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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 23:54

Les médias ont insuffisamment salué le courage d'Eva Joly qui, le 28 mars dernier, a eu le rare mérite de reconnaître sa part de responsabilité personnelle dans le peu de succès de sa campagne pour l'élection présidentielle.

 

http://s.tf1.fr/mmdia/i/69/3/affiche-de-campagne-eva-joly-10676693taunj_2348.jpg?v=1

 

« Lorsque je vois dans les sondages que le pouvoir d'achat est la première préoccupation [des Français] et l'écologie la dernière, je me dis que j'ai été très mauvaise et que je n'ai pas réussi à faire comprendre » les enjeux écologiques, avait alors déclaré la candidate d'Europe-Ecologie-les Verts (EELV) en déplacement sur le bassin d'Arcachon.

 

Hélas, cette noble attitude n'a pas inspiré ses « amis » d'EELV, qui se sont bien gardés de confesser qu'ils auraient pu eux aussi avoir un rôle dans cette Bérézina. Pourtant, au moins autant que les insuffisances de leur candidate (manque d'aisance médiatique, connaissance récente et imparfaite des dossiers d'environnement...), les erreurs récentes du Parti vert contribuer lourdement à expliquer son score médiocre dans les sondages sur la présidentielle. En choisissant de conclure un accord avec le Parti socialiste six mois avant le premier tour, les leaders d'EELV sont apparus comme ayant succombé aux pires travers de la politique politicienne (« échange » de circonscriptions égilibles contre le maintien en service par le PS de réacteurs nucléaires que l'on continue de dénoncer verbalement).

 

Une reculade morale qui prive en même temps les électeurs d'une raison majeure de voter écologiste au premier tour : grâce à un score important, faire pression sur le(s) candidat(s) arrivé(s) en tête afin de le pousser à reprendre (au moins en partie) les propositions écologistes. Hier soir 11 avril, invité de Des Paroles et des Actes sur France 2, François Hollande a donné le coup de grâce à cet accord en indiquant que, si son volet électoral devait être respecté entre le PS et EE-LV quel que soit le score d'Eva Joly, sa composante "programmatique" ne l'engageait nullement. « Un accord, s'il a été signé entre les partis pour les circonscriptions, doit être respecté », a déclaré le candidat socialiste. « En revanche, sur le projet, ce que les Français auront voté s'ils me choisissaient comme président de la République, le projet que j'ai présenté serait le programme du gouvernement. Qu'il n'y ait aucun doute là-dessus. »

 

Dans ces conditions, à quoi bon voter vert ? Il n'est guère surprenant que nombre d'électeurs écolos aient donc choisi de voter « utile », comprenez Hollande, dès le premier tour, tandis que d'autres succombaient aux sirènes mélenchonistes ou bayrouistes...

 

A cause de cette tactique toc, Eva Joly en est réduite à implorer les électeurs de voter pour elle afin que l'accord avec le PS ne soit pas remis en cause. Ce qui - on en conviendra - n'est pas un argument très motivant pour glisser dans l'urne un bulletin aux couleurs d'EELV. Si l'on ajoute à cela les discours plus souvent politiciens qu'écolos du numéro 2 du Parti, Jean-Vincent Placé, et la certitude d'avoir toujours raison, assénée sur un ton péremptoire, de la numéro 1, Cécile Duflot, les chances d'un score honorable d'Eva Joly fondent comme neige au soleil...

 

Quant à Daniel Cohn-Bendit, il ne peut pas faire comme s'il n'était pour rien dans cette triste situation, puisqu'il compte parmi ceux qui sont allés chercher Eva Joly pour les élections européennes de 2009, puis qui ont poussé à sa candidature présidentielle en 2010. Depuis, ses volte-face ont donné le tournis : refus de s'engager clairement en faveur de l'un des candidats lors de la primaire écologiste de 2011; aveu d'avoir voté pour Eva Joly à cette primaire, car il était persuadé qu'elle serait battue jusqu'à son regret de ne pas s'être présenté à la primaire « citoyenne » du PS ; soutien peu enthousiaste à Eva Joly, couplé à l'appel de son frère Gabriel à voter Hollande dès le premier tour.

