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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 09:56

Au cours d'un petit déjeuner organisé le 2 octobre 2012 par les JNE et l'AJE (Association des journalistes de l'environnement), Corinne Lepage, députée européenne et présidente d'honneur du CRIIGEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique), est revenue en détail sur la polémique au sujet de la désormais fameuse étude du Pr Séralini sur les effets du maïs OGM NK603 sur la santé des rats.

 

http://www.criigen.org/SiteFr/images/stories/lepage.jpg

 

 

« Maintenant, je peux parler », affirme-t-elle d'emblée, en faisant référence au « secret absolu » maintenu pendant 5 ans sur cette étude. Un secret que Corinne Lepage justifie par les risques de fuites qui auraient pu permettre à Monsanto, fabricant de ce maïs, de chercher à discréditer par avance cette étude. Revenant sur le lancement très médiatique de cette étude, la députée européenne a précisé que quelques journalistes scientifiques avaient eu la « primeur » de ce travail, avec un « engagement de confidentialité ».

 

Une disposition qui a donné lieu à un débat bref mais vif entre Corinne Lepage et certains des journalistes présents, ceux-ci estimant qu'elle empêchait les journalistes concernés de demander à d'autres chercheurs que les auteurs de l'étude leur avis sur les conclusions du Pr Séralini et de ses collègues.

 

Dans le même esprit, l'exclusivité accordée au Nouvel Observateur, avec un titre abusif "Oui, les OGM sont des poisons ", alors que l'étude ne concerne qu'un OGM particulier, et l'absence de tout point de vue critique sur le travail du Pr Séralini, ainsi que le lancement médiatique de l'opération (livres de Gilles-Eric Séralini, Tous Cobayes (chez Flammarion) et de Corinne Lepage, La vérité sur les OGM, c'est notre affaire (aux éditions Charles Léopold Mayer), film de Jean-Paul Jaud Tous Cobayes, films sur le net, émission le 13 octobre à 20 h 35 sur France 5) ont suscité des réactions contrastées, soulignant la nécessité de revenir de manière plus sereine sur les questions ainsi posées quant à l'éthique journalistique et scientifique.

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Sur le fond, Corinne Lepage a souligné que l'espèce de rat retenue était la même que celle utilisée par Monsanto pour ses tests, que les « cohortes » de 10 rats étaient plus nombreuses que celles employées habituellement, et que l'étude a mis en évidence un effet spécifique du maïs génétiquement modifié, indépendamment de la toxicité du RoundUp, herbicide auquel cet OGM est « résistant ». Elle a aussi précisé que les rats atteints d'énormes tumeurs avaient été euthanasiés selon les règles scientifiques en vigueur. Corinne Lepage indique encore que contrairement à certaines informations publiées dans la presse, l'étude n'a pas bénéficié d'un financement de Carrefour. Son coût (3,2 millions d'euros) a été assuré par la Fondation Charles Leopold Mayer (environ 1 million d'euros), l'association Ceres qui regroupe Auchan et des PME de la distribution (environ 2 millions d'euros) et la réserve parlementaire du député François Grosdidier (100 000 euros). En revanche, il est exact que le Criigen a effectué dans le passé des études pour Carrefour.

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Au cours de ce petit déjeuner, Corinne Lepage a annoncé avoir envoyé aux ministres de l'environnement de l'Union européenne une lettre demandant des tests des OGM sur 2 ans (et non pas quelques mois comme actuellement), un étiquetage complet (y compris pour la viande nourrie au soja OGM) et la suspension de l'autorisation du maïs NK603 (demandée aussi le 3 octobre par 130 ONG environnementales). Elle demande aussi que le panel de l'Efsa (agence européenne de sécurité alimentaire) chargé de réaliser une contre-expertise sur l'étude du Pr Séralini ne soit pas uniquement composée d'experts pro-OGM ayant des intérêts dans les sociétés de biotechnologies, comme c'est le cas, selon Corinne Lepage, de la plupart des scientifiques français ayant signé un appel publié dans Marianne, et repris sur le site du Monde (lire ici).

