art, réflexion philosophique et questions écologiques, est une traversée de l’Inde des légendes et des réalités, de Bollywood et des bidonvilles, des vaches sacrées et des déchets de la société de consommation. Où sont les déchets en est le titre. Sont-ils matériels ou sociaux ? Au pays des parcs nationaux et des expériences de biocultures, se rencontre aussi bien la nécessité d’un développement de transformation avec le recyclage, que le problème d’une survie de conservatisme avec les castes.

 

C’est la DECOUVERTE de la situation unique des « adivasis » : des populations aborigènes considérées traditionnellement comme inférieures aux Intouchables, et même pratiquement comme n’ayant pas d’existence. Une INDE comme on ne l’a jamais vue sur un écran, un film de 2010 en AVANT-PREMIERE dans les circuits commerciaux.


Une PROJECTION ORGANISEE par le Centre d’animation Les Abbesses, en partenariat avec le Collectif Coopérations Natures Sociétés et le Réseau Mémoire de l'Environnement, avec l’appui de ses partenaires. Un film produit pour l’opération Utopies & Innovations par la Métropole Rhin-Rhône.

Une PRESENTATION et un DÉBAT avec le réalisateur Othello VILGARD (sous réserve) et Dominique ALLAN MICHAUD, politologue (CNRS/ENS), président du Collectif Coopérations Natures Sociétés et du Réseau Mémoire de l'Environnement.


Lundi 28 novembre 2011, 19 heures, Centre d’animation Les Abbesses, 15 passage des Abbesses, 75018 PARIS. Métro : Abbesses ou Pigalle. Entrée gratuite (réservation : contactabbesses@yahoo.fr).

 


2011 40e ANNIVERSAIRE DE

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 11:09

Ce guide passionnera non seulement les fous de mer, mais aussi tous ceux que l'évocation de ces voyages au long cours fait rêver, même s'ils restent sur le plancher des vaches....


http://image3.evene.fr/img/livres/g/9782849901120.gif


Hugo Verlomme et Marc-Antoine Bombail soulignent l'évolution des mentalités depuis la 1ère édition de ce guide, sortie en 1992. A l'époque, on ne jurait que par l'avion et le bateau était vu comme un mode de transport dépassé. Les auteurs avaient dû « ramer » pour rassembler des informations d'autant peu accessibles qu'Internet n'existait pas encore. Aujourd'hui, la vague du « slow », le souci de prendre son temps a donné un nouveau souffle aux voyages par mer.

 

Ce guide - qui en est à sa 7e édition, preuve de l'intérêt croissant du public pour le sujet – s'est donc transformé et enrichi pour prendre en compte à la fois ce changement de perception et l'abondance des infos disponibles sur la toile.


Après une série de témoignages d'adeptes des croisières, Hugo Verlomme et Marc-Antoine Bombail nous proposent un abécédaire très concret du voyage en mer, d'A comme âge (en général de 10 à 79 ans) à V comme les vêtements à prévoir.

 

Au fil des années, les auteurs ont élargi leur champ d'intérêt : outre les cargos, les paquebots, les caboteurs, les grands voiliers et autres brise-glace figurent au sommaire. Pour chaque catégorie, les informations pratiques abondent. Un chapitre est consacré au bon usage d'internet pour trouver le trajet maritime de ses rêves.

 

Editions des Equateurs, 346 pages, 20 euros

 

Cette critique est parue ici sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 10:34

Pour beaucoup de jeunes (et moins jeunes...) lecteurs, ce livre sera une révélation. Fournier, précurseur de l'écologie, qui vient de paraître aux éditions Les Cahiers Dessinés, nous plonge en effet dans une période généralement occultée de l'histoire de l'écologie politique dans notre pays : le début des années 1970.

 



Beaucoup de «spécialistes» situent en effet la naissance de l'écologie politique en 1974, avec la candidature de l'agronome René Dumont à l'élection présidentielle, voire, pour les plus ignares d'entre eux, à la création du Parti des Verts en 1984.


