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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 15:07

Pour beaucoup de Français, même sensibilisés aux questions d’environnement, l’importance accordée par les associations écologistes au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, peut paraître excessive. Certes, comme c’est le cas pour tout grand projet, sa construction entraînerait quelques nuisances, mais n’est-ce pas un prix minime à payer compte tenu des bénéfices que cet aéroport entraînerait pour l’économie de la région et pour l’emploi ?

http://www.politis.fr/local/cache-vignettes/L500xH679/attac_asterix_nddl-a8c25.png

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Or, l’idée selon laquelle ce projet serait une manne économique a été récemment réfutée par deux hauts responsables de Fleury Michon, géant de l’agro-alimentaire. Pour eux, mieux vaudrait investir dans une Ligne à grande vitesse et des réalisations routières (bof…) plutôt que dans ce « projet d’un autre temps » répondant à « des modèles de pensée aujourd’hui dépassés ». « La France s’apprête (…) à investir plus de 500 millions d’euros directement dans l’aéroport – et plus de 2 milliards si l’on considère l’ensemble du projet, incluant les voies d’accès à cette nouvelle infrastructure – dans un projet qui risque, compte tenu de la hausse inéluctable du prix de l’énergie, de ne pas atteindre ces objectifs », note la Fondation pour la Nature et l’Homme dans un texte intitulé « la France n’a pas besoin d’un nouvel aéroport ». « La plate-forme de Notre-Dame-des-Landes est conçue pour accueillir 8 millions de passagers par an, soit un triplement du trafic actuel de l’aéroport de Nantes-Atlantique (c’est donc tout sauf un simple transfert, comme le prétendent certains défenseurs de la construction de cet aéroport) », ajoute la Fondation présidée par Nicolas Hulot. « Cela impliquerait donc une multiplication par 3 des émissions (de CO2 NDLR) là où il faudrait diviser par 2 ou par 4 ces mêmes émissions. »

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Contraire aux engagements gouvernementaux de lutte contre le réchauffement climatique, ce projet se trouve aussi en porte-à-faux par rapport à une autre priorité proclamée par François Hollande lors de la Conférence environnementale de septembre dernier : la défense de la biodiversité. Selon l’association Eaux et Rivières de Bretagne, « 98 % des terres concernées par le projet sont des zones humides de deux têtes de bassins-versants ». Une destruction désastreuse alors qu’à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides du 2 février dernier, un rapport de plusieurs organisations (dont la Convention de Ramsar et le Programme des Nations-Unies pour l’environnement) révèle que la moitié de ces zones ont disparu de la planète depuis 1900… Les associations affirment aussi que le projet d’aéroport est contraire à la loi sur l’eau et ont engagé des recours en justice pour ce motif. En outre, il détruirait 2.000 hectares de terres agricoles, dont 130 hectares de bois. Or, l’urbanisation grignote déjà dans notre pays 60 000 hectares de terres arables par an (soit l’équivalent d’un département tous les dix ans). Par ailleurs, pas moins de 100 kilomètres de haies seraient éliminés. Pas malin à l’heure où, après les avoir éradiquées pendant des dizaines d’années, l’on a en effet résolu d’en replanter…

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Mais la façon dont ce projet a été porté par les pouvoirs publics met aussi en lumière le caractère obsolète et peu démocratique des enquêtes d’utilité publique. « L’enquête publique renvoie à la France rurale du XIXe siècle, une démocratie de notables, un univers consensuel. Elle ne marche pas dans une société aux enjeux complexes, avec des citoyens qui veulent s’impliquer ! », dénonce le philosophe Dominique Bourg dans le N° 3289 de Télérama. De même, le débat public, qui avait précédé l’enquête publique, était destiné à avaliser le projet et non pas à étudier des alternatives. Notre-Dame-des-Landes pointe donc l’urgence de mettre en pratique de nouvelles formes de démocratie participative, basées sur la défense des « biens communs » comme la qualité de l’eau ou de l’air, mais aussi la préservation d’un mode de vie ou le souci des générations futures. Une démocratie participative qui s’ébauche aussi dans la lutte contre le projet, proche comme l’a noté notre confrère Roger Cans sur le site des JNE, de celle des paysans du Larzac, avec le rôle central joué par les agriculteurs menacés d’expropriation.