 

Pour en savoir plus, vous pouvez visionner ici l'interview du Pr Séralini qui répond aux questions d'Hervé Kempf sur le site Reporterre.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 17:38

Au cours d'un petit déjeuner organisé le 2 octobre 2012 à Paris par les JNE (Association des journalistes et écrivains pour la nature et l'écologie) et l’AJE (Association des journalistes de l’environnement), la députée européenne Corinne Lepage a dénoncé la toute récente saisine de l’Efsa (agence européenne de sécurité alimentaire) par la Commission européenne afin que cette Agence établisse la future définition réglementaire européenne  des perturbateurs endocriniens.

http://www.criigen.org/SiteFr/images/stories/lepage.jpg

 

Pour Corinne Lepage, l’Efsa (déjà critiquée pour sa partialité sur des dossiers tels que les OGM) risque d’en profiter pour relayer le point de vue des lobbys industriels souhaitant restreindre le « champ » de ces substances chimiques de synthèse. La députée européenne Michèle Rivasi (lire son article ici), s'alarme aussi de cette saisine qui intervient alors même qu’un débat est en cours sur les PE (perturbateurs endocriniens) au PE (Parlement européen), lequel doit voter en février 2013 un rapport intitulé « Protection de la santé publique contre les perturbateurs endocriniens ».

 

Ce petit déjeuner a également permis de présenter un nouveau document de synthèse scientifique sur les dangers des perturbateurs endocriniens : Menace sur la santé des femmes, publiée aux éditions Yves Michel (en librairie le 12 octobre 2012). Adaptation par le WECF  (Women in Europe for a Common Future) d’un rapport américain intitulé Girl, Disrupted réalisé en 2008 par une équipe de 18 experts, cette étude met en lumière une multitude de troubles de la santé reproductive féminine liés aux perturbateurs endocriniens tels que les parabènes, les phtalates ou les bisphénols.

 

«Les troubles de la santé reproductive féminine sont une question complexe, tout comme leur étude. Pour autant, il est inacceptable de se retrancher derrière la complexité pour retarder l’action en matière de santé publique. Ces troubles peuvent avoir des conséquences désastreuses pour les femmes qui y sont confrontées. Devant les liens mis en évidence ou fortement suspectés entre des perturbateurs endocriniens bien connus et certains de ces troubles, il est devenu urgent de protéger les périodes de vulnérabilité identifiées par les scientifiques, par l’application de mesures limitant l’exposition des populations », a expliqué Elisabeth Ruffinengo, chargée de mission pour WECF, qui a travaillé à la traduction de l’ouvrage (lire ici le communiqué du WECF France).

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 23:09

Plutôt que d'exposer et d'analyser, comme cela a été déjà fait un peu partout sur le net et dans la presse, les annonces et débats de la Conférence environnementale des 14 et 15 septembre derniers, arrêtons-nous sur ses coulisses...

http://www.lecese.fr/sites/default/files/recup_synchro/article/conf_environnementale_0.jpg

 

A l'exception de quelques privilégiés, dont le badge orné d'un T autorisait l'accès à une tribune de l'hémicycle du Conseil économique, social et environnemental, la plupart des journalistes (dont l'auteur de ces lignes) ont suivi les discours de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault sur des téléviseurs disposés dans la salle de presse. Par rapport au vulgum pecus suivant ces interventions à la maison sur LCP ou internet, ils avaient droit à un sous-titrage quasi-instantané (non exempt toutefois de quelques erreurs) qui leur permettait de ne rien perdre de la substantifique moelle de ces discours riches en annonces. Ils ont eu aussi le privilège de se voir distribuer à mi-chemin des interventions, leur version écrite, ce qui permettait aux plus impatients de tout savoir quelques minutes avant les autres (mais attention, en la circonstance, "seul le prononcé fait foi" !). Le samedi matin, pendant les "restitutions" (quel terme étonnant qui a remplacé "compte-rendus !) des tables rondes, une journaliste de France Inter parle très fort au téléphone, sans égards pour ses confrères dont la plupart représentent certes des médias moins prestigieux.

