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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 11:30

Dans un livre qui vient de paraître, Le développement, l'intelligence du XXIe siècle (éditions PC)

Dominique Bidou remet à l'honneur ce concept souvent décrié en revenant à ses sources. Ci-dessous, ma critique de cet ouvrage parue sur le site des JNE.

 

http://jne-asso.org/blogjne/wp-content/uploads/2012/02/Bidou.jpg

 

 

En cette période où, selon un sondage, les Français sont plus pessimistes que les Ethiopiens ou les Irakiens, la lecture de ce livre est revigorante. Pour Dominique Bidou, ancien du ministère de l’Environnement, président d’honneur de l’association HQE (Association pour la Haute Qualité Environnementale des bâtiments) et président du CIDB (Centre d’information et de documentation sur le bruit), le développement durable est le chemin vers une société plus écologique et plus solidaire.

 

A condition toutefois de le « démoraliser », c’est-à-dire de cesser de le considérer d’un point de vue exclusivement moral, sous l’angle de la pénitence et du retour en arrière.


Pour Dominique Bidou, le développement durable est avant tout une « intelligence collective », axée sur quelques « recettes » simples, mais susceptibles de changer la société en profondeur si elles étaient pleinement appliquées, comme les études d’impact, la recherche de la qualité ou le refus des consensus mous.

 

Démographe de formation, ce consultant en développement durable insiste sur la nécessité de stabiliser la population mondiale. Solidement documenté et exempt du jargon « DD » (développement durable), cet ouvrage a l’immense mérite de nous donner des pistes pour agir, esquissant ainsi une « nouvelle feuille de route pour l’humanité ».


Editions PC, 350 pages, 20 € – www.editionspc.com

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Laurent Samuel - dans Ecologie
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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 23:41

Après Gilbert Simon la semaine dernière, c’est une autre figure respectée de l’écologie en France, Josette Bénard, qui vient de disparaître.

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Josette Benard - D.R.

 

Josette Benard est morte le mercredi 6 février. Elle était âgée de 82 ans. Dès 1968, cette agrégée de biologie avait fondé le Crepan (Comité Régional d’Étude pour la Protection et l’Aménagement de la Nature en Basse-Normandie), qui avait lutté contre les rejets de phosphogypse en Baie de Seine, et dont elle était toujours Présidente d’honneur. Josette fut aussi l’un des membres fondateurs et l’un des piliers de France Nature Environnement (FNE).

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Cette militante de « terrain » s’était également investie en politique. Elle fut ainsi conseillère municipale de Caen, et, de 1992 à 1998, conseillère régionale Génération Ecologie de Basse-Normandie.

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Tous ceux qui la connaissaient appréciaient sa compétence, sa ténacité, son désintéressement… et son sens de l’humour.

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Les obsèques de Josette Benard seront célébrées samedi 11 février, à 10 h, à l’abbatiale Saint-Etienne, à Caen.

 

L'animateur de ce blog adresse ses condoléances à sa famille et à ses proches.

 

Ci-dessous, le faire-part paru dans le Monde du 10 février 2012.

IMG-copie-1

 


 

Cet article est aussi paru sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 17:13

Désormais, il n'est guère de conférence de presse ou de colloque dont le contenu ne soit instantanément « retransmis » via Twitter, ce « réseau social » qui permet d'envoyer des messages de 140 signes maximum.

http://buzzmedias.net/wp-content/uploads/2012/01/twitter-logo.jpg

 

Voici une sélection de tweets glanés lors d'un débat organisé à Sciences Po le 30 janvier par l'IDDRI et la Fondation nationale des sciences politiques, sur le développement durable à l'épreuve de la mondialisation, et de la Conférence sur la gouvernance mondiale de l'environnement organisée par le ministère de l'Ecologie le 31 janvier. Pour une analyse détaillée de ces réunions largement consacrées à la préparation du sommet Rio+20, je vous renvoie à la lettre Options Futurs N° 8, que vous pouvez télécharger gratuitement ici.