 

Certes, « Dany » a beaucoup oeuvré pour « dégauchiser » les Verts (dont la candidate Dominique Voynet était soutenue en 1995 par... la LCR) et pour les ancrer en faveur d'une Europe fédérale (thème sur lequel Eva Joly est irréprochable). Mais il faut reconnaître que les évolutions tactiques récentes des frères Cohn-Bendit n'ont pas contribué à clarifier l'image d'Europe-Ecologie-les Verts dans cette campagne.

 

Coincée entre les duos infernaux Dany/Gaby et Duflot/Placé, Eva Joly aurait-elle alors plus à craindre de ses amis que de ses ennemis et du « mépris » dont ces derniers, à entendre la candidate, font preuve à son encontre ?

 

Cet article est paru ici sur le site le + du Nouvel Observateur.

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Laurent Samuel - dans Ecologie
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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 16:22

Il convient d'adresser mille mercis à Alain Hervé pour son merveilleux petit livre Merci la Terre, qui vient de paraître aux éditions Sang de la Terre.

 

http://jne-asso.org/blogjne/wp-content/uploads/2012/04/Merci.jpg

 

Sous-titré « Nous sommes tous écologistes », Merci la Terre nous explique avec clarté et passion tout ce qu’il faut savoir sur notre planète, ses écosystèmes, ses habitants et les impacts le plus souvent catastrophiques des activités humaines. Du commencement du monde à la mort des espèces en passant par l’air, la forêt ou encore les chaînes alimentaires, chaque thème est abordé avec un texte à la fois pédagogique et poétique, et complété par quelques faits et chiffres, ainsi que des thèmes de réflexion et des suggestions pratiques.


Fondateur des Amis de la Terre en France et du magazine Le Sauvage, l’un des tous premiers dans notre pays à être consacré à l’écologie, Alain Hervé connaît son sujet sur le bout des doigts. Destiné à être diffusé dans les écoles lorsque Brice Lalonde était ministre de l’Environnement à la fin des années 1980 – projet alors bloqué par le ministère de l’Education nationale, Merci la Terre ne s’adresse pas seulement aux enfants, mais aussi aux adultes, qui y trouveront à chaque page matière à penser et pistes pour agir. Un vrai "bréviaire écolo", mais sans prêchi-prêcha politique...


Editions Sang de la Terre, 74 pages, 4,90 € – www.sangdelaterre.fr

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Laurent Samuel - dans Ecologie
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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 16:05

Le Petit Bréviaire Ecolo de Wilfrid Séjeau et Erwan Lecoeur est paru à l'automne dernier aux éditions Les Petits Matins. Ce livre donne aux écologistes un argumentaire pour répondre aux objections des sceptiques et autres récalcitrants.

http://jne-asso.org/blogjne/wp-content/uploads/2012/04/Breviaire.jpg

 

 

Une démarche a priori légitime et utile. On peut toutefois se demander si le titre retenu (même si les auteurs et l'éditeur l'ont bien sûr choisi au "second degré") ne risque pas de donner du grain à moudre à ceux qui, comme le candidat Sarkozy, rejettent les Verts comme une "secte"...

 

 

Ceux qui auront au-delà du titre trouveront au fil des pages des réponses, apportées sur un ton tonique, à des arguments, souvent entendus lors d’un dîner entre amis ou d’une réunion de famille, tels que « Vous n’êtes pas crédible pour exercer le pouvoir », « ça ne sert à rien de voter pour vous » ou « l’écologie, c’est un truc pour les riches ».