Pourtant, c'est entre 1969 et 1974 qu'ont été jetés les prémices de ce mouvement, grâce principalement à un personnage hors du commun, que ce livre contribue à faire connaître et à réhabiliter : Pierre Fournier. Les auteurs, Danielle Fournier, sa veuve, et Patrick Gominet, historien et enseignant, ont rassemblé une belle sélection de ses textes et de ses dessins, enrichis de photos d'époque et de textes rétrospectifs sur son histoire personnelle et sur celle du mouvement écologique alors naissant.


Il faut saluer cette publication, car il n'existait auparavant que peu de travaux sur Pierre Fournier. Tout juste « les années Fournier » avaient-elles fait l'objet d'un chapitre de l'Histoire de la révolution écologiste (Yves Frémion, éditions Hoebeke, 2007). Auparavant, l'oeuvre de Fournier avait été longuement étudiée dans une recherche universitaire de Dominique Allan Michaud, aujourd'hui Président du RME (Le Discours écologique, universités de Genève et Bordeaux 1, 1979, 1082 p.).


Pierre Fournier, une culture initiale d'hygiénisme et de végétarisme

Avec une culture initiale d'hygiénisme et de végétarisme, Fournier sera sensible dès le début des années 1960 aux menaces pesant sur la santé et par suite sur la vie, plus qu'à la "défense de l'environnement" contre la "pollution" - des mots et expressions qu'il n'aimait guère et qu'il renverra volontiers au ministère de l'Environnement après sa création en 1971.


Secrétaire administratif à la Caisse des dépôts et consignations, il y a découvert un aménagement destructeur du territoire et de son passé; dessinateur hors pair, il frappe en 1966 à la porte du mensuel Hara Kiri, qui publie bientôt ses dessins, puis ses textes, signés Jean Nayrien Nafoutre de Séquonlat. Lassé du Vietnam et autres thèmes dans lesquels il voit un gauchisme de convention, il leur préfèrera l'alimentation naturelle et les dangers de la radioactivité sous toutes ses formes. Une autre thématique qu'il va bientôt recouvrir du terme d' « écologauchisme ». Ce sera quand Pierre Fournier intégrera l'équipe de Hara-Kiri Hebdo *, créé en février 1969, dans la foulée de Mai 68. Dans le numéro 13, daté du 28 avril 1969, Fournier y parle pour la première fois dans des termes très forts de la crise écologique. Ci-dessous, un fac-similé de cet article.


 

Un texte fondateur, que Fournier reprendra dans le « premier et dernier éditorial » de La Gueule Ouverte, « son » mensuel qui voit le jour en novembre 1972, quelques mois avant son décès dû à une malformation cardiaque, le 15 février 1973, à l'âge de 35 ans.


En juillet 1971, Fournier rassemble 15 000 personnes contre la centrale nucléaire du Bugey

Comme le montre le livre de Danielle Fournier et Patrick Gominet, Fournier ne s'est pas contenté de sensibiliser la génération 68 à des thèmes (l'écologie, le nucléaire, l'agriculture biologique...) alors négligés par la presse et les partis politiques. Il a aussi contribué à jeter les bases du mouvement écologique en France, en étant l'un des organisateurs du premier grand rassemblement antinucléaire dans notre pays, en juillet 1971 au Bugey, face à l'une des premières « usines atomiques » françaises. Grâce à la caisse de résonance de Charlie Hebdo, qui tirait alors à 150 000 exemplaires, près de 15 000 personnes avaient participé à cette manifestation festive.


Dès 1972, Pierre Fournier s'interroge sur l'opportunité de présenter des candidats écologistes aux élections. L'un de ses amis, Jean Pignero, fondateur dès 1962 de l'Association contre le danger radiologique qui deviendra l'APRI (Association pour la protection contre les rayonnements ionisants), avait déjà tenté en vain de réunir les signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle de... 1965. Le programme de cette autre figure oubliée de l'écologie était basé sur la protection de l'environnement et de l'alimentation...


