Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 09:25

Grâce à leur « délégation » d'une quinzaine de journalistes de médias très divers (Le Monde, Libération, les Echos, France-Culture, mais aussi la Vie, Politis, Basta !, Gaïa Network ou encore la Gazette du Nord-Pas-de-Calais), les JNE (Association des journalistes et écrivains pour la nature et l'écologie) vous feront vivre dès ce week-end les rebondissements du Sommet Rio+20 sur l'environnement et le développement.

http://www.un.org/News/dh/photos/large/2011/November/RIO+20_Logo_FVL_Fr.jpg

 


 

Vous pouvez les retrouver sur le site des JNE,

 

ainsi que sur la page spéciale Facebook (accessible aux non inscrits à ce réseau social) mise en place à cette occasion.

Repost 0
Laurent SAMUEL - dans Ecologie
commenter cet article
12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 10:02

Lettre ouverte à François Hollande

 
Le XXI siècle est bien entamé, et pourtant les références du passé, celles de la révolution industrielle, dominent toujours. Si nous voulons que nos enfants vivent mieux que nous, un changement profond doit être entrepris. Une logique guide cette transformation : obtenir deux fois plus de bien-être, en consommant deux fois moins de ressources. C’est sous cette forme d’équation positive que doit se lire le célèbre « facteur 4 ». La croissance de demain sera celle du bien-être et de la qualité de la vie.
L’humanité est parvenue à la fin d’un cycle, celui d’un « toujours plus » fondé sur la poursuite effrénée des prélèvements dans l’environnement. Nous savons que cette voie de développement mène à l’impasse. Il faut en trouver une nouvelle, au lieu de tenter, par tous les moyens, de faire perdurer l’ancienne. «Les problèmes importants qui sont devant nous ne peuvent être résolus par le genre de pensée qui les a créés» nous a appris Albert Einstein. Une autre croissance est possible, fondée sur la capacité humaine à valoriser les merveilles que nous offre encore la planète. Créativité, sensibilité, ingéniosité, innovation, écoute, échanges, solidarité, respect du vivant, doivent être les fils conducteurs dans le choix des techniques et dans les modes d’organisations sociales.


Nos sociétés vont vivre une mutation profonde. Il convient de mener à bien la transition entre un monde qui approche les limites de sa capacité de production, et un monde ayant trouvé un nouvel équilibre. Il reposera sur deux principes : efficacité et solidarité.


Efficacité, à savoir tirer tout le profit possible, en termes de service rendu, de la moindre unité de ressource produite par la planète, pour faire baisser la pression sur l’environnement, renforcer la productivité des milieux, réduire nos rejets dans l’air, les eaux et les sols.


Solidarité pour assurer à chaque être humain un accès équitable à ces ressources, et permettre à chacun d’apporter sa contribution au développement de l’humanité.


Dans ces deux domaines, la vieille Europe a une longueur d’avance. Pauvre en matières premières, elle a cherché depuis longtemps à les économiser. Elle a développé une culture de l’efficacité et de la performance dans l’utilisation et la protection des ressources. Elle continue à en chercher ailleurs dans des conditions parfois douteuses, comme le pétrole et l’uranium, et aussi les poissons pour notre alimentation (bien que la France soit la deuxième puissance maritime au monde, nous importons plus de la moitié des poissons que nous mangeons, et cette proportion va toujours croissant), mais elle a aussi développé une culture de l’efficacité et du recyclage. Elle peut évidemment mieux faire car elle dispose d’un authentique ferment culturel et de nombreux savoir-faire.


Pour la solidarité, les différents pays d’Europe ont développé, chacun à leur manière, des organisations sociales, familiales et de santé très performantes, même si elles sont souvent attaquées. Ajoutons les nombreuses ONG et autres agences de solidarité Nord Sud.


Ce sont là nos atouts pour changer d’époque, et entrer dans le monde de demain. Le futur « pacte de croissance », et le message que vous délivrerez, au nom de la France, au sommet Rio+20, doivent traduire ce changement de cap historique, au sens plein du terme.


Il faut faire un pari sur l’Homme et sa capacité de « métamorphose ». Monsieur le Président, Le changement durable, c’est maintenant !


A l’aube de votre quinquennat il vous revient de négocier un virage exemplaire. C’est là que vous avez rendez-vous avec l’Histoire.

 

 

Premiers signataires :
Alain Hervé,
Franck Laval, président d’Ecologie sans frontières, initiateur du Grenelle
Chantal et Alain Mamou Mani, écologistes, auteurs de “la Vie en vert”
Sophie Chauveau, écrivain
Gérard Sournia, ancien Directeur de l’UICN en France et en Afrique francophone
Nicole Aussedat, campainer en biodiversité marine
Dominique Drouet, Directeur, RDI Consultant
Bertrand Charrier, Ecologiste et Développeur international
Edwin Matthews, Avocat au barreau de New York
Pascal Tourbe, ancien secrétaire général des Amis de la Terre
Laurent Samuel, journaliste
Denis Serre, écrivain
Maryse Lapergue, journaliste, ex conseillère régionale GE
Marc Ambroise-Rendu, Ancien journaliste de l’environnement au “Monde”, président d’honneur  d’Ile-de-France Environnement
Dominique Bidou, Consultant en développement durable, ancien directeur au ministère de l’Environnement
Laurent Boyer, ancien Conseiller –verts- de Paris 6e
Isabelle Lesens, journaliste, spécialiste des politiques cyclables.
Dominique Martin-Ferrari, réalisatrice
Dominique Dussart, maire-adjointe, EELV
Gaudérique Delcasso, membre du Directoire Tourisme et Nature de FNE
Didier Lenoir, ingénieur et urbaniste, vice-président du CLER
Maryse Taouss, artiste-peintre
Nicolas Desplats, président d’une association environnement-insertion
Amy Dahan, Directrice de Recherche
Cédric Philibert, économiste de l’énergie
Catherine de Verdière, directrice générale de Bonnel Conseils Associés, cabinet de Conseil en Ressources Humaines et engagée pour sa profession dans la lutte contre les discriminations.
Yves-Bruno Civel, expert énergies renouvelables