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Le projet de Notre-Dame-des-Landes illustre ainsi à la fois les impasses de notre mode de développement économique et les insuffisances de notre démocratie. Serait-ce pour ces raisons qu’à en croire Nicolas Hulot, le président Hollande ne serait désormais plus très chaud pour ce projet ? En tout cas, la récente décision de la Cour de Cassation de repousser la demande de la société AGO (groupe Vinci) de rejeter immédiatement un pourvoi de plusieurs propriétaires menacés d’expulsion sur la zone du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes signifie que ces propriétaires ne pourront sans doute pas être expulsés avant plusieurs mois. Cela implique un report probable du début du chantier. Le temps – on peut rêver – de réexaminer l’ensemble du projet…

 

Cet article a été publié le 4 février 2013 sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 11:37

Un comité de « haut niveau » pour le stockage profond des déchets radioactifs... En recevant hier 31 janvier 2013 une invitation du ministère de l'Ecologie qui annonçait l'une de ses réunions, on a d'abord cru à un faux concocté par des antinucléaires facétieux, d'autant plus que les radios du matin nous avaient alerté sur de faux messages émanant prétendûment d'EDF pour soutirer de l'argent à des internautes peu vigilants. En fait, cette invitation presse (voir ci-dessous) semble bel et bien authentique.2013-01-31-Comite-de-Haut-Niveau-le-04-02-2013.jpg

Pour lire la suite de cet article, cliquez ici sur le site des JNE.

 

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 08:33

Voici un article que j'ai publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

 

Ces dernières semaines, trois blogueurs écologistes (Thierry Jaccaud, Fabrice Nicolino, Michel Sourrouille) ont tenté de nous convaincre qu'il fallait être contre la procréation médicale assistée (PMA) et le projet de loi sur le mariage gay au nom de ce qu'ils considèrent comme la pensée écologique juste.

 

Conception normative de la nature

 

Ces polémistes s'appuient d'abord sur les analyses de Jacques Ellul et Ivan Illich, deux illustres penseurs des années 1970, qui furent parmi les premiers à affirmer que les techniques n'étaient pas neutres. Pour Michel Sourrouille, la PMA serait ainsi l'archétype de ce que Theodore J. Kaczynski, disciple autoproclamé d'Ellul et Illich (et, ce que Sourrouille se garde bien de nous préciser, auteur sous le nom d'Unabomber d'une série d'attentats ayant fait trois morts et plusieurs dizaines de blessés aux États-Unis), appelle une "technologie systémique", s’appuyant sur une organisation sociale complexe, faite de réseaux interconnectés, inacceptable à ses yeux. Un point de vue qui recoupe celui de Thierry Jaccaud (approuvé par Fabrice Nicolino) :

 

"L’homme se prend pour un démiurge : nucléaire, OGM, nanotechnologies… sans jamais mettre la moindre limite à son action. 'No limits', tel est le slogan des ultralibéraux qui définissent le nouveau politiquement correct."

 

Dans un remarquable article publié sur le site Reporterre, les militants écologistes Aude Vidal et Stéphane Lavignotte (un pasteur protestant) répondent à ces arguments :

 

"Internet, la télévision, la radio, la presse écrite... ne sont-elles pas des techniques systémiques ? Michel Sourrouille n’a-t-il pas publié son texte sur un site internet et ne lui répondons-nous pas sur ce même support ? [...] Pourquoi alors s’en prendre à [la PMA] – dont l’élargissement ne va concerner que 2 à 3000 enfants – et pas à internet ou la télévision qui en lobotomisent tous les jours bien plus ? Pourquoi le faire justement quand elle s’ouvre à une minorité sexuelle ?"