Henri Jenn, premier candidat écologiste de l'histoire électorale française aux législatives de mars 1973

Au début des années 70, Pierre Fournier est en contact avec les écologistes alsaciens qui, après avoir organisé la toute première manif antinucléaire en avril 1971 à Fessenheim sous l'impulsion d'Esther Peter-Davis et Jean-Jacques Rettig, présenteront le premier candidat écologiste de l'histoire électorale française, Henri Jenn (avec Solange Fernex comme suppléante), aux législatives de mars 1973.

Parallèlement, ce journaliste, devenu militant contre son gré, est membre de l'AJPNE (Association des journalistes pour la protection de la nature et de l'environnement). Avant les législatives de 1973, cette association (aujourd'hui JNE) organise un débat sur l'environnement et la protection de la nature avec les représentants des principaux partis politiques. Jean Carlier, le journaliste de RTL qui a animé cette table-ronde, et ses confrères de l'association, dont Claude-Marie Vadrot, qui travaille à la fois à l'Aurore (très à droite) et à Politique Hebdo (extrême-gauche), sont atterrés par l'indigence des politiques sur ces sujets cruciaux. D'où l'idée d'une candidature écologiste à la prochaine présidentielle, que ces journalistes savent imminente en raison de l'état de santé (alors caché au public) de Georges Pompidou.


De leur côté, les Amis de la Terre, créés en 1970 et animés depuis 1972 par un certain Brice Lalonde, envisagent aussi une telle candidature. Les deux initiatives convergeront en avril 1974, peu après le décès du Président Pompidou, lors d'une réunion tenue rue du Commerce, dans les locaux des Amis de la Terre. Y participent l'AJPNE, le Comité antinucléaire de Paris et le mouvement Combat pour l'Homme de Georges Krassovsky. Après le refus de Théodore Monod et de Philippe Saint-Marc, suggérés par Jean Carlier, Brice Lalonde propose alors le nom de René Dumont, qui avait publié en 1973 un livre retentissant, L'Utopie ou la Mort.


René Dumont, "pionnier" de l'écologie : une idée fausse

Avec ce livre, comme il l'expliquera lui-même, Dumont a voulu "vulgariser les thèses écologistes". Car en fait, s'il a parfois été qualifié de "précurseur" de l'écologie, de pionnier, c'est, comme le soulignera son biographe Jean-Paul Besset (René Dumont, une vie saisie par l'écologie, éditions Stock, 1992), un "titre usurpé - que le professeur ne revendique même pas". Agronome productiviste, il ne s'inquiétait guère jusqu'alors de l'écologie scientifique, et n'a joué aucun rôle, tant sur le plan théorique que sur le plan organisationnel, dans l'émergence à partir de celle-ci d'une écologie politique, contrairement à d'autres scientifiques. Il se verra même félicité par Jean Carlier, qui contribuera à le propulser comme candidat à l'élection présidentielle en 1974, d'être "un scientifique qui reconnaît qu'il s'est trompé". Non sans problèmes parfois, comme une controverse en 1974 avec des militants, par ailleurs scientifiques, sur l'assèchement des marais; il y avait eu aussi une dispute avec Pierre Rabhi sur l'agriculture biologique, vis-à-vis de laquelle René Dumont était à l'origine très sceptique.


En fait, René Dumont paraissait en 1974 un peu comme Eva Joly en 2011-12, un corps étranger - mais qui s'est vite intégré - dans le milieu écologiste. La crainte de l'extérieur était aussi une promesse d'ouverture.


La suite appartient à l'histoire... On ne saura jamais ce que Pierre Fournier penserait, s'il revenait parmi nous, de l'évolution des grandes ONG, de l'action des élus locaux écologistes, des candidatures d'Eva Joly, Corinne Lepage ou Jean-Luc Mélenchon et des débats entre Verts et socialistes sur la "sortie du nucléaire".