 

 

 

« Nous devons changer la façon dont nous vivons sur cette planète car nous n'avons pas d'autre endroit où aller » Julia Marton-Lefebvre, directrice générale de l'UICN« Il faut que des pays montrent l'exemple » Brice Lalonde, coordinateur exécutif de l'ONU pour la conférence Rio+20

 

 « Notre boulot à nous c'est de voir ce qui marche bien et de les pousser à triompher » Brice Lalonde, coordinateur exécutif de l'ONU pour la conférence Rio+20

 

« De quelle façon la pression de la base va-t-elle stimuler notre ambition ? » Simon Upton, directeur de l'environnement de l'OCDE

 

« Nous avons à mettre au point un système à Rio où toutes les voix seront entendues dans la même salle » Julia Marton-Lefebvre, directrice générale de l'UICN

 

« La première obligation des pays développés est de donner l'exemple » Andre Correa Do Lago, ambassadeur du Brésil

 

« La question de l'égalité et de l'équité doit émerger dans Rio+20 » Laurence Tubiana, directrice de l'Iddri et de la Chaire développement durable de Sciences Po

 

« Il faut que les chefs d'Etat soient là et qu'ils prennent des décisions ! » Brice Lalonde, coordinateur exécutif de l'ONU pour la conférence Rio+20

 

« Les scientifiques sont au coeur de l'expertise environnementale, mais ils ne sont pas toute l'expertise » Marion Guillou, Pdg de l'INRA

 

« A Rio, nous voulons la décision de création d’une OME puissante » Nathalie Kosiuscko-Morizet, ministre de l'Ecologie

 

« Les politiques ne fonctionnent que si la société civile adhère » Pierre Radanne, président de 4D

 

« En 1992, nous n’avons pas pris assez au sérieux nos engagements et il est temps d’agir tous ensemble » Julia Marton-Lefebvre, directrice générale de l'UICN

 

« Rio ne sera un succès que s’il y a renforcement de la gouvernance mondiale de l’environnement et renforcement historique de son pilier environnemental » Nathalie Kosiuscko-Morizet, ministre de l'Ecologie

 

« Aujourd’hui, toute l’humanité est en face des mêmes problèmes environnementaux, il y a une nécessité de prise de conscience générale » Edgar Morin

 

« Dans le cadre d’une nouvelle gouvernance mondiale environnementale, la question du financement est essentielle » Monique Barbut, Présidente du Fonds pour l’environnement mondial

 

« Il faut changer la gouvernance de l'Onu en associant davantage les collectivités »  Pierre Radanne, président de 4D

 

« La société civile se sent déconnectée des processus de négociations » Brice Lalonde, coordinateur exécutif de l'ONU pour la conférence Rio+20

 

 

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 17:59

Invitée le 7 janvier 2012 d’un petit déjeuner organisé par l’Association des journalistes de l’environnement (AJE) et l’Association des journalistes et écrivains pour la nature et l’écologie (JNE), Eva Joly, candidate d’Europe-Ecologie-les Verts (EELV) à l’élection présidentielle, a réussi un quasi sans-faute.

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France-TPo_cDesjeux00006-copie-1.JPGEva Joly au petit déjeuner AJE/JNE du 7 février 2012, entre Carine Mayo (Pdte JNE) et Valéry Laramée (Pdt AJE) - photo Bernard Desjeux

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De son propre aveu, Eva Joly n’est pas une spécialiste de l’environnement. Mais, à l’évidence, elle a bûché ses dossiers. D’entrée de jeu, elle évoque ses rencontres en régions avec des agriculteurs ou des ouvriers en lutte, qui la rassurent sur un point : le programme d’EELV est « approprié ». « Le terrain correspond à la carte », dit-elle… joliment. Interrogée sur l’accord EELV-PS, Eva Joly répond : « si l’on veut que les sujets d’écologie soient traités pendant la mandature (sous-entendu de François Hollande), il faut voter pour moi. »

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Eva Joly indique ensuite que la santé (avec le rôle des pollutions dans les maladies) et le logement (avec le développement de l’efficacité énergétique afin de réduire le CO2 et de créer des emplois) constituent des priorités de sa campagne.

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En matière de santé environnementale, elle insiste sur la transparence, l’indépendance des experts, la nécessité d’« associer les associations aux décisions ».