 Hélas, les auteurs (dont l’un est conseiller régional de Bourgogne) se contentent trop souvent de dérouler paresseusement et en longueur le programme d’Europe-Ecologie-les Verts. Ce livre servira davantage aux convaincus pour affûter leurs arguments qu’aux « mécréants », qui n’y verront que la répétition d’un catéchisme. La "secte", qu'ils disaient...

 

 

Editions les Petits Matins, 160 pages, 6 € – www.lespetitsmatins.fr

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Laurent Samuel - dans Ecologie
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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 16:03

  Dominique Bidou était le 27 février dernier le premier invité du Cercle de lecture de Media Ppeps, au café Le Bon Pêcheur (Paris). En introduction aux débats, il a lu quelques passages de son livre Le développement durable, l’intelligence du XXIe siècle (Editions PC). Retrouvez ci-dessous des extraits en vidéo.

 

 

 

 


 

 


 

 


 

 


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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 15:48

Recenser, coordonner, valoriser, faire connaître les bibliothèques et autres centres possédant des livres, documents, films et archives audio-visuelles sur l'écologie et son histoire : tel est l'objectif du Réseau Mémoire de l'Environnement (RME).

http://reseaumemoireenvironnement.files.wordpress.com/2011/12/logo-rme001.jpg

 

Le RME est issu du Projet Mémoire de l'Environnement lancé en 2001, dont le but, défini dans un Manifeste pour une culture de l'environnement, était d' « identifier un certain nombre de centres et évaluer leurs contenus », et, au-delà, d'« appeler à constituer une mémoire vivante (de l'environnement NDLR) permettant d’appuyer les actions du présent pour construire un futur viable, vivable ».


Le RME est né sur ces bases, fin 2003, sous l'impulsion de Dominique Allan Michaud, chercheur en sciences sociales (Centre BioGéo, UMR 180 CNRS/ENS) et auteur de nombreux livres sur l'écologie et son histoire. Serge Antoine, Sara Desessard (ethnologue et documentaliste en sciences sociales, auteur de l'enquête sur les fonds documentaires), Michel Giran, Ben Lefetey (ancien directeur des Amis de la Terre France), Nicole Tran-Minh (responsable de la bibliothèque historique du CIRAD), Pierre Vigreux (ingénieur agronome et historien) et l'auteur de ces lignes (aujourd'hui secrétaire général du RME) figurent dans le petit groupe de départ. Ainsi que Roland de Miller, dont le projet de Bibliothèque de l'écologie sur la base du fonds de plus de 35 000 ouvrages rassemblé à Gap, dans les Alpes-de-Haute-Provence, mobilise alors les énergies.


« Nous n’appelons pas à créer la Très Grande Bibliothèque de l’Environnement », prévient  Dominique Allan Michaud. Le premier objectif du RME est la « mise en interrelation » des bibliothèques et centres de documentation sur l'environnement et « l'interconnexion de leurs fonds ». Aujourd'hui, le RME rassemble pas moins de 23 centres, pour un total d'1 million de documents. Parmi eux, on compte de grands établissements publics (AgroParisTech, Archives nationales, CIRAD, UniverScience...), ainsi que des associations (Centres d’animation parisiens Abbesses-La Chapelle, Collectif Coopérations Natures Sociétés, 4D...). En particulier, le RME contribue aux archives du Centre international de recherches sur l’écologie du Musée du Vivant, dirigé par Laurent Gervereau dans le cadre d'AgroParisTech. Conscient de la dimension transfrontières de l'écologie, le RME participe aussi à des réseaux internationaux comme Histecologia ou l'International Ecology Archives Network.