Philippe Germa

 

Retrouvez cet appel et ses suites ici sur le blog Métamorphose.

Métamorphose ?

Comme le dit Edgar Morin, « Le système Terre est incapable de s’organiser pour traiter ses problèmes vitaux », et une métamorphose est nécessaire si l’on veut éviter la « désintégration[1] ».

Ce blog reprend cet impératif de “métamorphose”, proposé au nouveau président de la République comme ligne de conduite pour sortir des crises “par le haut”.


[1] Eloge de la métamorphose, Point de vue d’Edgar Morin, LE MONDE | 09.01.10 |

Repost 0
9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 11:10

Quelle place pour l’écologie dans la politique qui sera engagée par le Président François Hollande ?

http://avechollande.fr/wp-content/themes/avechollande2/images/campagne-jeunes-hollande-ecolo.jpg

 

Pour en avoir une idée, beaucoup guetteront le nombre et le rang des ministères accordés au Parti vert (lire ici les conseils de l’ex-ministre Dominique Voynet à ses amis), ainsi que le nom de son (ou sa) ministre de l’Ecologie. Sans doute seraient-ils plus avisés de s’intéresser avant tout à l’identité et à la feuille de route du futur Premier(e) ministre. Invité le 28 janvier à Montreuil (Seine-Saint-Denis) au Congrès de France Nature Environnement (FNE), celui qui n’était encore que le candidat socialiste avait en effet annoncé, sans que cela suscite alors beaucoup de commentaires, qu’il chargerait son Premier ministre de piloter la « transition écologique ». Le « profil » du (de la) futur(e) locataire de Matignon, et son intérêt éventuel pour les questions d’environnement constitueront donc des indices importants.

 

Mais le point décisif sera la place assignée à cette « transition écologique » dans l’agenda du Premier ministre. Celle-ci sera-t-elle mise en avant comme un moyen privilégié de créer des emplois et de résoudre la crise économique, ou reléguée comme un objectif secondaire ? L’engagement, pris par François Hollande devant les militants de FNE, de demander au Premier ministre de fixer à chacun des membres de son gouvernement une « feuille de route » relative à l’action de son ministère pour la « transition écologique » constituerait aussi une avancée décisive, car il forcerait tous les ministères, y compris les plus rétifs à l’environnement, à « s’écologiser ».

.

Un autre point important concerne l’architecture gouvernementale. Le Premier ministre gérera-t-il « en direct » tout ou partie des dossiers d’environnement, ou laissera-t-il une large latitude au ministre de l’écologie ? Le « grand » ministère de l’Ecologie que Jean-Louis Borloo avait constitué sera-t-il conservé ? Intégrera-t-il des secteurs liés à l’environnement comme l’énergie, voire la santé ou l’agriculture… ? L’écologie reviendra-t-elle à la deuxième place dans l’ordre protocolaire des ministres, comme elle l’était à l’époque – pas si lointaine – de Jean-Louis Borloo ?

.

Le nouveau Président et son équipe gouvernementale devront en tout cas affronter dès leur entrée en fonctions quelques dossiers « chauds » relatifs à l’environnement. En particulier, François Hollande mettra-t-il au panier les projets d’arrêtés autorisant de tirer sur des loups, qui suscitent la colère des défenseurs de la nature ? La nouvelle équipe devra aussi décider si le Sommet Rio+20, qui se tient du 20 au 22 juin prochain, relève du domaine présidentiel ou ministériel. En clair : le Président Hollande se rendra-t-il en personne au Brésil, ce qui serait une façon de marquer l’engagement de la France pour le succès de cette conférence, ou se contentera-t-il d’y envoyer le Premier ministre, voire le ministre de l’Ecologie ? Point de clivage entre socialistes et écologistes, la question du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, vient, quant à elle, d’être provisoirement réglée grâce à l’engagement des collectivités locales de ne pas procéder à des expropriations tant que les recours en justice n’auront pas été épuisés (voir cet article du Monde).

.

 

Dans les mois suivants, la crédibilité de François Hollande en faveur de l’écologie se mesurera surtout à la réussite du « dialogue environnemental » promis lors du congrès de FNE. « Notre philosophie est de placer le dialogue environnemental au même niveau que le dialogue social », explique Marie-Hélène Aubert, l’un des noms les plus cités (avec Cécile Duflot) pour le poste de ministre de l’Ecologie, dans le Monde du 9 mai 2012. « C’est pourquoi nous organiserons une « Conférence environnementale » à six : les cinq du Grenelle (Etat, ONG, syndicats, collectivités locales, entreprises), auxquels viendront se joindre des représentants du Parlement, car le lien avec les élus a été un des problèmes dans la mise en œuvre du Grenelle. Nous souhaitons aussi établir une régionalisation du processus de dialogue, ajoute cette ancienne Verte passée au Parti socialiste. Il faut sortir des réunions de salon dans les ministères et traiter plutôt de ces problématiques au niveau des régions qui ont toutes leurs spécificités. »

.