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Pour Eva Joly, le Grenelle de l’environnement a représenté une « avancée ». « Si toutes ses décisions étaient appliquées, le monde se porterait mieux. » La candidate propose « un moratoire sur les grands travaux, comme les lignes de train à grande vitesse (LGV), et l’artificialisation du territoire. Le grand hamster est plus important que l’autoroute !». En particulier, elle propose de rendre « opposables » (aux décisions d’urbanisme) les « trames vertes et bleues » instituées par le Grenelle. Eva Joly en appelle aussi à une « grande loi d’urgence écologique » axée sur la « transition énergétique », ainsi qu’à l’application par la France des directives européennes sur la chasse, l’eau ou les sols.

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Pour la candidate EELV, il faut également revenir sur la réforme des collectivités territoriales et aller « vers un Etat fédéral avec de vraies régions ».

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Dans le domaine de la fiscalité, après avoir dit que « le programme est sur son site », Eva Joly en expose les grandes lignes. Elle préconise la suppression des mesures qui favorisent la pollution. La députée européenne EELV Sandrine Bélier, présente elle aussi au petit déjeuner, glisse malicieusement que François Hollande a demandé un audit sur ce sujet, alors que Guillaume Sainteny vient de réaliser pour le CAS (Conseil d’analyse stratégique) un rapport très complet sur les aides publiques dommageables à la biodiversité… Eva Joly se prononce aussi pour une taxe sur les combustibles fossiles et le nucléaire, dont une partie serait reversée aux plus défavorisés sous forme de « chèques verts » afin de développer la réhabilitation écologique de leurs logements.

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En ce qui concerne le sommet Rio+20, Eva Joly approuve le projet d’une « agence » mondiale de l’environnement. Sandrine Bélier ajoute qu’EELV est favorable à la transformation du Conseil économique et social de l’ONU en un Conseil économique, social et environnemental. Celui-ci pourrait s’inspirer du CES français, dont les somptueux locaux place d’Iéna accueillaient justement la semaine dernière une conférence sur la gouvernance environnementale organisée par NKM, la ministre de l’Ecologie (téléchargez ici la lettre Options Futurs N° 8 qui comprend un dossier complet sur cette conférence).

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On regrettera cependant qu’Eva Joly, soucieuse sans doute de donner des réponses rapides aux questions posées, soit peu rentrée dans le détail de ses propositions.

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Interrogée à plusieurs reprises sur le fait que sa campagne ne « décolle » pas, Eva Joly invoque la « complexité » de son projet, difficile selon elle à faire passer. Et sa possible responsabilité personnelle dans cette situation ? « Ce n’est pas à moi de le dire », répond-elle. En conclusion, la candidate affirme que le programme d’EELV et les jeunes bénévoles qui l’entourent sont deux « trésors », et qu’elle entend faire un atout du fait qu’elle est « jeune en politique ».

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En tout cas, les journalistes spécialisés ont eu en face d’eux une femme jeune d’esprit, sérieuse et courageuse, dont l’opiniâtreté, quels que soient les jugements que l’on peut porter sur sa candidature et sa campagne, force le respect !

 

Et vous,  que pensez-vous de la campagne d'Eva Joly ? Vos avis sont attendus !

 

Cet article est paru en primeur sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 16:27

Après Serge Antoine et Jean-Claude Oppeneau, un autre "historique" du ministère de l'Environnement, Gilbert Simon, vient de nous quitter.


http://www.on-en-discute.com/local/cache-vignettes/L266xH240/Photo_13-81c90.jpg

 

Ce grand spécialiste de la faune sauvage était toujours accessible pour les journalistes et savait communiquer sa passion et son immense savoir sur ce sujet.

Pour en savoir plus sur le parcours de Gilbert Simon, je vous renvoie à l'article de Roger Cans, publié sur les sites du Monde et des JNE (cliquez ici).

 

Si le ministère de l'Environnement est devenu l'un des plus importants (par l'ordre protocolaire, à défaut du budget...), c'est grâce à des hommes opiniâtres, discrets et efficaces comme Gilbert Simon.

 

A sa famille et à ses proches, l'animateur de ce blog adresse ses condoléances et ses pensées attristées.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 09:30

Après être restés silencieux sur le sujet pendant des semaines, les candidats déclarés à la présidentielle se sont livrés à une surenchère "verte" devant le congrès de France Nature Environnement le 28 janvier dernier. Un "reverdissement" qui risque toutefois de n'être qu'un feu de paille.