 

Mais une chose est certaine : pour cet esprit iconoclaste qui pestait contre le noyautage des premiers comités antinucléaires par les gauchistes et faisait référence (critique) à des auteurs classés à l'extrême-droite comme Alexis Carrel ou Günther Schwab, l'écologie, bien que « fille » des mouvements contestataires des années 1960, n'avait pas vocation « naturelle » à se ranger a priori dans le camp de la gauche bien-pensante... mais plutôt à faire naître, à incarner, selon l'expression de Fournier, la "nouvelle gauche écologique", non sans un regard vers l'anarchisme.


Une idée et un clin d'oeil dont ne sera pas forcément si éloigné l'"écosocialisme" d'un René Dumont. Mais de quelle politique s'agit-il, quand Pierre Fournier appelle de ses voeux la réconciliation de la culture et de la nature ?


* Devenu ensuite l'Hebdo Hara-Kiri.


Cet article a été mis en ligne sur le site du Réseau Mémoire de l'Environnement. Une première version de ce texte a été publiée sur ce blog, ainsi que le site le + du Nouvel Observateur.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 09:52

Ni l'un ni l'autre des deux "partenaires" n'a trop intérêt à ce que ça se sache. Mais Denis Baupin, l'un des négociateurs d'EE-LV, n'a pu s'empêcher de lâcher le morceau, le 18 novembre dans Libération.

 

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Le passage contesté de l'accord EE-LV-PS sur la filière du combustible nucléaire MOX (mélange d'uranium et de plutonium) a été ajouté au pot commun dans la phase finale de la négociation. Libération écrit : « La formulation qui prêtait à confusion était bien de la main de l’écologiste Denis Baupin : «La reconversion en pôle d’excellence, c’est de moi», reconnaissait l’intéressé. Pas peu fier : «Quel talent pour enflammer le débat sur le nucléaire. Quand on voit les équipes de Hollande, on se dit que les nôtres sont très pro.» »

 

Ni vu, ni connu, je t'embrouille... Denis Baupin, bon connaisseur du dossier nucléaire, a ainsi piégé l'équipe des négociateurs socialistes, qui n'y ont vu que du feu. C'est seulement quelques heures plus tard, le 15 novembre dans l'après-midi, que le PS, alerté par Areva, s'est rendu compte de sa bourde et a réagi, dans la plus belle tradition stalinienne, en "caviardant" carrément le passage litigieux. Deux jours plus tard, le 17 novembre, les deux partis se sont mis d'accord sur un "avenant". Aux termes de ce texte, « la «reconversion à emploi constant» signifie une diminution, et non pas «l’arrêt», de la filière du retraitement et de la fabrication du combustible MOX », résume Libération. L'accord ainsi modifié a été approuvé le 19 novembre par 75 % des membres du Conseil fédéral d'EE-LV.

 

Pour les Verts, cette mise en avant de la question du MOX et du retraitement a permis de faire passer au second plan leur recul sur l'EPR de Flamanville et l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Elle a aussi montré leur habileté négociatrice et leur compétence (ou, au moins, celle de Denis Baupin...) sur les questions nucléaires.

 

A contrario, l'affaire révèle de la part des responsables du Parti socialiste un dramatique manque de connaissance sur ce problème capital, qui le met à la merci (comme on l'a vu cette semaine...) des pressions d'Areva. Cette entreprise a ainsi persuadé le PS que l'abandon du MOX et du retraitement des déchets nucléaires condamnerait l'EPR de Flamanville et placerait la France dans la voie de la "sortie du nucléaire". Une conviction paradoxalement partagée par beaucoup d'écologistes.