 

Comme l'a souligné avec humour mon confrère du Monde Hervé Kempf dans sa chronique du Monde daté des 16-17 septembre 2012, cette conférence a été aussi marquée chez les journalistes par un usage intensif des smartphones et tout particulièrement de Twitter, que certains manient (citons Virginie Garin de RTL ou TerraEco) avec une rapidité stupéfiante pour ceux qui, comme moi, mettent plusieurs dizaines de secondes pour taper laborieusement un message de 140 signes ! Twitter est désormais, avec les chaînes d'info continues, le moyen le plus rapide de transmission des informations.

 

Les journalistes pouvaient par ailleurs suivre (à l'abri de barrières) les entrées et sorties des personnalités dans la salle. L'occasion de héler quelques têtes connues pour leur demander leurs réactions. On remarque (par écran interposé) qu'à l'issue de son discours, François Hollande serre la main de (et non pas embrassé) Ségolène Royal, invitée en tant qu'ancienne ministre de l'Environnement aux côtés de Lalonde, Lepage, Voynet, Jouanno et autres Cochet.

 

Mais trêve de considérations people... A l'issue du discours final de Jean-Marc Ayrault, les barrières de sécurité se sont relâchées et les journalistes se sont rués sur les personnalités qui sortaient de l'hémicycle. Laurence Parisot (MEDEF) est l'une des plus entourées et des plus virulentes contre l'organisation de la Conférence qui a, selon elle, minoré la place des entreprises. « Mais qui êtes-vous ? », demande une journaliste à un représentant des Amis de la Terre qui venait de faire une déclaration dénonçant le flou de la définition de la RSE (Responsabilité sociale et environnementale) énoncée par le Premier ministre. Intarissable comme à son habitude, Cécile Duflot, ministre Verte du Logement, explique le "guichet unique" et les prêts qui seront mis en place pour les travaux d'économie d'énergie dans les maisons.

 

De Pierre Radanne (4D) à Michèle Rivasi (Parlement européen) en passant par Nicolas Hulot, Jean-François Julliard (Greenpeace), François Letourneux (UICN) ou Jean-Louis Bal (Syndicat des énergies renouvelables), les porte-parole passent de micro en micro. Le ministre Vert de la Coopération, Pascal Canfin, n'est pas reconnu par un huissier, à qui il doit montrer son badge. Pascal Durand (EELV) est en grande conversation avec Serge Orru (WWF) et Chantal Jouanno (UMP). Un peu à l'écart, la ministre de l'Ecologie Delphine Batho ne semble guère attirer micros et caméras... Bien sûr, sa réaction n'a a priori guère d'intérêt, puisqu'elle ne peut qu'approuver les mesures annoncées par le Président et le Premier ministre. Mais n'est-il pas paradoxal que la Conférence environnementale ait marginalisé, ne serait-ce qu'un temps, la ministre chargée de ce secteur ?

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 15:44

A l'occasion de ses concerts aux Bouffes du Nord (lire ici) à la Fête de l'Huma les 14 et 15 septembre 2012, la chanteuse américaine Patti Smith a accordé une interview à France Télévisions dans laquelle elle parle de son engagement en faveur de l'écologie.

 

http://www.twentyfourbit.com/wp-content/uploads/2012/04/Patti-Smith-Banga.jpg


 

Patti Smith y dit « ne pas chanter pour la gauche, la droite ou les Verts », mais pour l'humanité (au sens premier du mot) et la planète.

 

« La liberté, c'est le droit de respirer de l'air pur, de boire de l'eau non polluée et de voir nos enfants non menacés par tant de cancers », déclare Patti Smith dans cet entretien.

 

 Fuji-San, l'un des titres de son dernier album Banga, évoque la catastrophe de Fukushima.

 

Retrouvez cette interview en vidéo en cliquant ici.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 10:12

Invité par les JNE (Association des journalistes et écrivains pour la nature et l'écologie) le 6 septembre 2012 dans le cadre de leurs petits déjeuners, Jean-Louis Bal, Président du Syndicat des énergies renouvelables, a demandé des mesures d’urgence pour les énergies renouvelables.


http://blog.pages-energie.com/wp-content/uploads/ser-syndicat-energies-renouvelables.jpg

 