Parallèlement, le RME s'emploie à faire connaître la « mémoire vivante » de l'écologie. Ainsi, des entretiens filmés ont été réalisés en collaboration avec divers partenaires avec des pionniers de l'écologie comme Jean Carlier, Philippe Saint-Marc, Gisèle Chaleyat (doyenne des Verts de Paris), ou des grands témoins comme Charlotte Dumont-Paquet, veuve de René Dumont. Ces entretiens sont mis en ligne sur le site internet du Réseau, créé en 2011. Ce site publie également des analyses sur l'histoire de l'écologie et son actualité, vue dans une perspective historique. La démarche du RME se veut complémentaire de celle de l’Association pour l’Histoire de la Protection de la Nature et de l’Environnement (AHPNE), constituée fin 2008 et plus axée sur la mouvance naturaliste.


Soucieux de promouvoir une culture de l'écologie, le RME est co-organisateur du Festival du livre et de la presse d'écologie de Paris, qui fête son 10e anniversaire en 2012, et organise (avec des partenaires comme le centre d’animation des Abbesses et le Collectif Coopérations Natures Sociétés) des projections de films tels que Aigoual, la Forêt Retrouvée, ou, le 15 mars prochain à Brétigny, Into Eternity, poignant documentaire sur les déchets nucléaires. Parrainé par une centaine de personnalités, dont de nombreux scientifiques, et subventionné en particulier par la Ville de Paris, le RME a choisi de rester une structure légère, animé par des bénévoles. Une démarche très écologique en somme, qui privilégie le développement de réseaux plutôt que la constitution de lourdes organisations...

 

 

Le site du RME

http://reseaumemoireenvironnement.wordpress.com/


Le site du Musée du Vivant

http://docpatrimoine.agroparistech.fr/spip.php?page=rubrique_main&id_rubrique=2


Le site de l'AHPNE

http://ahpne.espaces-naturels.fr/


Le site d'Histecologia

http://histecologia.net/

 

Cet article a été publié dans le N° 9 (février 2012) de la lettre Options Futurs, que vous pouvez télécharger sur le site de Gaia Network.

 

 

 

 

 

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 13:45

Ceux de Malevil est une superbe pièce adaptée du roman de Robert Merle. A découvrir jusqu'au 13 mai 2012 à la Folie Théâtre, dans le 11e arrondissement de Paris.


ceux-de-malevil.jpg


Publié en 1972, Malevil se présente comme une fable réaliste sur les difficultés rencontrées par les survivants après un holocauste nucléaire (même si la nature de la catastrophe n'est jamais précisée), confrontés aux réalités d’un monde ravagé par la violence.



Un an après l'accident de Fukushima, comment ne pas se passionner pour le sort de ces survivants d'une catastrophe nucléaire?


A la Folie Théâtre

6 rue de la Folie-Méricourt
75011 Paris
Jusqu'au 13 mai 2012
Jeudis, vendredis, samedis à 22 h, dimanches à 18 h



http://www.compagniedesbarriques.com/ceux-de-malevil




Contact Presse
Florian Pierre
florian.diffusion@gmail.com
06 03 98 95 89

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 09:05

Connaissez-vous le syndrome de la référence changeante ? Philippe J. Dubois nous le fait découvrir dans son livre La Grande amnésie écologique (éditions Delachaux et Niestlé).

 http://jne-asso.org/blogjne/wp-content/uploads/2012/03/Amnesie.jpg

Dans ce petit livre tonique, Philippe J. Dubois, ornithologue et ingénieur écologue, nous alerte sur un nouveau concept qui fait des ravages dans le domaine de l'évaluation du recul de la biodiversité : le syndrome de la référence changeante, ou shifting baseline syndrome.

En clair : chaque génération de chercheurs a tendance à considérer comme « point zéro » l'état de la population au début de sa carrière, qu'il s'agisse des hirondelles en Ile-de-France ou des morues en Atlantique. La baisse globale des « stocks » est ainsi gravement sous-estimée.

 

Plus généralement, Philippe J. Dubois dénonce notre manque de mémoire sur les « richesses passées » de la biodiversité. Une « grande amnésie » qui se manifeste aussi par le peu d'attention et de moyens accordés à l'éducation à la nature dans notre pays.