 

http://www.fiep-ours.com/client/photos/LECTURES/Appel_des_3000_SLDA.jpg

 

Il ne se passe guère de jour sans que de nouvelles études scientifiques confirment la réalité des atteintes à la biodiversité ou du changement climatique. Ces menaces globales sur l’environnement seront au cœur du sommet Rio+20, qui se tiendra au Brésil du 20 au 22 juin prochains.

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Pourtant, les candidats à l’élection présidentielle française ont largement ignoré le sujet tout au long du mois de janvier. Un comble : même les deux « impétrantes » portant les couleurs de l’écologie, Corinne Lepage et Eva Joly, ont zappé la question lors de leurs vœux aux Français (lire ici).

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Or, voilà qu’après ce grand silence, les candidats, invités le 28 janvier par France Nature Environnement à l’occasion de son congrès à Montreuil, ont joué au jeu du « plus écolo que moi, tu meurs ». Parmi les principaux concurrents, seuls Nicolas Sarkozy (pas encore candidat) et Marine Le Pen (récusée par FNE) étaient absents. De François Bayrou en défenseur des abeilles à François Hollande en héraut de la transition écologique en passant par Jean-Luc Mélenchon en apôtre de la planification écologique, tous ont rivalisé d’éloquence pour convaincre les quelque 2000 personnes présentes que leur programme en matière d’écologie était le plus pertinent.

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Les responsables de FNE avaient demandé aux candidats de se prononcer sur leur « appel des 3000 » (ainsi nommé en référence aux 3000 associations, pour la plupart locales, qui composent cette fédération) pour un contrat environnemental (texte intégral ici). Mais, à l’exception prévisible des deux écologistes, qui ont exprimé leur accord global avec cette plate-forme, les autres candidats se sont contentés de piocher dans ce vaste catalogue de mesures celles qui leur convenaient le mieux, ou, souvent, de tenir des discours vagues et généraux sur l’environnement. Dominique de Villepin et Hervé Morin se sont cependant prononcés, comme l’avait fait précédemment Jean-Luc Mélenchon au nom du Front de Gauche, pour un référendum sur le nucléaire. De son côté, François Hollande, s’il est élu, a annoncé qu’il convoquerait une « conférence environnementale », sorte de Grenelle bis, et chargerait son Premier ministre de piloter la transition écologique.

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Hélas, la forme retenue par FNE – un défilé des candidats sans dialogue entre eux ni interpellation par les responsables associatifs – n’a pas permis de savoir, par exemple, comment François Hollande compte s’y prendre pour fermer 24 réacteurs nucléaires d’ici à 2025 (afin de réduire, comme il l’a promis, la part de l’atome dans l’électricité de 75 à 50 %) en n’en arrêtant que 4 (ceux de Fessenheim) durant sa mandature 2012-2017. Plus généralement, l’occasion n’a pas été donnée aux candidats d’expliquer par quelle magie ils se trouvaient subitement si bavards sur l’écologie après que la plupart d’entre eux n’en aient pas dit un mot pendant un mois…

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Tout se passe comme si, pour la majorité de ces candidats, l’écologie restait un sujet « catégoriel » dont on ne parle que devant les écologistes, de la même manière que l’on n’aborde les problèmes de la filière bovine que face aux éleveurs. Mais ce « déficit » écologique dans la campagne est aussi dû en partie aux choix d’EELV (Europe Ecologie les Verts) : en la personne d’Eva Joly, ce parti a désigné une candidate éminemment respectable et courageuse, mais qui, faute de connaissances de base des dossiers d’environnement (à la différence notable de Corinne Lepage, qui, elle, maîtrise parfaitement ces sujets), se révèle incapable de convaincre les Français que la solution à la crise passe par l’écologie. Si l’écologie est si peu présente dans la campagne, c’est aussi parce que sa candidate « officielle » est largement inaudible. Ce dont témoigne ce titre à la une du Monde daté des 29-30 janvier 2012 : « Eva Joly disparaît des radars de la présidentielle, l’écologie aussi » (lire la version web ici).