A quelques jours de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre, Jean-Louis Bal se réjouit de ce que la transition énérgétique et la rénovation thermique des bâtiments n’aient pas été abandonnés par le Président de la République et la ministre de l’Ecologie. Pour autant, il souligne que la situation est dramatique pour les entreprises du photovoltaïque et de l’éolien. « Nous demandons des mesures d’urgence, a martelé Jean-Louis Bal. Nous ne pouvons pas attendre la fin du débat sur l’énergie et la loi qui va suivre. Mais nous sommes relativement optimistes puisque ces mesures figurent dans l’ordre du jour de la conférence environnementale. »

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Photovoltaïque
Le SER demande la suspension de la dégressivité du tarif d’achat pour les particuliers (moins de 9 kw), fixée chaque trimestre en fonction du nombre de demandes de raccordements. Pour Jean-Louis Bal, cette dégressivité (presque 10 % par trimestre) est trop forte et dissuade les nouvelles installations. De plus, le critère du nombre de demandes de raccordements n’est pas pertinent dans la mesure où de nombreux projets déposés ne se concrétisent pas. Pour les installations plus importantes, Jean-Louis Bal demande « une relance du processus des appels d’offres, avec un renforcement des critères en faveur de l’industrie européenne, qui souffre de la guerre des prix des fabricants chinois » (lire ici un article du Monde sur la décision de la Commission européenne de lancer une enquête sur le dumping chinois). Plus généralement, Jean-Louis Bal appelle de ses voeux « un débat sur les objectifs à moyen terme et les moyens pérennes pour le développement des entreprises françaises dans ce marché international ».

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Eolien
Jean-Louis Bal a souligné l’urgence d’une fusion entre les Zones de développement éolien (validées par les Préfets) et les Schémas régionaux éoliens, qui ne se recouvrent pas. Il a aussi demandé « l’abandon de la règle des cinq mâts minimum, qui pose problème dans les régions à habitat dispersé comme la Bretagne ou la Normandie ». Le SER soutient ainsi la proposition de loi du sénateur Roland Courteau (Aude) de baisser ce seuil à trois mâts.  Jean-Louis Bal a insisté sur la contradiction entre la loi Grenelle 2, qui exige un éloignement de 500 mètres des habitations pour l’implantation d’éoliennes, et la loi montagne et littoral, qui impose qu’elles soient « dans la continuité de l’urbanisation existante ». Il a demandé l’exclusion du champ d’application des lois Montagne et Littoral des installations de production d’énergie à partir de sources renouvelables. A l’heure actuelle, cette disposition entrave le développement de l’éolien dans l’outre-mer.

 

Retrouvez une version plus détaillée de cet article sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 09:14

Lors d’une conférence de presse à Paris le 11 septembre 2012, les animateurs du Rassemblement pour la Planète (qui regroupe de nombreuses ONG environnementales) ont dit espérer que la Conférence environnementale des 14 et 15 septembre prochains se traduise par des « annonces assez fortes ».


http://jne-asso.org/blogjne/wp-content/uploads/2012/09/photo2.jpg
Conférence de presse du Rassemblement pour la Planète le 11 septembre 2012 à Paris - De g.à d.: Sébastien Vray (Respire), Hélène Pelosse (porte-parole Ecologie sans Frontière), François Veillerette (Pdt Génération future), Nadine Lauverjat (Pdte RPP), André Cicollela (Pdt RES), Nadir Saïfi (Vice-Pdt ESF) - photo Laurent Samuel

 

 

« On n’attend pas des voeux pieux, mais des signaux dès le discours de François Hollande vendredi matin », ont affirmé les animateurs du Rassemblement pour la Planète. Ces annonces pourraient concerner le dossier santé/environnement, dont les ONG ont obtenu qu’il fasse l’objet d’une table ronde lors de la Conférence environnementale.

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André Cicolella, animateur du Réseau Environnement Santé, a évoqué des mesures comme l’évaluation des pesticides par les ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé, et non plus seulement par celui de l’Agriculture comme c’est le cas actuellement, ou la mise en application de la loi sur l’alerte et l’expertise décidée lors du Grenelle de l’Environnement.

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Mais les associations ont aussi insisté sur des mesures peu coûteuses, et qui pourraient permettre des économies importantes, comme la création d’une filière du démantèlement nucléaire ou d’un « crash programme » sur des moteurs plus performants.