Enfin, le Président Hollande sera attendu au tournant sur le « grand débat citoyen » qu’il a promis sur l’énergie. « François Hollande a fait de la transition énergétique un enjeu prioritaire », confirme Marie-Hélène Aubert. « C’est la première étape que nous mènerons au sein de la Conférence environnementale. Le nucléaire, qui avait été exclu des sujets du Grenelle, y sera traité. Concrètement, le débat sur l’énergie devrait être lancé à l’automne et durera au moins six mois. Il donnera lieu à une loi votée au printemps 2013. Il nous faut d’abord constituer un comité national organisateur dont l’indépendance ne pourra pas être contestée, et qui recevra une lettre de mission précise. »

 

.

Ce louable souci de débat risque toutefois de tourner au dialogue de sourds si certaines orientations (notamment sur le nucléaire) sont affichées comme intangibles. Et il ne doit pas être un prétexte pour retarder des décisions urgentes, comme, par exemple, l’adoption de règles stables et incitatives pour favoriser les énergies renouvelables. Si la transition écologique se fait trop attendre, gare (comme le dit malicieusement mon confrère Marc Giraud) hollandemains qui déchantent…

 

Cet article a été publié en éditorial sur le site des JNE.

Repost 0
Laurent SAMUEL - dans Ecologie
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:48

 

En près de trois heures de débat le 2 mai dernier, aucun des deux candidats du second tour de l'élection présidentielle n'a prononcé les mots "écologie", "changement climatique" ou "biodiversité". Ni François Hollande, ni Nicolas Sarkozy n'ont évoqué ces sujets capitaux pour notre avenir et celui de nos enfants que sont la pollution de l'air et de l'eau ou la qualité de nos aliments.


 

On avait déjà eu un avant-goût de cet "oubli" des deux finalistes en lisant leurs professions de foi reçues par chaque électeur dans sa boîte aux lettres : l'écologie n'y est évoquée chez le président sortant qu'à travers une référence à la "mutation écologique", tandis que le candidat de la gauche évoque (nuance ?) la "transition écologique" et cite "les écologistes, dont la mobilisation est indispensable", dans le "vaste" rassemblement qu'il souhaite construire. De part et d'autre, le vide est donc abyssal sur ces enjeux cruciaux.

 

Seule "passe d'armes" relative à l'écologie : le nucléaire

 

En 2007, Nicolas Hulot avait réussi, grâce au Pacte écologique porté par les grandes ONG environnementales, à placer l'écologie au cœur de la campagne. Ségolène Royal, forte de son action pour l'écologie en Charente-Poitou, mais aussi Nicolas Sarkozy, avaient souvent évoqué ces sujets. Rien de tel en 2012, où la conjonction de la crise économique et d'une stratégie calamiteuse des Verts (voir mon billet ici) a relégué l'écologie aux oubliettes de la campagne.

 

Au cours du débat Hollande-Sarkozy, la seule "passe d'armes" relative à l'écologie a concerné le nucléaire. David Pujadas, dans un des rares actes d'autorité de journalistes réduits le plus souvent au rôle de passeurs de plats, ayant empêché plus tôt dans la soirée François Hollande de répondre à Nicolas Sarkozy qui l'accusait faussement de vouloir sortir du nucléaire, cet échange musclé (à voir ou revoir ici) n'est intervenu que peu après 23 heures, à un moment où beaucoup de télespectateurs avaient déjà décroché.

 

 

 

Pourquoi cette centrale et pas les autres ?

 

François Hollande a saisi l'occasion pour réaffirmer qu'il ne fermerait qu'une seule centrale, celle de Fessenheim (deux réacteurs) au cours de son quinquennat, répliquant ainsi à la position caricaturale de Nicolas Sarkozy qui en faisait un antinucléaire pur et dur. Mais il n'a pas répondu à l'objection du président sortant : pourquoi cette centrale et pas les autres ? Et cela d'autant plus que, contrairement à ce que le candidat de la gauche a laissé entendre, Fessenheim n'est pas la seule centrale nucléaire située en zone sismique. Selon l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire), Bugey, Saint-Alban, Cruas et Tricastin s'y trouvent aussi.

 

En fait, comme l'explique Hervé Kempf dans un article du "Monde", François Hollande prévoit la fermeture des réacteurs atteignant l'âge de 40 ans, ce qui sera le cas pour Fessenheim en 2017, date fixée par le candidat de la gauche, et pour 22 autres réacteurs entre 2017 et 2022. Nicolas Sarkozy, de son côté, retient la prolongation à 60 ans de la "vie" des réacteurs. Il s'appuie sur le rapport de la Commission Energie 2050 remis en février au ministre de l'Industrie, Eric Besson, selon lequel "cette option s'avère de loin la moins coûteuse en termes d'investissements jusqu'à 2035-2040 (...). Et c'est elle qui permet de produire les kWh les moins coûteux."