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A ce sombre tableau, il faut ajouter le positionnement agressivement hostile à l’écologie du Président sortant (et candidat présumé) Nicolas Sarkozy, qui, lors d’un discours devant des agriculteurs et des chasseurs le 18 janvier dernier à Pamiers, a tenu ces fermes propos : « J’ai conscience que l’aspect tatillon de certains réglements administratifs, vous insupporte. La préservation de l’environnement, ce n’est pas empêcher quiconque de faire quoi que ce soit. Il faut absolument lever le pied de ce point de vue » (lire ici l’article d’Olivier Nouaillas). On est loin de l’enthousiasme écolo et des promesses du même Sarkozy lors de Grenelle de l’environnement de 2007…

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Il est donc à craindre que le « reverdissement » de la campagne présidentielle observé le 28 janvier grâce à l’initiative de FNE ne soit qu’un feu de paille, et que l’on en revienne vite aux « choses sérieuses ». Pourtant, même si la majorité des responsables politiques nationaux persiste à s’en désinteresser, l’écologisation de la société se poursuit, lentement mais, sûrement dans les collectivités locales et de nombreuses entreprises. A l’occasion des vœux du Comité 21, le 26 janvier dernier, on a ainsi appris que le nombre d’Agendas 21 mis en œuvre en France dépassait désormais le millier. De même, le succès du congrès de FNE démontre la vitalité du tissu des associations d’environnement dans notre pays. D’ici à la présidentielle, celles-ci vont devoir s’exprimer haut et fort, et d’une seule voix, pour que l’écologie revienne pour de bon dans la campagne…

 

Cet article a été publié en éditorial sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 22:52

  Ce début d'année est endeuillé par le décès de Roger Belbéoch, l'un des pionniers, avec sa femme Bella, de la lutte antinucléaire en France.

http://www.radiozones.com/images/in-folio/in-folio_110610_8.jpg

 

Ces deux physiciens nucléaires avaient participé au mouvement Survivre et Vivre au début des années 1970, avant d'être parmi les piliers, aux côtés de Monique et Raymond Sené, du GSIEN (Groupement de scientifiques pour l'information sur l'énergie nucléaire), fondé en 1975.


Roger Belbéoch était un antinucléaire radical, ce qui le conduisait par exemple à considérer le « charbon propre » comme un moindre mal pour échapper à la fois au désastre nucléaire et au réchauffement climatique. Mais ses informations étaient fiables, et ses analyses rigoureuses. Il avait publié avec Bella plusieurs livres documentés, dont « Tchernobyl, une catastrophe » aux éditions Allia, et d'innombrables articles. Il était aussi directeur de publication de la lettre d'information du Comité Stop Nogent-sur-Seine.


On regrette que seuls Médiapart et Reporterre se soient fait l'écho de la mort de cette figure certes peu médiatique, mais capitale dans l'histoire du mouvement antinucléaire français. Nous adressons nos condoléances à sa famille et à ses proches.



L'article de Médiapart

http://blogs.mediapart.fr/edition/nucleaire-lenjeu-en-vaut-il-la-chandelle-pour-lhumanite/article/030112/roger-belbeoch-u



Un texte de Roger Belbéoch republié par Reporterre en hommage à son travail

http://www.reporterre.net/spip.php?article2463



Ci-dessous, le faire-part diffusé par sa famille, et publié dans le carnet du Monde daté du 3 janvier 2012.


Le 3 janvier 2012

Sa famille vient de nous l’apprendre : Bella Belbéoch, son épouse,

Marc et Olivier, ses fils, Elizabeth et Laurence, ses belles-filles, Chantal, Simon, Jules et Florian, ses petits-enfants, Gérard et Mireille, son frère et sa belle-soeur, Les familles Goldstein et Pisarz, Ses neveux et nièces, Sa famille de Douarnenez, Et ses amis,

ont la tristesse de faire part du décès de

Roger BELBÉOCH,

survenu le 27 décembre 2011, à l’âge de quatre-vingt-trois ans.

Selon sa volonté, il a été incinéré sans rite ni cérémonie.

Sortir du nucléaire, c’est possible, avant la catastrophe.

“C’est avant l’accident qu’il faut agir. Après, il n’y a plus qu’à subir."