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Pour le reste, la conférence de presse a souvent ressemblé à un catalogue à la Prévert, chaque intervenant proposant son lot de mesures. François Veillerette (Générations Futures) a ainsi évoqué un moratoire sur l’artificialisation du territoire (objectif partagé par la FNSEA) ou la relance du Plan Ecophyto pour la réduction de l’usage des pesticides, tandis qu’André Cicolella a notamment insisté sur la révision des normes d’exposition aux polluants en milieu professionnel. De son côté, Nadir Saïfi (Ecologie sans Frontière) a appelé de ses voeux une loi pour le dialogue environnemental ainsi que la création de zones franches environnementales.

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Parmi les mesures pouvant être adoptées à l’issue de la Conférence, le Rassemblement a aussi cité la remise en question de l’exonération partielle de la taxe sur les agrocarburants et le diesel, l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et du canal Seine-Nord-Europe, pour limiter l’artificialisation des terres, la création d’un Institut de veille environnementale, acté lors du Grenelle, ou encore la création d’une agence de la biodiversité, du même niveau que l’Ademe (lire dépêche ici).

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Quant à l’organisation de la Conférence, les ONG se réjouissent de la présence des ministres au cours des tables rondes (une avancée par rapport au Grenelle) et se félicitent du choix de personnalités comme Thierry Wahl (Financement de la transition et fiscalité écologique),  Laurence Tubiana (énergie) ou Daniel Lebègue (Améliorer la gouvernance environnementale) comme modérateurs des tables rondes. En revanche, le choix d’Agnès Buzyn (Institut national du cancer) pour modérer la table ronde sur la santé est un mauvais signe à leurs yeux car cette chercheuse aurait récemment minoré la responsabilité de l’environnement dans le développement des cancers.

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En résumé, le Rassemblement pour la Planète espère que cette Conférence ne débouchera pas seulement sur l’annonce de l’ouverture de chantiers, mais aussi surtout sur quelques mesures immédiates. Acceptons-en l’augure…
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Pour en savoir plus, lisez ici l’interview de Nadine Lauverjat, présidente du Rassemblement pour la planète, sur le site Terra Eco.

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Le Rassemblement pour la planète, créé le 2 juillet 2012, est une fédération d’ONG dont les membres fondateurs sont Ecologie sans frontière (ESF), Générations Futures, Greencross, Respire, Robins des Toits, le Réseau Environnement Santé et Sea Shepherd. Depuis de nouvelles associations ont rejoint le Rassemblement.

L’objet du Rassemblement, tel que défini dans les statuts, est prioritairement « de rassembler des organisations indépendantes, afin de constituer un réseau national d’organisations spécialisées compétentes qui pourra faire entendre sa voix dans les débats nationaux sur l’environnement ».

Retrouvez toutes les informations sur cette conférence : http://rassemblementpourlaplanete.org/

 

Cet article a été publié sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 23:13

 

Quand il a entendu Delphine Batho, ministre de l'Écologie, se déclarer en faveur du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, le député Vert Noël Mamère affirme être "tombé de l'armoire".

 

Une façon de surjouer une surprise feinte car ce vieux routier de la politique ne pouvait ignorer que le soutien à ce projet contestable n'a cessé d'être affirmé et réaffirmé par François Hollande et Jean-Marc Ayrault (en première ligne sur ce dossier en tant qu'ancien maire de Nantes) tout au long de la campagne présidentielle. Au point que ce sujet était, avec le nucléaire, l'un des deux points d'"accord sur le désaccord" actés lors de l'accord électoral conclu entre le PS et EELV (Europe Ecologie les Verts) à l'automne dernier.

 

François Hollande a eu le mérite de la franchise

 

À la faveur de cette déclaration de Delphine Batho, succédant à celle d'Arnaud Montebourg sur le "nucléaire, filière d'avenir" et au flou gouvernemental sur les gaz de schiste, les leaders Verts semblent ainsi découvrir subitement que François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Arnaud Montebourg et Delphine Batho ne sont pas des écolos et que le Président et la majorité parlementaire n'ont pas été élus sur une ligne écologiste et antinucléaire.