 

Outre la réduction (prudente et progressive) de la part du nucléaire (50 % en 2025, contre 75 % actuellement), le programme de François Hollande se distingue aussi de celui de Nicolas Sarkozy par une inflexion plus appuyée (au moins dans les intentions...) en faveur de la "transition énergétique". François Brottes, son conseiller à l'énergie, explique à Hervé Kempf : "Pour convaincre tout le monde que c'est nécessaire, il y aura un grand débat sur l'énergie - avec une mobilisation forte sur la sobriété: une clé de la transition est l'économie d'énergie. Une autre est la montée en puissance des énergies renouvelables." Pour mémoire, François Mitterrand avait déjà promis en 1981 un "grand débat" sur l'énergie, qui fut réduit à la portion congrue...

 

Sarkozy gonfle son bilan

 

Pour le reste, Nicolas Sarkozy a gonflé le bilan de son quinquennat sur les éoliennes, parlant d'une multiplication par 4, alors que les chiffres officiels (selon le Véritomètre Owni-ITélé) ne font état que d'une multiplication par 2,27 de la production d'électricité obtenue grâce au vent.

 

De même, son affirmation selon laquelle le consommateur français paierait, grâce à notre parc nucléaire, son électricité 35 % moins cher que la moyenne européenne se révèle, toujours selon le Véritomètre Owni-ITélé, très exagérée. Sans compter que le prix du kilowatt-heure nucléaire n'intègre pas pleinement les coûts du traitement des déchets radioactifs et du démantèlement des installations...

 

Reste que, comme le reconnaît Hervé Kempf, les engagements pris par le gouvernement sortant en matière d'économies d'énergie et d'énergies renouvelables ne sont pas négligeables :

 

"Le gouvernement a adopté en décembre dernier un plan d'efficacité énergétique visant une diminution des consommations d'énergie à l'horizon 2020 comprise entre 19,7% et 21,4%. La part des énergies renouvelables est par ailleurs appelée à monter en puissance dans la lignée des objectifs européens (20% de la consommation d'énergie en 2020)."

 

Échec de la campagne d'EE-LV

 

Au cours du débat, le candidat socialiste a aussi confirmé que l'accord conclu entre Europe-Ecologie-les Verts (EE-LV) et le PS "ne l'engage pas". Affirmation de la primauté du "pacte" conclu entre le président et ses électeurs par rapport aux accords entre partis, ou façon habile de se défausser ? À chacun de juger. C'est le signe en tout cas de l'échec de la campagne d'EE-LV, dont l'infortunée Eva Joly est un trop commode bouc émissaire...

 

Au total, les engagements de François Hollande (réduction du nucléaire, priorité à la "transition énergétique") semblent plus favorables à l'environnement que ceux de Nicolas Sarkozy, qui se cantonne pour l'essentiel à la défense de son bilan dans ce domaine, pas aussi calamiteux au demeurant que certains le prétendent.

 

Mais une chose est sûre : quel que soit l'élu dimanche soir à 20 heures, les ONG écologistes devront redoubler d'efforts pour que le sort de la planète revienne enfin au cœur du débat public... et de l'action gouvernementale.

 

Pour en savoir plus sur les propositions des deux candidats sur l'énergie, vous pouvez visionner ici le débat organisé le 26 avril dernier par l'association 4D avec leurs deux représentantes, Marie-Hélène Aubert (PS) et Fabienne Keller (UMP).

 

Cet article a été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

Repost 0
Laurent SAMUEL - dans Ecologie
commenter cet article
29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 10:52

A coup sûr, la crise économique, qui fait reculer les préoccupations écologiques (mais pas tant que cela, voir mon billet ici) et le vote utile contribuent en partie à expliquer le piètre score obtenu par Eva Joly au premier tour de l'élection présidentielle.

 

A l'évidence, cette élection n'a jamais été un terrain favorable pour les écologistes, qui n'ont dépassé la barre de 5 % qu'une seule fois, en 2002, grâce au très médiatique Noël Mamère. La responsabilité des journalistes politiques des télés et radios, qui ont peu interrogé la candidate sur les thèmes écologiques, doit aussi être reconnue.

 

Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que le choix d'Eva Joly comme candidate (par réflexe anti-Hulot) n'a pas arrangé les choses. Sa connaissance récente et imparfaite des dossiers d'environnement s'est révélée à maintes reprises.

 

Je pense notamment à ce matin du 20 avril sur France Inter où elle a semblé ignorer que la ligne (contestée) à grande vitesse Lyon-Turin servirait non seulement à transporter des voyageurs, mais aussi du fret actuellement acheminé par camions.

 

Un manque criant de stratégie

 

Ce manque de crédibilité d'Eva Joly sur le "coeur de cible" environnemental a facilité la tâche de Jean-Luc Mélenchon, qui a pu ainsi vanter à loisir sa très creuse planification écologique.

 

Cela étant, les insuffisances d'Eva Joly (qu'elle a eu le mérite de reconnaître, chose rare en politique) ont sans doute moins joué dans ce revers que les positions d'Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), tant sur le plan tactique que sur le "programme".

 

Tactique d'abord. En choisissant de conclure un accord avec le Parti socialiste six mois avant le premier tour, les leaders d'EELV sont apparus comme ayant succombé aux pires travers de la politique politicienne : l'échange de circonscriptions éligibles contre le maintien en service par le PS de réacteurs nucléaires que l'on continue de dénoncer vertement.

 

Une reculade qui a privé les électeurs d'une raison majeure de voter écologiste : faire pression, grâce à un score important, sur le(s) candidat(s) arrivé(s) en tête afin de le pousser à reprendre (au moins en partie) les propositions écologistes.