Pourtant, comme l'explique Bernard Laponche, physicien nucléaire, ancien ingénieur au CEA et ex-conseiller de Dominique Voynet au ministère de l'Environnement, dans les colonnes du JDD du 20 novembre, un nucléaire sans MOX ni retraitement est tout possible. « La production de MOX a commencé dans les années 1960, explique Bernard Laponche. L’objectif a d’abord été l’élaboration de la bombe atomique. Puis il a été utilisé pour le fonctionnement des réacteurs surgénérateurs, en particulier Superphénix, abandonné en 1998. Les gouvernements ont tout de même décidé de conserver la production de plutonium comme composant du MOX, utilisé actuellement dans 21 des 58 réacteurs français. Ces centrales l’utilisent environ pour un tiers de leur combustible. Mais elles peuvent tout à fait s’en passer. C’est aussi vrai pour le réacteur EPR, à Flamanville ou ailleurs. L’argument selon lequel celui-ci n’utiliserait que du MOX est totalement faux. Il peut sans aucun problème ne fonctionner qu’à l’uranium. Les Finlandais ne prévoient d’ailleurs pas de l’utiliser pour l’EPR qu’ils construisent. »

 

Des vérités que ni Areva (et ses "amis" du PS et de l'UMP) ni les Verts n'ont envie d'entendre... Merci en tout cas à Denis Baupin d'avoir placé cette question du MOX et du retraitement dans le débat public...

 

Cet article a été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 09:43

Même Daniel-Cohn Bendit et Jean-Vincent Placé (sur Europe 1), qui ne sont pourtant pas nés de la dernière pluie, ont confessé n'y plus rien comprendre. Depuis sa signature le 15 novembre, l'"accord" entre Europe-Ecologie-Les Verts et le Parti socialiste suscite un malaise que la "mise au point" des deux partis sur le combustible Mox rendue publique le 17 novembre renforce encore.

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En effet, le texte présenté par les deux négociateurs Michel Sapin et Jean-Vincent Placé apparaît comme en retrait par rapport à l'accord conclu mardi. Alors que celui-ci prévoyait une "reconversion" de la filière Mox, il est maintenant acté que la fabrication du combustible nucléaire MOX se poursuivra dans les deux sites de production, La Hague et Marcoule, "au cours de la prochaine législature".

 

Depuis quelques jours, l'obscure clarté de cet étrange "accord sur le désaccord" ne cesse de révéler des comportements contestables de la part de l'ensemble des parties prenantes.

 

C'est d'abord le cas de la direction du Parti Vert. Dimanche 13 novembre, Cécile Duflot, secrétaire nationale, avait affirmé hautement : "On est prêt à n'avoir aucun député si ça nous oblige à renier nos convictions les plus profondes" sur le nucléaire. À de multiples reprises, les leaders de cette organisation avaient mis en avant l'arrêt du chantier de l'EPR de Flamanville et l'abandon de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes comme les deux points sur lesquels ils ne transigeraient en aucun cas.  Or, deux jours plus tard, le 15 novembre, les Verts signaient un projet d'accord dans lequel aucune de ces deux propositions ne figure ! Ils ont eu beau tenter d'habiller la chose de circonvolutions sémantiques (l'"accord de mandature" à distinguer de l'"accord du gouvernement"), le fait est là : les Verts n'ont pas tenu parole.

 

Mais, du côté du Parti socialiste, ce n'est pas plus brillant. Que penser en effet d'un parti politique qui se permet de supprimer unilatéralement un paragraphe d'un accord dûment signé avec une autre organisation ? Là aussi, une parole, celle des négociateurs du PS vis-à-vis de leurs partenaires Verts, n'a pas été respectée.

 

Pire encore, on apprend que cette suppression a été opérée - sur ordre de François Hollande selon Médiapart - après une intervention d'Areva, que cette grande entreprise reconnaît benoîtement avoir réalisée. Drôle de pays vraiment, dans lequel un groupe industriel de premier plan fait ouvertement pression sur un parti de gouvernement, lequel s'empresse de lui obéir, se mettant ainsi, selon la formule de Daniel Cohn-Bendit sur Europe1, au "garde à vous" devant Areva.

 

Une telle soumission à un lobby, succédant à un amateurisme navrant dans les négociations avec les Verts, augure mal d'une Présidence Hollande...

 

Du pain bénît pour la droite, qui a beau jeu de dénoncer comme NKM dans le Figaro cet échange entre des centrales et des circonscriptions et en profite pour réaffirmer son soutien inconditionnel au nucléaire, sans hésiter à recourir au chantage à l'emploi.