 

Or, sur tous ces sujets, François Hollande a eu le mérite de la franchise et de la cohérence. Il a toujours affirmé son soutien au nucléaire, tout en voulant réduire sa part dans l'approvisionnement électrique à 50 % en 2025, contre 75 % aujourd'hui. De même, s'il refuse la technique du fractionnement hydraulique hautement polluante, le Président n'a jamais définitivement fermé la porte à l'exploitation des gaz de schiste.

 

Rideaux de fumée

 

Alors, même si on partage leur colère contre Montebourg qui défendait une ligne plutôt antinucléaire lors de la primaire socialiste (voir cet article de Terra Eco), ou contre Batho qui ne fait guère entendre sa différence sur l'écologie, les récentes volées de bois vert des leaders Verts ne sont en réalité que des rideaux de fumée tentant de faire oublier qu'ils participent à un gouvernement dont les orientations – clairement définies par le Président et le Premier ministre – se situent aux antipodes de leurs engagements et de leurs valeurs.

 

L'excitation verbale de nombreux députés et sénateurs EELV contre Batho, Montebourg, ou pour certains d'entre eux, contre le traité européen devant être ratifié par le Parlement, contraste avec leur singulière discrétion sur l'accord signé début juillet par le CEA et Bouygues Construction, en vue de la construction d'un prototype de surgénérateur nucléaire, Astrid (lire ici sur le site du Sauvage).

 

Comme le dit avec justesse Dany Cohn-Bendit, les Verts ne peuvent pas être à la fois au gouvernement et dans l'opposition. Potiches vertes ou opposants constructifs, à eux désormais de choisir...

 

Cet article a été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

 

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 10:14

A l'occasion de Rio+20, la revue « Vraiment Durable » décrypte les enjeux du cosmopolitisme. Des analyses passionnantes...

 

http://jne-asso.org/blogjne/wp-content/uploads/2012/08/Durable.jpg

 

Si, deux mois après sa tenue, le sommet Rio+20 nous semble déjà étrangement loin, les débats lancés à cette occasion par la revue Vraiment Durable n’en restent pas moins d’une grande actualité. Fil conducteur de ce numéro : le cosmopolitisme, au sens où l’entendait Kant, d’une fédération de tous les Etats alignés sur une règle de droit moral, dont les conventions (climat, biodiversité, désertification) adoptées à Rio en 1992 constituent un outil-clé, quoique bien sûr imparfait. Aujourd’hui, ce cosmopolitisme que tentent d’imposer d’en haut les Nations-Unies se double d’une « cosmopolitisation » venue d’en bas, avec la prise de conscience globale, démultipliée par Internet et les réseaux sociaux, des dangers planétaires auxquels est confrontée l’humanité dans son ensemble. Une question centrale est donc désormais celle de l’articulation entre ces deux cosmopolitismes.

Pour la philosophe Cynthia Fleury, dont la longue interview par Bettina Laville (directrice de la rédaction) constitue l’un des temps forts de ce numéro, le processus lancé lors du sommet Rio+20 pourrait être l’occasion de lancer de nouveaux processus démocratiques et d’amorcer une « réconciliation » entre l’homme et la nature d’abord, mais aussi entre les hommes à travers un « contrat social » moins inégalitaire.

Ce numéro se distingue aussi par de passionnantes contributions de l’« éco-socio-économiste » Ignacy Sachs, participant actif de tous les Sommets de la Terre depuis celui de Stockholm en 1972, de Brice Lalonde, coordinateur exécutif de Rio+20, et de Dominique Martin Ferrari (JNE) sur l’évolution des attitudes sur les forêts tropicales. Vraiment Durable donne aussi la parole à Gérard Mestrallet, président de GDF Suez, sur les transitions énergétiques.

On trouvera aussi dans ce numéro très riche un historique complet du Comité 21, ainsi qu’un bel hommage, signé Bettina Laville, à Serge Antoine, « semeur de Rio+20 ». Bref, une livraison… vraiment durable, apte à alimenter la réflexion pendant de longues années après Rio+20 !