 

Un programme à la louche

 

Fond ensuite. Eva Joly n'a fait que reprendre un programme globalement sympathique, mais entaché par des exagérations. Je pense notamment à la promesse de création d'un milllion d'emplois dans l'environnement, alors que les études les plus optimistes tablent sur 700 000 postes au grand maximum. Je pense aussi à son affirmation selon laquelle la légalisation du cannabis permettrait de résoudre le problème du trafic d'armes dans les banlieues...

 

De même, ses positions "communautaristes" (jours fériés pour les juifs et musulmans, défense du port du hijab par les assistantes maternelles...) se situent dans la droite ligne de celles défendues par les Verts depuis de longues années.

 

Lorsqu'Eva Joly reprend à son compte une phrase de Nathalie Arthaud décrivant Gaza comme un "camp de concentration à ciel ouvert", elle ne suscite aucun froncement de sourcils chez ses amis (à l'exception de Laurence Vichnievsky), tant l'antisionisme est largement partagé chez les Verts. Un avis largement partagé à gauche, plus prompte à dénoncer les dérapages d'en face que ceux de son propre bord politique.

 

Hélas, loin de s'interroger sur leurs responsabilités tactiques et programmatiques, les leaders écologistes semblent se livrer à des calculs d'apothicaires : leur préoccupation semble être de "sécuriser" les circonscriptions que l'accord PS/EE-LV leur réserve. Et pourquoi pas de se placer dans la course aux portefeuilles ministériels.

 

Le renouveau attendu attendra : la plupart des nouveaux arrivés aux européennes de 2009 sous la casquette Europe-Ecologie semblent en effet marginalisés. Ce n'est pas comme ça que l'on prépare l'avenir !

 

Cet article a été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

Repost 0
Laurent SAMUEL - dans Ecologie
commenter cet article
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 14:55

Au fil des nombreuses interviews radio-télé des candidats à la présidentielle, un mot n'a jamais été prononcé  :  Rio+20. Pourtant, cette conférence mondiale sur l'environnement, qui aura lieu à Rio en juin, sera l'une de toutes premières échéances diplomatiques du futur Président.

 

Une série d'entretiens mis en ligne le 17 avril 2012 par le site Actu-Environnement permet cependant d'y voir plus clair dans les positions des impétrants sur ce sujet crucial. Bilan : Eva Joly est la plus précise, suivie par François Hollande. Nicolas Sarkozy (seul à annoncer sa participation au Sommet s'il est réélu) et François Bayrou se cantonnent pour l'essentiel à soutenir la création d'une Organisation mondiale de l'environnement. Philippe Poutou et Nathalie Arthaud ne croient pas à l'utilité de telles conférences internationales. Jean-Luc Mélenchon, Jacques Cheminade et Nicolas Dupont-Aignan ne répondent pas précisément à la question posée et nous égarent avec de beaux discours. Quant à Marine le Pen, elle a carrément refusé de répondre, et, selon Google, ne semble pas s'être exprimée sur Rio+20.

 

Eva Joly, la candidate écologiste, plaide pour une attitude offensive de la diplomatie française : « Si je suis élue présidente de la République, je ferai tout pour que la France porte une voix forte au sein de Rio +20 aux côtés de ses partenaires européens car c'est un rendez-vous crucial pour l'avenir de notre planète. Il faut notamment que des objectifs clairs soient fixés à l'horizon 2022 et non 2030 pour dépasser l'idéologie de la croissance et du profit financier et que ceux-ci soient assortis d'engagements contraignants, afin que l'on puisse en assurer le suivi et l'évaluation. Un statut juridique pour les biens publics mondiaux et biens communs devrait également être créé, de même qu'une fiscalité environnementale pour l'ensemble des pays de la planète, une taxation des flux financiers dédiée à un fonds environnemental et bien sûr une Organisation mondiale de l'environnement (OME) sous égide des Nations Unies. Les décisions de l'OME seraient opposables à l'OMC afin d'influer sur le commerce mondial.
Si j'étais élue présidente, je mettrais également tout en œuvre pour appuyer la création d'un Tribunal international de justice climatique fonctionnant sur le modèle de la Cour de La Haye, ainsi qu'au sein de la Cour Pénale Internationale, une chambre spécialisée sur les crimes environnementaux. »

 

Toujours sur Actu-Environnement, Jean-Luc Mélenchon reste dans les généralités : « La France s'engagera pour de nouvelles relations internationales fondées sur le respect des souverainetés populaires, sur des coopérations mutuellement profitables entre les peuples, sur la primauté des normes sociales et environnementales sur celles de la finance et du commerce. La France impulsera les politiques de coopération scientifique et universitaire internationale par la mise en commun et le partage en libre accès des compétences et des ressources et par des budgets soutenants les missions internationales des chercheurs et enseignants chercheurs.

Nous agirons pour la souveraineté monétaire et financière des peuples, pour un commerce équitable fondé sur des normes sociales et environnementales exigeantes.»