Regrettant que le concept de biodiversité tarde à percer dans le grand public, Philippe J. Dubois conclut par un appel, moins original que le reste du livre, à une « (r)évolution écologique », dont la mémoire de l'environnement serait l'un des piliers.

 

Editions Delachaux et Niestlé, 128 pages, 12,90 euros

http://www.delachaux-niestle.com/

 

Cette critique est parue sur le site des JNE.


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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 09:43

Il est de bon ton (y compris du côté d'Eva Joly et de ses amis) d'expliquer par la crise, qui aurait fait reculer les préoccupations d'environnement dans l'opinion, la quasi-absence de l'écologie dans la campagne présidentielle. Une lecture attentive du récent Baromètre de l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) sur la perception des risques et la sécurité conduit pourtant à nuancer cette analyse.

 


 

Certes, en 2011, seuls 21 % des Français placent l'environnement en tête des risques qu'ils redoutent, contre 31 % en 2010. Mais l'IRSN précise :  "D’autres questions du Baromètre montrent aussi la sensibilité persistante des Français lorsqu’on aborde des problématiques précises affectant leur environnement. Ainsi, environ 60 % jugent les risques liés aux pesticides élevés, tout comme ceux liés aux pollutions des lacs, des rivières et des mers, de l’air ou des sols."

 

Autre preuve de l'intérêt persistant des Français pour l'environnement : selon un sondage réalisé les 2 et 3 mars par Ipsos-Logica Business Consulting pour Le Monde, France Télévisions et Radio France, 62 % d'entre eux jugent que l'on "ne parle pas assez" d'environnement dans l'actuelle campagne présidentielle, derrière le logement  et les retraites (73 %), mais devant le chômage et l'emploi (59 %) ou l'insécurité (53 %). Bref, la crise a bon dos...

 

Alors, pourquoi le sujet est-il si peu présent ? La responsabilité en incombe d'abord aux journalistes politiques, qui, dans toutes les récentes émissions politiques en prime-time (Des paroles et des actes sur France 2, Parole de candidat sur TF1), n'ont jamais posé la moindre question sur le climat, l'énergie ou la biodiversité.

 

Pourrait-on imaginer que, de même que l'excellent François Lenglet remet les pendules des candidats à l'heure sur l'économie, des journalistes spécialisés en environnement soient parfois conviés à participer à ces émissions ?

 

Mais si le système médiatique doit être mis en cause, les "grands" candidats ont aussi leur part de responsabilité. Car ni Nicolas Sarkozy (sauf pour défendre le nucléaire), ni François Hollande, ni François Bayrou, sans parler de Marine Le Pen, n'abordent jamais spontanément les sujets d'environnement. Le sujet n'est évoqué que devant les "écolos", ou alors sous-traité à des spécialistes souvent issus de la mouvance écologiste.

 

 

Enfin, et peut-être surtout, la portion congrue réservée à l'écologie dans la campagne s'explique par la stratégie dingo du parti Europe-Ecologie-les Verts, qui a cru bon de signer un accord avec le Parti socialiste dès avant le 1er tour.

 

Dès lors, la principale motivation d'un vote écologiste au 1er tour - obtenir un maximum de concessions de la part du candidat socialiste grâce à un pourcentage élevé - a fondu comme neige au soleil. Les leaders Verts en sont réduits aujourd'hui à implorer leurs électeurs à voter pour leur candidate, afin que le PS respecte l'accord signé... Pathétique !

 

Ajoutez à cela le choix désolant (par réflexe conditionné anti-Hulot) d'une candidate, Eva Joly, qui passe particulièrement mal à la télé (les journalistes d'environnement étaient stupéfaits en février de la découvrir bien plus convaincante en petit comité que sur le petit écran) et, malgré des efforts méritoires, maîtrise imparfaitement les sujets d'environnement. Au point de répéter mot pour mot le même argumentaire sur le nucléaire d'un plateau télé à l'autre...