 

Victoires Éditions, 200 pages, 25 euros
38, rue Croix-des-Petits-Champs, 75001 Paris Tel. : 01 53 45 89 12 – Fax : 01 53 45 91 89
f.sabin@victoires-editions.fr

 

Cet article est paru sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 09:22

En nommant il y a quelques semaines Nicole Bricq au ministère de l'Ecologie, François Hollande et Jean-Marc Ayrault avaient fait le choix d'une personnalité compétente et engagée de longue date, notamment au Sénat, sur les dossiers d'environnement.

 

Nicole Bricq, engagée et compétente

 

Lors d'une conférence de presse le 13 juin dernier, elle avait fait la preuve de sa maîtrise des dossiers nationaux. Elle s'était prononcée à cette occasion en faveur d'un rééquilibrage fiscal entre l'essence et le diesel, dont une étude de l'OMS venait de confirmer les dangers, et avait annoncé la suspension des forages pétroliers offshore au large de la Guyane

 

Nicole Bricq s'était montrée moins pointue sur les questions internationales, qui étaient le sujet principal de cette conférence organisée à la veille du sommet Rio+20, mais elle avait réaffirmé les engagements de la France en faveur d'une Organisation mondiale de l'environnement et de la protection des océans.

 

Les journalistes spécialisés étaient donc sortis de cette conférence de presse en espérant que cette ministre, pas charismatique pour un sou et oratrice assez moyenne, pourrait néanmoins faire face aux lobbies en tous genres grâce à sa compétence et à sa détermination.

 

Delphine Batho : un choix difficile à comprendre

 

On est donc pour le moins surpris d'apprendre qu'à l'occasion du mini-remaniement de ce 21 juin 2012, Nicole Bricq ait été "débarquée" au profit de Delphine Batho. "Bon un batho a coulé une bricq", a twitté ma consoeur de Radio France Nathalie Fontrel.

 

L'étonnement est d'autant plus grand que cette dernière s'est surtout fait connaître pour son intérêt pour les questions de sécurité et n'a guère pris de positions marquantes sur l'écologie, hormis, selon son blog, pour la défense du Marais Poitevin (elle était députée des Deux-Sèvres) pour l'interdiction de pesticides tels que le Cruiser.

 

Un peu court comme CV environnemental... Le "déplacement" de Delphine Batho est de toute évidence due davantage à son incompatibilité d'humeur avec Christiane Taubira à la Justice qu'à son intérêt pour l'écologie.

 

Alors, pourquoi ce jeu des chaises musicales ? François Hollande, connu pour son sens de l'humour, aurait-il voulu faire une bonne blague en réunissant Batho et Duflot dans le pôle écologique du gouvernement (rappelons que les secteurs du logement et de l'aménagement du territoire, essentiels pour une politique active de l'environnement, sont dévolus à l'ex-leader des Verts) ?

 

Blague à part, on espère que la cohabitation a priori pas évidente entre ces deux personnalités au caractère affirmé ne conduira pas à ce qu'elles rament dans des sens opposés. Dans un tel scénario, c'est l'écologie (dont François Hollande vient de réaffirmer l'importance à Rio) qui risquerait de sombrer...

 

Cet article a été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

 

P.S. Une explication plausible du départ de Nicole Bricq...

http://www.huffingtonpost.fr/2012/06/22/nicole-bricq-de-ministre-de-ecologie-commerce-exterieur_n_1617760.html?utm_hp_ref=tw


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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 17:55

En juin 1972, la première conférence mondiale sur l'environnement, qui se tenait à Stockholm, avait été précédée par une polémique autour de l' « arrêt de la croissance » et de la « croissance zéro ».

http://www.clubofrome.org/cms/wp-content/uploads/2011/07/ov-simmons1.jpg


 

Son élément déclencheur avait été la publication aux Etats-Unis, en mars 1972, d'un livre de 205 pages titré The Limits To Growth (les limites à la croissance). Idée de base : évaluer grâce à un modèle informatique les relations entre croissance démographique et économique, production alimentaire, pollution et ressources naturelles. Cet ouvrage, souvent attribué à tort à son « commanditaire », le Club de Rome, allait rencontrer un succès immédiat et planétaire.