 

En fait, cet imbroglio aura eu un seul mérite : celui de révéler au grand public l'existence et les dangers du combustible Mox, contre lequel les écologistes prêchaient dans le désert depuis une quinzaine d'années.

 

Peut-être cette affaire a-t-elle aussi descillé les yeux d'Eva Joly, qui a annulé sa participation à l'émission "Des Paroles et des Actes" le 17 novembre sur France 2. Si l'on en croit Noël Mamère interviewé par Public Sénat, la candidate d'EE-LV en serait à s'"interroger" sur sa candidature...

 

Le Conseil fédéral d'EE-LV, prévu samedi 19 novembre, promet d'être animé !

 

Mais de qui se moxe-t-on ?

 

Cet article a aussi été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 10:17

Arte Editions a sorti récemment en DVD une version longue de Gasland, le film-choc de Josh Fox.

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D’une durée d’environ 1 h 40, cette version de Gasland est presque deux fois plus longue que celle diffusée sur Internet ou au printemps dernier sur Canal+. Elle nous permet de mieux saisir le rythme et l’intensité de cette enquête à la première personne sur les dégâts causés par l’exploitation du gaz de schiste d’un bout à l’autre des Etats-Unis.

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Dans ce film, Josh Fox raconte comment il a un beau jour reçu de la part d’une compagnie gazière une proposition d’exploitation du gaz de schiste sur sa propriété en Pennsylvanie, en échange d’une forte somme d’argent. Pressentant une entourloupe, il décide de partir à la rencontre de ceux qui ont accepté de telles offres. Josh Fox découvre, effaré (et nous avec) des zones ravagées par les pollutions occasionnées par cette exploitation, avec de nombreux malades. Les images de l’eau qui, trop chargée en gaz, s’enflamme au robinet dès que l’on approche un briquet, ont fait le tour du net. Elles ont notamment contribué au succès du mouvement contre les gaz de schiste en France, dont un instructif livret de 40 pages accompagnant le DVD et réalisé par le site owni.fr nous relate les principaux épisodes (jusqu’à cet été).

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Josh Fox pointe le rôle de la société Halliburton, qui, dans les années 1990, a développé la technique de fracturation hydraulique pour l’exploitation de ces gaz, sous la houlette de Dick Cheney, qui sera entre 2000 et 2008 le vice-Président de George W. Bush. Il nous montre aussi le peu de réactivité des autorités locales des zones concernées, et le silence radio des compagnies gazières, qui refusent obstinément, tout au long de la réalisation du film, de répondre à ses demandes d’interviews.

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Ce documentaire à la fois terrifiant et émouvant a été nominé aux Oscars 2011 et a reçu plusieurs récompenses :

- meilleur documentaire : Environnemental Media Association

- prix du jury : Sundance Festival

- prix : Fondation Lennon Ono Grant For Peace.

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Cliquez ici pour consulter le dossier très complet d’owni.fr sur les gaz de schiste.

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Vous pouvez commander le film en DVD ou en VOD ici sur le site d’Arte.

 

Cet article est paru sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 09:37

Voici un article sur les négociations EELV-PS que j'ai publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

 

 

Invité du 20 heures de France 2 le 7 novembre 2011, François Hollande a indiqué qu'il n'entendait pas renoncer à l'EPR de Flamanville. Un coup dur pour les Verts, qui avaient fait de l'abandon de ce réacteur nucléaire en construction un préalable à leur accord électoral avec le parti socialiste.

 


Depuis lors, les leaders verts dénoncent cette prise de position du candidat socialiste, sans saisir que leur tactique calamiteuse de ces dernières semaines a largement contribué à cette issue peu glorieuse.

 

François Hollande a déclaré : "Je suis pour une diminution de la part du nucléaire dans la production d'électricité. 75% de nucléaire, c'est trop élevé par rapport à ce que nous devons faire en matière de diversification des sources d'énergie mais je préserverai la construction d'un EPR, à la condition bien sûr que toutes les règles de sécurité soient respectées".