 

Alors, sauf si Corinne Lepage, tellement plus claire et compétente qu'Eva Joly, parvient in extremis à rassembler ses 500 signatures et bouscule la campagne officielle, ou si Jean-Luc Mélenchon se décide à mettre la "planification écologique" au coeur de son discours, il va falloir se résigner : en 2012, l'élection présidentielle, située pourtant quelques semaines avant le sommet mondial Rio+20 sur l'environnement (dont aucun candidat ne parle jamais !), n'aura guère plus abordé les questions d'écologie que celle de... 1965, pendant laquelle, après la tentative infructueuse du pionnier antinucléaire Jean Pignero de réunir les signatures de maires (100 à l'époque), le sénateur centriste Pierre Marcilhacy avait été le premier à parler de la pollution de l'eau et de l'air devant micros et caméras... 

 

Cet article a été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

 

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 10:06

Voici une version réactualisée, en date du 4 mars 2012, de cet article qui, comme me l'a fait remarquer un lecteur, était lui-même fâché avec l'arithmétique dans sa première mouture ! Une réduction de la part du nucléaire de 75 % à 50 % équivaut en effet à une réduction, non pas de moitié, mais d'un tiers.

 

La proposition de François Hollande de faire passer la part d'électricité nucléaire de 75 % à 50 % d'ici à 2025 après avoir fermé Fessenheim durant la mandature 2012-2017 s'est attirée l'hostilité tant de l'UMP, qui accuse sans nuances le candidat PS de vouloir "brader" ce trésor national que constituerait l'industrie nucléaire, que des Verts, pour qui il n'est point de salut hors de la sortie du nucléaire.

Du coup, personne ne s'est bousculé pour évaluer la logique interne du plan Hollande. Pourtant, il n'y a pas besoin de sortir de Polytechnique pour saisir qu'il est quasiment impossible de fermer d'ici à 2025 un tiers de notre parc de 58 réacteurs, soit 19 à 20 réacteurs, en n'en arrêtant que deux (ceux de Fessenheim) d'ici à 2017. Cela supposerait de fermer quelque 18 réacteurs dans les 8 années séparant 2017 de 2025, soit 2,25 par an. Mais peut-être François Hollande table-t-il sur une baisse de la consommation... Paradoxalement, le rythme proposé par le candidat socialiste serait presque aussi élevé que celui proposé par les écologistes pour une sortie du nucléaire en 25 ans, soit 2,3 réacteurs fermés par an, si cet effort est réparti également tout au long de la période afin de permettre aux économies d'énergie de se développer et aux énergies renouvelables de monter en puissance.

 

On peut aussi se demander pourquoi le candidat socialiste se focalise sur Fessenheim, alors que, selon le récent rapport de l'Autorité de sûreté nucléaire, d'autres réacteurs, comme ceux du Blayais, présentent des risques comparables.

 

Alors, François Hollande a sans doute voulu ménager la chèvre écolo (en lui faisant valoir que, contrairement à Sarkozy, il réduirait la part de l'atome) et le chou nucléocrate (en ne fermant qu'une centrale de deux réacteurs en cinq ans et en poursuivant l'EPR). Mais, en essayant de satisfaire tout le monde, il a sans doute obtenu l'inverse du résultat recherché, puisqu'il s'attire les foudres à la fois des nucléophiles et des nucléophobes...

 

Cet article a d'abord été publié sur le site le + du Nouvel Obs.

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Laurent Samuel - dans Ecologie
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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 10:25

Dominique Bidou, qui vient de publier Le Développement durable, intelligence du XXIe siècle aux éditions PC (lire ma critique ici), sera l'invité du Cercle de lecture de Media Pep's le lundi 27 février prochain à 18 h 30, au Bon Pêcheur, rue Pierre Lescot, Paris 1er. Venez nombreux !

 

 cercle de lecture jpg

 

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Laurent Samuel - dans Ecologie
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