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8 novembre 2007 4 08 /11 /novembre /2007 14:22

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Un ministre d'Etat, Jean-Louis Borloo, qui, sagement assis au troisième rang, écoute sans broncher deux conférenciers.
C'était le spectacle peu banal auquel on pouvait assister,
mercredi soir 7 novembre, dans la grande salle du Palais de l'Unesco, à Paris.
Il faut dire que les deux intervenants, réunis pour célébrer le 1er anniversaire du Pacte Ecologique, avaient pour nom Nicolas Hulot et Lester Brown.
Pour ceux qui l'ignoreraient, ce dernier (photo ci-dessus) est un pionnier, depuis les années 70, de l'environnementalisme américain.
Leur message commun : la crise écologique marque la fin du monde tel que nous le connaissons et impose un changement radical - mais bénéfique à bien des égards - de nos modes de vie.
Sur scène,
Nicolas Hulot se révèle un formidable bateleur, façon télé-évangéliste écolo-cool, mêlant avec maestria annonces de catastrophes et promesses de solutions. Pour lui, après le XXe siècle qui fut celui de la « vanité », le XXIe siècle devra être celui de l'humilité. Un chiffre-choc : chaque vache européenne reçoit 2 dollars de subventions, soit l'équivalent du seuil de pauvreté fixé par la Banque Mondiale.
Moins fun, mais plus dense sur le fond, Lester Brown a présenté son « Plan B » (éditions Calmann-Lévy) pour sauver la planète. Il révèle une étude de son Earth Policy Institute, à paraître la semaine prochaine, selon laquelle le pic de la production de pétrole vient d'être atteint et que celle-ci va désormais diminuer. Comme c'est déjà le cas en Arabie Saoudite, dont la production a baissé de 20 %. Très remonté contre les agrocarburants, Brown mise en revanche sur des voitures hybrides alimentées en électricité par de grandes fermes éoliennes.
Passionnant, le discours de
Lester Brown s'avère cependant trop long. Au point que notre ministre d'Etat a semblé s'assoupir ! Mais que celui qui ne s'est jamais endormi pendant un colloque lui jette la première pierre !


The end of the world (as we know it) : chanson du groupe REM
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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 13:52
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L'attribution conjointe du Prix Nobel de la Paix
au GIEC  (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat) et à Al Gore, « l'ex-futur Président des Etats-Unis » (qui avait obtenu 500 000 voix de plus que Bush lors de la présidentielle de 2000) marque un succès majeur - moral à défaut d'être pratique - du combat à la fois scientifique et politique pour la reconnaissance, l'évaluation et la prise en compte du changement climatique, débouchant sur la mise en oeuvre d'actions pour l'enrayer ou le limiter.

En France, cette consécration apparaît aussi comme une bouffée d'air pur après la multiplication ces derniers jours, à l'approche de la phase finale du Grenelle de l'environnement, de prises de position plus outrancières les unes que les autres. A savoir (liste non exhaustive !) :
- l'engagement de la commission Attali sur la croissance en faveur d'une remise en cause du principe de précaution, pourtant inscrit dans la Constitution.
(voir ici les réactions du philosophe Dominique Bourg et de Yannick Jadot de Greenpeace);
- le refus, affirmé notamment par le député UMP Jean-François Copé, de la réduction de vitesse automobile proposée par les groupes de travail du Grenelle;
- la publication d'un rapport affirmant que la France sera de toute façon incapable de remplir son objectif de «facteur 4 » (réduction par 4 des émissions de gaz à effet de serre) d'ici à 2050;
- la publication dans la presse de pages de pub à la gloire des OGM et de l'agriculture industrielle;
- la présence médiatique massive de Christian Gérondeau, Jean de Kervasdoué et Claude Allègre, trois polémistes qui célèbrent respectivement les vertus de la bagnole, des produits chimiques et de l'électricité nucléaire;
(voir ici la critique cinglante du dernier livre d'Allègre par le toujours percutant Jean-Marc Jancovici)
- la publication dans « le Nouvel Observateur » du 4 octobre d'un article de Delfeil de Ton, d'ordinaire mieux inspiré, comparant les «écolos» à des « cafards », uniquement préoccupés (oui, je sais, certains d'entre eux tombent dans ces travers !) de « surveiller et punir, condamner et interdire ».

Face à cette offensive, les contrefeux sont les bienvenus. Comme l'interview de
Nicolas Hulot dans l'Obs du 11 octobre, annonçant qu'il ne se contentera pas de «demi-mesures» à l'issue du Grenelle. Ou la déclaration de Jean-Michel Lemétayer, patron de la FNSEA, en faveur d'un «gel» des OGM (dans « la Tribune » du 12 octobre).