 

http://www.actu-environnement.com/ae/boutique-environnement/catalog/photo_boutique/2399_1.jpeg

 

Quarante ans plus tard, à la veille du sommet Rio+20, « successeur » de celui de Stockholm, les éditions Rue de l'Echiquier ont eu la bonne idée de republier ce texte fondateur, sous le titre Les Limites à la croissance (dans un monde fini). Remise à jour en 1992 et en 2004 par les auteurs, une quinzaine de scientifiques autour de Dennis et Donna Meadows du Massachusetts Institute Of Technology, cette édition a le grand mérite de remettre les pendules à l'heure.

 

En effet, depuis sa sortie, ce rapport n'a cessé de susciter incompréhensions, contresens et caricatures. Selon une idée reçue, ses auteurs prévoyaient la fin inexorable et à court terme de la croissance en raison de l'épuisement des ressources, se soldant par un effondrement de l'économie mondiale. Or, ces prévisions « apocalyptiques » ne se sont pas réalisées. On a donc eu beau jeu de rejeter Meadows et son équipe comme des « prophètes de malheur ».

 

Or, le grand intérêt de cette réédition est de montrer que le « rapport Meadows », dans sa version de 1972, n'envisageait en aucun cas un « arrêt de la croissance » dans les quelques décennies suivant sa publication. Selon ses conclusions, les « limites » ne risquaient être atteintes qu'une cinquantaine d'années plus tard, soit autour de 2020. Bref, on avait mal lu, voire pas lu du tout, le texte original. Et on s'est dit qu'on avait tout le temps de réagir et de prendre des mesures. Erreur on ne peut plus funeste, car le rapport Meadows souligne que de nombreux facteurs, tels que le prélèvement des ressources naturelles par l'humanité, suivent une progression non pas linéaire, mais exponentielle. Autrement dit, leur augmentation est proportionnelle à la quantité déjà prélevée. En 1972, le mathématicien Robert Lattès avait illustré ce phénomène avec l'exemple du nénuphar dont la taille double chaque jour, finissant au bout de 30 jours par recouvrir tout l'étang, annihilant toute autre forme de vie. Or, la plante ne recouvrait que 0,2 % de l'étang au 21e jour, 3 % au 25e et 50 % au 29e. Le franchissement des limites est ainsi vécu comme un phénomène soudain et inattendu, et c'est précisément, selon Dennis Meadows, ce qui nous pend au nez dans les prochaines années. Alors que l'on croyait le danger écarté, il va nous revenir en pleine figure.

 

En France, l'incompréhension sur le rapport Meadows a été aggravée par le fait, rappelé par Jean-Marc Jancovici dans sa préface de 2012, qu'il était sorti au printemps 1972 (chez Fayard) sous un titre trompeur : « Halte à la croissance ? ». Cela avait eu pour effet de déplacer le débat autour de la « croissance zéro ». A l'époque, le rapport avait été parfois attribué à tort non pas à l'équipe du MIT, mais à son « sponsor » : de « rapport au Club de Rome », on avait glissé à « rapport du Club de Rome », ce qui avait nourri discussions et fantasmes au sujet de cette organisation d'industriels et décideurs dirigée par le grand patron italien Aurelio Peccei. Pour une grande partie de la gauche de l'époque, ce rapport n'était qu'une opération du « grand capital » pour imposer l'austérité aux peuples et empêcher le tiers-monde de se développer.

 

De passage à Paris en mai pour présenter son livre, Dennis Meadows a affiché son scepticisme par rapport au Sommet Rio+20, qui, à ses yeux, ne débouchera sur rien de concret. Dénonçant avec énergie les mirages de la « croissance verte », il espère en revanche que le « Sommet de peuples » permettra aux ONG, dont il souligne le rôle essentiel, de mieux coordonner leurs actions. Déjà sceptique en 1972 à l'égard des adeptes de la « croissance zéro », ce scientifique américain considère aujourd'hui comme « contre-productive » la mise en avant de la « décroissance ». A ce thème qu'il juge démobilisateur, Meadows préfère ceux de « société durable », d' « état stationnaire » et surtout de « résilience », autrement la capacité d'une société à résister à des crises majeures désormais inévitables.

 

Cet article est paru dans le numéro spécial Rio+20 de la Lettre Options Futurs, que vous pouvez télécharger gratuitement en cliquant ici.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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