 

Résultat : dès le lendemain, 8 novembre, on apprenait que les négociations entre le PS et EE-LV (Europe Ecologie-Les Verts) étaient non pas "rompues"', mais "suspendues".

 

 

Le Parti EE-LV paie le prix d'une tactique pour le moins inconséquente à l'égard du "grand frère" socialiste.

 

Premier faux pas

 

Beaucoup de responsables verts ont eu la riche idée de s'afficher en faveur de Martine Aubry lors de la primaire citoyenne (voir mon article ici). Comme on pouvait s'y attendre, cette intrusion dans le débat interne du PS n'a pas mis François Hollande dans de bonnes dispositions.

 

Deuxième impair 

 

Quelques jours après la victoire de François Hollande, Cécile Duflot a mis de l'eau dans son vin antinucléaire en parlant non plus de "sortie du nucléaire", mais d'"ouverture de l'horizon de la sortie du nucléaire".

 

Troisième série d'impairs

 

Comme pour se rattraper de cette "concession", les leaders verts ont ensuite durci le ton. De retour de Fukushima, la candidate Eva Joly a lâché le 26 octobre en Alsace cette phrase hallucinante : "Vous trouvez raisonnable que le spécialiste de Corrèze décide de notre avenir énergétique ?" Le 30 octobre, Denis Baupin, adjoint vert au maire de Paris, en a remis une couche en déclarant à "Sud-Ouest" :"On négocie avec le PS, pas avec Hollande."

 

Mais c'est le 6 novembre que le pompon a été atteint avec l'"ultimatum" posé sur France 3 par Eva Joly à l'encontre du PS. "Si François Hollande dit non pour arrêter le chantier de Flamanville, il n'y aura pas d'accord", a martelé la candidate. "L'accord avec le PS doit intervenir avant notre conseil fédéral du 19 novembre. Au-delà du 19 novembre, il n'y a plus d'accord", a ajouté Eva Joly, consacrant ainsi une stupéfiante primauté du calendrier interne de son organisation sur le simple bon sens, pour lequel une négociation réussie exige de prendre son temps, surtout à six mois des échéances électorales.

 

Le 6 novembre, toujours, Jean-Vincent Placé, numéro 2 du Parti, a rejoué la fable de la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf en affirmant : "On sait bien que Hollande peut gagner tout seul. Mais ce ne sera pas facile de gouverner pendant cinq ans sans nous". Quoi ? Un gouvernement sans les Verts ? François Hollande a dû en trembler d'effroi !

 

Toutes ces déclarations marquent chez les leaders verts un saisissant manque de sens élémentaire de la négociation. Vu le rapport de forces dans les sondages entre François Hollande (à plus de 30 %) et Eva Joly (autour de 5 %), comment imaginer une seconde que le PS allait céder à ces ultimatums ?

 

La fin de non-recevoir de François Hollande, qui lui permet aussi de marquer sa fermeté face à ceux qui l'accusent d'incarner la "gauche molle", était donc le seul aboutissement possible de cet épisode.

 

 

Et maintenant ? EE-LV peut choisir la voie du refus de tout accord électoral avec le PS. Le parti miserait alors sur les indéniables qualités personnelles d'Eva Joly pour réaliser un bon score au premier tour, conduisant François Hollande à "composer" avec EE-LV entre les deux tours.


 

Mais, à mon humble avis, l'attrait d'un nombre conséquent de circonscriptions "gagnables" aux législatives risque d'être le plus fort au sein de la hiérarchie verte qui, comme le dénonce Gabriel Cohn-Bendit, dans son opuscule "A bas le parti vert !" (éditions Mordicus), a tendance à être plus soucieuse de ses propres intérêts que du succès de ses "causes".

 

Un compromis pourrait alors être trouvé d'ici quelque temps entre EE-LV et le PS, sur la base d'un "moratoire" sur le chantier de l'EPR de Flamanville, le temps qu'une commission d'enquête livre son verdict, après les législatives...