Les jeux ne sont donc pas faits. En attendant, réjouissons-nous qu'en la personne de Jean Jouzel, vice-président du Giec, la France ait reçu un petit bout de Prix Nobel. Notre pays saura-t-il mériter cet honneur ?

My beautiful reward
(Ma belle récompense)
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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 16:41

 

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En affirmant sans rire sur France Inter le jeudi 30 août que l'erreur avait été de relâcher dans les Pyrénées des ours "carnivores" au lieu d'ours "herbivores", Laurent Fabius a montré  l'étendue abyssale de son incompétence. Comme le savent tous les enfants dès l'école primaire, l'ours est un omnivore.

Il faut en revanche saluer la demande (certes un peu tardive) formulée cette semaine par Nathalie Koskiusco-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, d'un complément d'enquête sur les circonstances de la mort de l'ourse Franska, en raison du fait qu'on a retrouvé de nombreux plombs de chasse dans son cadavre.

Reste que,n'en déplaise à certains amis de la nature qui ont trop tendance à le présenter comme un inoffensif nounours, la "nature" de l'ours est de dévorer les moutons ! Il ne faut pas croire et laisser croire que la réintégration de telles bêtes sauvages dans une montagne et une campagne de plus en plus "humanisées", voire urbanisées, est une simple formalité. Sur son blog, Claude-Marie Vadrot doutait récemment que les Pyrénéens, si prompts à la gâchette, "méritent" l'ours. On peut retourner la question et se demander si les ours "méritent" des Pyrénées percées par des routes à quatre voies comme celle où Franska a trouvé la mort...

Teddy bear : tube d'Elvis Presley, qui comme l'a dit Springsteen, a libéré les corps avant que Dylan ne libère les esprits

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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 13:30

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Lors de la canicule de 2003, la ministre de l'Ecologie de l'époque, Roselyne Bachelot, avait très sérieusement conseillé aux automobilistes.... de garer leurs voitures à l'ombre.

Alors, quand on découvre cette hilarante vidéo de Florence Foresti, relayée par le site cdurable.info, on se dit que la fiction n'est parfois pas loin de la réalité....

Paroles, paroles, paroles... : oui, je sais, ça ne vaut pas le nouveau single de Bruce, Radio Nowhere (ici sur les images d'un vieux clip que les fans reconnaîtront sans peine, bravo pour le montage !), mais c'est un grand moment kitsch !


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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 14:38


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Sans arriver à la cheville de Persépolis, superbe dénonciation de l'intégrisme, et de Ratatouille (sur ce dernier, voir l'excellente analyse de Thierry Saurat sur son blog), les deux meilleurs films d'animation (et à mon avis les meilleurs tout court !) de l'été, le long-métrage des Simpsons vous fera passer un bon moment de détente. Mais, au-delà de l'humour décapant, ce film illustre parfaitement le (triste) destin de l'écologie dans nos sociétés. Au début de l'histoire, la petite Lisa (seul élément sensé de la famille Simpson) tente en vain de sensibiliser les habitants de Springfield à la pollution du lac. Tout le monde lui ferme la porte au nez.
Puis, à la faveur de rebondissements que je vous épargnerai, l'affaire est projetée à l'avant-scène de l'actualité. On voit alors un industriel retors fourguer au président écolo Schwarzenhegger (l'histoire se passe dans le futur !) un projet fou censé résoudre le problème, mais au prix d'atteintes aux libertés publiques et d'une fuite en avant technologique. Parallèlement, la population de Springfield, avec l'ardeur des convertis récents, assiège, torches au bras, la maison des Simpsons dans le but de lyncher le malheureux Homer, coupable d'avoir pollué le lac avec du lisier du porc. Récupération par les industriels et indignation morale pouvant virer au fanatisme : deux dérives de l'écologie que ce film cerne parfaitement. Bien sûr, il s'agit de dénoncer des excès, et non
pas les entreprises et les opinions publiques dans leur ensemble qui, à l'évidence, ont un rôle majeur à jouer dans la résolution de la crise écologique.
Je vous rassure, tout se termine bien, grâce à Homer. Ce qui montre qu'un parfait idiot peut sauver, sinon le monde, du moins la bonne ville de Springfield !




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Greasy lake  :
cité dans la chanson Spirit in the night, le "lac graisseux" a donné son nom à l'un des meilleurs sites non officiels consacrés à Bruce Springsteen.
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