 

François Hollande est plus précis que son concurrent du Front de Gauche : « Rio+20 doit être l'occasion de faire un bilan des progrès réalisés, identifier les enjeux prioritaires et établir un plan d'action. Je soutiendrai en particulier la création d'une Organisation mondiale de l'environnement dont le rôle sera, entre autres, d'uniformiser les normes environnementales au niveau mondial, de faire un bilan de l'état des ressources naturelles dans chaque pays et de lutter contre le dumping environnemental. Je porterai également un engagement fort pour l'économie verte, et une transition de notre modèle de développement vers beaucoup plus de durabilité et de solidarité planétaire. Les questions d'environnement et de développement durable pour tous doivent être liées.

Je réactiverai la solidarité internationale en plaçant l'eau au cœur des politiques de coopération et porterai, à la Conférence des Nations Unies à Rio en juin 2012, l'idée de créer une agence mondiale de l'eau.»

 

 

Nicolas Sarkozy affirme : « La gouvernance mondiale n'est pas encore totalement adaptée aux enjeux du développement durable. D'où la proposition d'une organisation mondiale de l'environnement que je porte depuis le début de mon quinquennat. J'entends poursuivre la promotion de cette idée à l'égard du reste du monde lors du Sommet Rio+20 de juin 2012, où je me rendrai dès la fin du sommet du G20 au Mexique des 18 et 19 juin, si les Français m'en donnent le mandat. »

 

François Bayrou indique : « je compte prendre la tête de la revendication pour la création, sous l'égide de l'ONU, d'une Organisation mondiale de l'environnement et d'une autorité internationale pour gérer le destin des océans et pôles ». Mais, sur son site de campagne, Rio+20 est inconnu au bataillon.

 

Marine le Pen est la seule à ne pas avoir répondu à Actu-Environnement. Selon le site Débats 2012, elle n'a pas abordé la question de la gouvernance mondiale de l'environnement.

 

Philippe Poutou ne croit pas à la conférence officielle, mais mise sur le contre-sommet : « lors du sommet Rio+20, il est nécessaire que s’expriment des voies contestant l’économie verte, enjeu officiel du sommet, qui n’est en réalité qu’un moyen de repeindre en vert le capitalisme et de favoriser de nouveaux secteurs de l’économiemondiale. La croissance verte n’est pas notre objectif. Nous cherchons au contraire à favoriser des alliances visant à assurer les droits des peuples, en particulier ceux qui sont les premières victimes des catastrophes climatiques et des politiques néolibérales. Un fonds mondial de solidarité pour faire face aux changements climatiques doit ainsi être abondé plus fortement qu’actuellement et sans ingérences des institutions monétaires internationales. »

 

Nathalie Arthaud est sur la même ligne que son concurrent trostkiste : « Depuis maintenant plusieurs décennies, les conférences internationales consacrées au climat ou à l'environnement se succèdent sans qu'il n'en sorte autre chose que de beaux discours, des vœux pieux ou des mécanismes inopérants comme le système des quotas d'émissions de CO2, voire de mesures qui se retournent contre la fraction la plus pauvre de la population en augmentant les taxes. Il en ira de même de cette conférence des Nations Unies pour le développement durable, dénommée "Rio +20" », martèle-t-elle en réponse à Actu-Environnement.

 

Sur ce même site, Jacques Cheminade botte en touche en attaquant le "catastrophisme climatique" : « La France doit défendre au niveau international ce que j'entends mettre en œuvre chez nous et en Afrique. Mettre hors d'état de nuire la finance folle de la City et de Wall Street me paraît fondamental pour mettre fin au pillage des ressources et la destruction de la biodiversité qu'elle engendre. J'observe un regain de l'activité solaire que je tiens responsable de certaines évolutions climatiques inquiétantes sur Terre. Faute de preuves solides, je reste assez dubitatif à l'idée qu'elles puissent résulter de la seule activité humaine et je combats ceux qui, sous prétexte environnemental, cherchent à répandre le catastrophisme climatique pour réduire la démographie mondiale au service d'une oligarchie. »

 

Enfin, Nicolas Dupont-Aignan ne répond pas non plus à la question posée par Actu-Environnement : « Une grande majorité des scientifiques soutiennent qu'il y a un réchauffement climatique du fait de l'activité humaine et des émissions de gaz à effet de serre. Quand on voit les conséquences potentielles de ce réchauffement, il est bien évident qu'il faut agir et négocier avec nos partenaires. En revanche le cadre général actuel de libre-échange intégral est très défavorable à la mise en place de normes. A partir du moment où les marchandises circulent totalement librement à l'échelle de la planète, c'est celui qui a les normes les plus basses qui gagne. C'est un système qui est complètement aberrant. Il y a des choses à faire à l'échelon européen : mettre des normes importantes aux frontières et pénaliser et taxer tous les produits qui ne sont pas fabriqués de manière soucieuse de l'environnement. »

Repost 0
Laurent SAMUEL - dans Ecologie
commenter cet article
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 22:03

Invité le 10 avril dernier de la Matinale de France Inter (en réécoute ici), Jean-Luc Mélenchon est resté dans le flou quand un auditeur lui a demandé de préciser ce qu'il entendait au juste par ce concept de  "planification écologique" qu'il ne cesse de mettre en avant.

http://www.lepartidegauche.fr/system/images/inline/docs-pg-brochure-vite-plannification-ecologique.jpg

 

Pour le candidat du Front de Gauche, il s'agit de « donner un horizon à la reconversion de l'économie française » en essayant, par bassin de population et par régions, « de ramener tout ce que l'on peut au niveau local ». Comment les propositions remontent-elles de la base, et comment y redescendent-elles ? Qui décide de quoi ? Le Parlement ? Les régions ? Le mystère est total !