4, rue Jacques Coeur, 75004 Paris.

 

Cet article est paru sur le site du Sauvage.



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Laurent Samuel - dans Ecologie
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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 14:37

L'animateur de ce blog est heureux de vous présenter ses meilleurs voeux pour 2012.

http://blog.surf-prevention.com/wp-content/uploads/2011/04/nicolas-hulot-2012.jpg

 

Un passage marqué par une singulière constatation : dans leurs messages de bonne année mis en ligne sur le net, aucune des deux candidates se réclamant de l'écologie, Eva Joly (EE-LV) et Corinne Lepage (Cap 21) n'a prononcé le mot écologie. Les termes nature, biodiversité, changement climatique n'étaient pas davantage présents dans leurs discours.

 

Tout juste Corinne Lepage a-t-elle évoqué la nécessité d'une "croissance verte".

 

De même, aucune de ces deux candidates n'a parlé de laïcité. Un oubli étonnant de la part de Corinne Lepage, dont l'engagement en faveur de la défense de la laïcité est une "marque de fabrique".

 

Nicolas Sarkozy, François Hollande et Marine Le Pen n'ont pas non plus parlé de la crise écologique dans leurs voeux (j'avoue ne pas avoir écouté les messages des autres candidats, si d'aventure l'un d'entre eux a évoqué le sujet, qu'on me pardonne...).

 

Face à cet oubli général de l'écologie par les principaux candidats, y compris celles qui s'en réclament, et au vu du le magnifique numéro d'Ushuaia Nature sur le Tchad (lire ici l'article d'Alain Hervé sur le site du Sauvage) diffusé le 29 novembre dernier sur TF1, on regrette donc plus que jamais que les votants à la primaire écologiste aient été assez inconscients pour préférer Eva Joly à Nicolas Hulot pour les représenter à l'élection présidentielle. Dans cette émission, Nicolas Hulot montre en effet de manière très concrète (et en prime time sur TF1 !) les conséquences du bouleversement climatique non seulement sur l'environnement africain, mais aussi et surtout sur les peuples qui y vivent. Une formidable leçon d'écologie sociale, bien plus efficace que les discours gris et péremptoires d'Eva Joly.

 

Mais la grande force de Nicolas Hulot, c'est aussi, grâce à la beauté des images de son magazine, de nous faire aimer et respecter la nature. Une dimension qui devrait être au coeur de la démarche des écologistes, mais s'en trouve aujourd'hui dramatiquement absent.

 

Sans doute Nicolas Hulot était-il trop pur et trop naïf, comme ce blog l'avait pointé, pour survivre dans le marigot des crocodiles verts. Il n'en est pas moins vrai que son absence - de la campagne électorale, mais aussi, d'ici quelques mois, de l'antenne de TF1 (lire ici l'article du Parisien) - est une mauvaise nouvelle à l'aube de cette nouvelle année.

 

Et vous qu'en pensez-vous ? Vos commentaires sont les bienvenus !

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 10:45

Dans le prolongement de leur superbe Microcosmos, Claude Nuridsany et Marie Pérennou nous présentent La clé des champs (le 21 décembre dans les salles). Un beau film pour petits et grands qui sort à point nommé pour les fêtes.

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Somptueusement filmées, les images en gros plan des animaux et des plantes d'une mare de l'Aveyron constituent un constant émerveillement. La bande son, qui combine harmonieusement les sons naturels et la musique de Bruno Coulais, est également un régal.

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Alors, on oubliera le scénario un peu faiblard (deux enfants qui se rencontrent autour de la mare dans les années 50) et le jeu trop figé des deux jeunes comédiens pour saluer l'essentiel : une plongée exceptionnelle au coeur de la nature.

 

Cette critique est parue sur le site des JNE.

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 09:17

Au cours de sa déclaration de candidature prononcée le 7 décembre 2011, François Bayrou a parlé « d'intimité entre l'homme et la nature, l'homme et les abeilles, l'homme et la planète ». Comme l'a vite relevé un internaute sur Twitter, c'est sans doute la première fois qu'un candidat à l'Elysée évoque la menace d'une disparition des abeilles dans un discours de candidature !