 

Les souris vertes n'auraient-elles alors rugi que pour amuser la galerie ?

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Laurent Samuel - dans Ecologie
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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 09:34

Dans une interview au JDD publiée le 23 octobre, la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, a parlé non plus de sortie du nucléaire - mot d'ordre habituel de son organisation, mais d'« ouverture de l’horizon d’une sortie du nucléaire ».

 

Peu remarquée sur le moment, cette évolution sémantique semble bien indiquer l'imminence de l'abandon de la sortie du nucléaire comme préalable à un accord Verts-PS. Au choix, on qualifiera ce changement de repli stratégique (au nom du réalisme et du souhait d'une victoire de François Hollande à la présidentielle) ou de capitulation en rase campagne.

 

De fait, si l'on en croit un article publié dans le Monde daté du 29 octobre, le PS et Europe Ecologie-Les Verts sont déjà près de sceller un accord électoral. Un accord qui, selon le quotidien, ne prévoit pas  « de "sortie" du nucléaire mais des fermetures de centrales ». « Les socialistes ont dû concéder la fermeture de quelques centrales (une demi-douzaine ?) parmi les plus anciennes, comme celle de Fessenheim, affirment les auteurs de l'article, Anne-Sophie Mercier et David Revault d'Allonnes. Le coût de son redémarrage ayant été évalué entre 1 et 2 milliards d'euros par la Cour des comptes, et sa fermeture quasiment acquise, même pour la majorité en place, cette seule concession n'a pas été jugée suffisante par EELV. Les centrales de Chinon et de Bugey sont donc sur la sellette, mais pas seulement. ».

 

Même l'abandon de l'EPR de Flamanville, bête noire des Verts, n'est pas acté. « La question de l'EPR de Flamanville n'est pas réglée : les écologistes estiment que "la porte reste ouverte", tandis que les socialistes se refusent à tout commentaire. »

 

Certes, il ne faut pas aller trop vite en besogne. Le leader Vert Denis Baupin, dans les colonnes de Sud-Ouest du 30 octobre, dément qu'un accord doit déjà « ficelé », avec cet argument surréaliste : « nous sommes tous en vacances » (entre l'accord européen de la semaine dernière et le G20 de la semaine prochaine, est-ce bien le moment ?).

 

Mais tout se passe comme si la "sortie du nucléaire" était en passe de devenir pour le Parti Vert l'équivalent de la "sortie du capitalisme" pour une partie de la gauche : une posture radicale qui vise à dissimuler des arrangements politiciens, en l'occurrence la garantie d'obtenir un nombre conséquent de circonscriptions et peut-être quelques ministères.

 

Reste que ce recul atomique prévisible n'arrangera pas les affaires d'Eva Joly, dont la cote dans les sondages n'est déjà pas fabuleuse (4,5 % selon la dernière enquête IFOP pour le JDD), et qui centre précisément sa campagne sur le nucléaire (avec son récent voyage à Fukushima, où elle invite François Hollande à se rendre avec elle), au détriment d'autres thèmes comme le changement climatique ou la biodiversité. La candidate Verte risque ainsi de se faire doubler sur sa gauche par le NPA, qui préconise la sortie du nucléaire en 10 ans, et par Jean-Luc Mélenchon, qui propose un référendum, et sur son centre par Corinne Lepage, dont le mot d'ordre est le renoncement à toute construction de nouvelles centrales. Sans compter tous ceux qui, confortés par l'accord PS-Verts, préféreront voter dès le 1er tour pour François Hollande.

 

Bref, entre leur aubryphilie galopante d'il y a quelques semaines (lire mon article ici) et cette sortie possible de la "sortie du nucléaire", la tactique du Parti Vert semble de plus en plus s'inspirer de Pierre Dac : la sortie du nucléaire, on « peut le faire »... Mais en attendant ces lendemains qui chantent, on préfère des sièges à l'Assemblée !

 

 

Cet article a été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

 

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Laurent Samuel - dans Ecologie
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