 

Dans une excellente tribune publiée sur Mediapart, le député vert européen Alain Lipietz nous rappelle ce qu'est la planification. « C'est un processus, plus ou moins démocratique (et c'est le premier problème), plus ou moins adaptatif (et c'est le second problème), de mise en cohérence de plusieurs plans sectoriels et régionaux, fixant des objectifs quantitatifs et datés (et c'est là le contenu et la question essentiels de la notion de plan), et les instruments conduisant les divers agents de la société, entreprises, administrations, ménages, institutions financières, à obtenir, dans les délais, les résultats fixés par ces plans (et c’est le troisième problème) », explique Alain Lipietz.

 

De fait, Jean-Luc Mélenchon n'indique nullement comment il compterait faire fonctionner cette complexe architecture institutionnelle. « Exalter la planification écologiste sans dire laquelle, c'est tout simplement se moquer du monde », souligne Alain Lipietz. On ne peut donc qu'être d'accord avec lui quand il affirme que pour Jean-Luc Mélenchon, « brandir la juxtaposition de ces deux mots (NDLR planification et écologique) suffirait à cristalliser la synthèse du Rouge et du Vert. »

 

A cela, on peut ajouter que l'emploi du terme planification par un homme politique qui se proclame l'ami d'Hugo Chavez, refuse d'employer le mot « dictature » à propos de Cuba et dénie le droit à l'indépendance du peuple tibétain peut conduire à supposer que son modèle se rapprocherait davantage du Plan autoritaire, tel que le pratiquaient les régimes communistes, que du Plan incitatif longtemps en vigueur dans notre pays. Mais cela n'est qu'une supputation, tant Jean-Luc Mélenchon reste vague sur le sujet.

 

De plus, Jean-Luc Mélenchon présente abusivement la planification écologique comme une nouveauté. Pourtant, comme le souligne Alain Lipietz, les élus écologistes la mettent depuis longtemps en pratique, par exemple quand ils mettent en pratique dans les communes et les régions des plans de développement du bio dans les cantines, ou qu'ils proposent un plan étape par étape de sortie du nucléaire. Mais on peut aller plus loin et considérer le Grenelle de l'environnement comme une forme de planification écologique, puisque les objectifs étaient débattus et déterminés en commun par les différents acteurs, avant d'être adoptés par le Parlement via une série de lois. Que le processus ait ensuite été vidé de sa substance n'ôte rien au caractère à la fois planificatoire et écologique de la démarche.

 

Bref, comme Monsieur Jourdain avec la prose, nombreux sont ceux qui font de la planification écologique sans le savoir - ou, du moins, sans le répéter en boucle. En mettant en avant ce slogan déguisé en concept, Jean-Luc Mélenchon ne fait qu'enfoncer une porte ouverte (et verte ?) et agiter un miroir aux alouettes destiné à détourner les voix d'électeurs écologistes déçus (on les comprend...) par la campagne d'Eva Joly.

 

A ceux qui seraient tentés par les sirènes mélenchonistes, rappelons aussi que la principale force constitutive du Front de Gauche n'est autre que le Parti communiste, toujours indéfectiblement attaché à l'énergie nucléaire. Voter Mélenchon, c'est accroître les "chances" d'une entrée au gouvernement de ministres communistes qui, n'en doutons pas, sauront freiner le Président Hollande dans ses élans déjà timides en faveur d'une réduction de la part du nucléaire dans notre approvisionnement énergétique et s'activeront pour empêcher la fermeture de Fessenheim.

 

Alors, sans considérer a priori que la « conversion » écologique de Jean-Luc Mélenchon (voir son entretien passionnant avec Hervé Kempf sur le site Reporterre) soit moins sincère que celle, à peine moins récente, d'Eva Joly, il faut reconnaître que sa mise en avant de la planification écologique relève de l'enfumage. Bien essayé quand même !

 

Cet article a été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

Repost 0
Laurent Samuel - dans Ecologie
commenter cet article
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 11:46

Voici quelques réflexions écologiquement incorrectes au sujet du doc la Mort est dans le Pré, diffusé hier 17 avril sur France 2.

 

http://www.maxitendance.com/wp-content/uploads/2012/04/la-mort-est-dans-les-pre-doc-1.jpg


 

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'ai trouvé le doc la Mort est dans le Pré diffusé le 17 avril sur France 2 très injuste à l'encontre des scientifiques, accusés d'être tous à la solde des firmes agrochimiques, alors que nombre d'entre eux, comme les Prs Sultan ou Belpomme, dénoncent depuis des années les méfaits des pesticides.


Plus globalement, cette façon d'émouvoir avec des images de malades en phase terminale est-elle vraiment judicieuse ? Est-ce la meilleure manière de célébrer le combat à l'évidence indispensable et salutaire des victimes et de leurs familles, même si celles-ci ont été associées à la réalisation du film ? J'en doute personnellement.

 

Le visionnage de ce doc donne au spectateur un sentiment de découragement et d'impuissance, même s'il montre aussi de façon plus positive (mais sans insister suffisamment) un agriculteur malade des pesticides en conversion vers le bio.

Vos avis sont les bienvenus...

 

Ci-dessous, la bande-annonce de ce documentaire qui mérite en tout cas d'être vu...