 

Mais l'élément le plus frappant, c'est que François Bayrou a parlé de "protection de la nature", un terme généralement considéré comme ringard et dépassé. Y compris par les écologistes eux-mêmes, qui préfèrent employer le mot, plus moderne et plus scientifique, de "biodiversité".

 

Ainsi, Eva Joly, la candidate d'Europe-Ecologie-Les Verts, a affirmé la semaine dernière lors d'un déplacement en Auvergne, qu'elle ferait de la défense de la biodiversité « un thème fondamental » de sa campagne (lire ici l'article de l'Express). « C'est un thème un peu méconnu, une urgence pas complètement perçue » alors que « notre avenir en dépend », a-t-elle expliqué. Au cours de cette visite, Eva Joly a pris la défense du milan royal, menacé par l'utilisation dans l'agriculture d'un anti-coagulant destiné à empoisonner les campagnols en surnombre, dont ce rapace majestueux se nourrit.

http://sunaj-home.org/gallery2/main.php?g2_view=core.DownloadItem&g2_itemId=697&g2_serialNumber=1

 

« Je suis venue ici pour exiger l'interdiction » de ce produit, a-t-elle déclaré, qualifiant son autorisation de  « criminelle et irresponsable », alors qu'une vingtaine d'oiseaux ont été retrouvés morts cette semaine, selon la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). « Si nous ne faisons rien, les milans royaux seront exterminés », a alerté Mme Joly, rappelant que pour l'Auvergne, qui bénéficie d'une concentration de cette espèce « unique en Europe » (5 % de la population mondiale), il s'agit aussi d'une « attraction touristique et d'une ressource économique ». « Nous vivons à crédit sur le dos de la nature », a conclu la candidate (lire ici sur son site de campagne). On ne peut que se féliciter de ces déclarations d'Eva Joly, car, jusqu'alors, ce thème n'avait guère été présent dans sa campagne.

 

De son côté, Corinne Lepage, l'autre candidate écologiste, présente à la conférence de Durban sur le climat, a déploré le 6 décembre auprès de l'AFP (lire ici sur le site de 20 Minutes) que « la dimension écologique des sujets » ait disparu de la campagne électorale en France, que ce soit sur le climat ou la biodiversité. Une déclaration qui sonne comme une auto-critique, car on n'a guère entendu non plus Corinne Lepage sur la protection de la nature...

 

L'indifférence des politiques sur ce thème a poussé la Ligue ROC (qui, concession à l'air du temps, a troqué son nom d'origine, Ligue des opposants à la chasse, au profit du plus neutre "Humanité et Biodiversité") à envoyer le 24 novembre 2011 un questionnaire sur la biodiversité aux candidats déclarés à la présidentielle. Ceux-ci ont jusqu’au 20 janvier 2012 pour répondre, et les réponses seront rendues publiques fin février, afin de ménager un délai de grâce aux candidats qui se déclareraient après le 20 janvier. Au menu de ce questionnaire très détaillé, à télécharger ici, la gouvernance nationale et internationale, l’éducation, le rôle des entreprises, la fiscalité, l’aménagement du territoire… Sans oublier la chasse ! Malgré la présence d'Hubert Reeves, président de la Ligue ROC-Humanité et Biodiversité, à la conférence de presse de lancement, cette initiative n'a pas fait les gros titres de la presse.

 

Quant à l'épais rapport de Guillaume Sainteny, professeur à l'Ecole Polytechnique, sur les aides publiques dommageables à la biodiversité, réalisé pour le CAS (Centre d'analyse stratégique) et rendu public le 21 octobre dernier, il semble se heurter à l'indifférence générale. En particulier, Nathalie Koskiusco-Morizet, la ministre de l'Ecologie, qui avait pourtant commandé ce rapport, n'y a pas réagi publiquement. Ce silence aurait-il quelque chose à voir avec le fait que ce rapport critique la politique d'étalement urbain et de construction de zones commerciales, ainsi que l'action internationale de l'Agence française pour le développement (AFD) ?

 

Mais la campagne présidentielle ne fait que commencer. On espère que François Bayrou et Eva Joly n'en resteront pas aux paroles verbales, et que d'autres candidats leur emboîteront le pas... Le milan royal et la buse variable leur en seraient reconnaissants !

 

Cet article a été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

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