 

 


 
Repost 0
Laurent Samuel - dans Ecologie
commenter cet article
17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 09:50

Publiée par le Comité 21 et Victoires Editions, la revue Vraiment Durable consacre son premier numéro à un copieux dossier sur « penser le développement durable ».

 

http://jne-asso.org/blogjne/wp-content/uploads/2012/04/durable.jpg

 

Objectif de cette nouvelle revue : « nourrir » intellectuellement cette notion souvent galvaudée en recourant à des approches issues de la science, de la culture, de la philosophie…


Dans cette très riche première livraison, on note un passionnant entretien sur l’adaptabilité durable avec Patrick Blandin, professeur émérite au Muséum, ainsi qu’un plaidoyer du philosophe Dominique Bourg pour le concept de « transition écologique ». Daniel Cohn-Bendit, questionné par Bettina Laville (directrice de la rédaction), voit pour sa part le développement durable comme une « utopie plausible ».


Ce premier numéro contient aussi un article très complet sur l’histoire de la revue pionnière Aménagement et Nature, fondée dès 1966. Vraiment Durable montre que, contrairement à l’idée reçue, les partisans de la décroissance (voir la remarquable revue Entropia) n’ont pas le monopole de la réflexion de fond sur les enjeux de l’écologie.

Victoires Editions, 162 pages, 25 € – www.comite21.org/publications

Repost 0
Laurent Samuel - dans Ecologie
commenter cet article
13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 17:21

Invité le 11 avril dernier de l'émission Des Paroles et des Actes sur France 2, François Hollande a sérieusement réduit la voilure de l'accord électoral entre le Parti socialiste et le Parti Europe-Ecologie-les Verts.

 

http://s.tf1.fr/mmdia/i/69/3/affiche-de-campagne-eva-joly-10676693taunj_2348.jpg?v=1

 

Le candidat socialiste a en effet indiqué que, si le volet électoral de cet accord conclu à l'automne dernier devait être respecté quel que soit le score d'Eva Joly, sa composante "programmatique" ne l'engageait en aucun cas. « Un accord, s'il a été signé entre les partis pour les circonscriptions, doit être respecté », a déclaré François Hollande. « En revanche, sur le projet, ce que les Français auront voté s'ils me choisissaient comme président de la République, le projet que j'ai présenté serait le programme du gouvernement. Qu'il n'y ait aucun doute là-dessus. »

 

Même si elle ne fait que confirmer ce qu'avait déjà dit François Hollande aux lendemains de la signature de cet accord, cette déclaration vient réduire en pièces l'une des (rares) bonnes raisons de voter pour Eva Joly : faire pression, par le truchement d'un fort pourcentage écologiste, sur le candidat socialiste afin qu'il infléchisse entre tous les deux tours son programme et y donne davantage de place à l'environnement. Qu'importe le score vert puisque, qu'Eva Joly fasse 1 % ou 10 %, François Hollande appliquera tout son programme, mais rien que son programme, et restera droit dans ses bottes.

 

Désormais, il faut le reconnaître : en dehors du désir légitime (mais sans la moindre conséquence concrète) de témoigner de ses convictions, la seule motivation pratique d'un vote en faveur d'Eva Joly, c'est d'assurer le respect de l'accord avec le PS afin que des leaders Verts soient élus aux législatives et que quelques-uns d'entre eux entrent au gouvernement en cas de victoire du candidat socialiste. Car, n'en déplaise aux paroles rassurantes de François Hollande, il est clair qu'un score calamiteux d'Eva Joly - couplé à la prévisible bonne performance de Jean-Luc Mélenchon (qui tond la laine écolo sur le dos de la candidate verte) - risque de pousser la direction du PS à réviser en baisse le nombre de circonscriptions réservées à EE-LV.

 

Cette situation désastreuse confirme la faillite (soulignée depuis longtemps par l'auteur de ces lignes) de la tactique du parti Vert consistant à signer un accord avec le PS six mois avant l'élection, au lieu (comme le voudrait la logique le plus élémentaire) d'obtenir le score le plus élevé au 1er tour afin de négocier en position de force pour obtenir un maximum de concessions tant sur le programme que sur les sièges de députés.

 

Mais voilà, la direction des Verts a préféré assurer ce qui lui semblait le plus important, à savoir les circonscriptions, au détriment des avancées possibles sur le plan, par exemple, de la politique énergétique. Résultat : dissuadés par ce qui leur apparaissait comme un accord tristement politicien, les électeurs ont fui en masse Eva Joly, desservie de surcroît par sa connaissance récente et incomplète des dossiers d'environnement, et par le fait qu'elle "passe" mal à la télé.

 

De surcroît, les leaders Verts ont laissé Eva Joly reconnaître (avec une lucidité et un courage qu'il faut saluer) sa propre responsabilité dans l'échec prévisible de sa campagne, sans s'interroger une seconde sur leur propre rôle, à l'évidence aussi lourd que celui de la candidate (lire mon billet ici).

 

Alors, envers/en vert et contre tout, on peut choisir de voter Eva Joly pour assurer (mais au point où l'on en est, rien n'est sûr...) leurs sièges de députés et leurs maroquins ministériels à Cécile Duflot et ses amis. Cela suffira-t-il pour attirer en masse les électeurs ? On peut légitimement en douter. Mais réponse le 22 avril...

 

Cet article a été mis en ligne sur le site le + du Nouvel Obs.

Repost 0
Laurent Samuel - dans Ecologie
commenter cet article