 

La réponse se trouve dans un autre texte de Michel Sourrouille, intitulé "Sexe et enfant, l’homosexualité en lutte contre la nature". Dans ce billet, il écrit ces lignes assez hallucinantes :

 

"L'homosexualité témoigne de deux manières différentes de la volonté de s'affranchir des limites naturelles. Il s'agit d’abord de promouvoir une sexualité hors norme, ensuite d’exiger une reproduction qui ne peut être que bizarre."

 

Ce faisant, notre blogueur se réfère à une conception fixiste et normative de la nature, dont le caractère évolutif a pourtant été démontrée depuis belle lurette (voir le beau livre de Serge Moscovici "La société contre nature"), tant par les éthologues que par les écologues scientifiques.

 

Douteuse "supériorité" du biologique sur le social

 

Plus mesuré dans son expression, Thierry Jaccaud se contente de clamer que l'adoption du projet de loi signifierait une "négation sidérante de la nature, l’aboutissement consternant de notre société industrielle, qui détruit la nature non seulement dans la réalité mais aussi dans les esprits". Il affirme aussi (ce que ni l'avant-projet de loi ni l'interview de Christiane Taubira au "JDD" du 27 janvier 2013 ne corroborent) que "le cas général de la filiation serait alors une filiation choisie et non plus une filiation biologique".

 

Par cette remarque, il pose ainsi une douteuse "supériorité" de la biologie sur le social, alors même que le vrai problème sous-jacent, le droit des enfants adoptés, quel que soit le type de famille dans lequel ils vivent, à connaître leurs origines, relève d'un autre débat.

 

Bizarrement, Jaccaud et ses amis ne pipent pas mot de la GPA (gestation pour autrui), qui, sauf à être encadrée sévèrement, constitue une forme de "marchandisation" du vivant aussi critiquable que la "technicisation" de la naissance qu'ils dénoncent. Au fait, sont-ils aussi contre la péridurale, guère plus "naturelle" que la PMA ?

 

Pour en revenir à la PMA, on ne voit pas bien en quoi son élargissement aux couples homosexuels change fondamentalement la donne par rapport à la situation actuelle, où cette technique est réservée aux couples stériles. Mais le gouvernement a sans doute raison de réserver du temps à une réflexion éthique et de dissocier cette question de celle du "mariage pour tous" – une formule bien malheureuse au demeurant, comme l'explique la psychanalyste Elisabeth Roudinesco dans "Les Inrocks".

 

Enfin, on peut s'étonner que nos trois bons auteurs préfèrent se référer à des philosophes décédés, promus abusivement au rang de maîtres penseurs (ce qui les aurait horrifiés), dont nul ne peut dire comment ils auraient réagi face aux débats actuels, plutôt que de se mettre à l'écoute des couples de même sexe, dont les aspirations et les difficultés, notamment par rapport aux enfants de leur partenaire, vis-à-vis desquels ils n'ont à l'heure actuelle aucun droit, sont à l'origine de l'actuel projet de loi. Leur devise semble être : "Mon opinion est faite à la lumière de la juste ligne définie par Ellul et Illich, ne me dérangez pas avec les faits."

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 09:48

C'est avec tristesse que l'on a appris le décès, survenu le 6 janvier 2013 au Québec, de Charlotte Paquet-Dumont, veuve de René Dumont.

 

http://www.gervereau.com/images/upload/image_regard_1287033032.jpg

Charlotte Paquet-Dumont - photo Laurent Gervereau


Cliquez ici pour lire le texte d'hommage qui lui a été consacré par Jean-Luc Dumesnil sur le site d'EELV-Ile-de-France.


Un article de Jean-Luc Burgunder, fondateur du magazine Ecologie et pionnier de l'écologie politique en France, nous retrace quelques éléments du parcours de Charlotte Paquet-Dumont.


Un hommage à Charlotte Paquet-Dumont aura lieu le 28 février prochain à l'Agro.


Le Réseau Mémoire de l'Environnement l'avait longuement interviewée en 2009. Vous pouvez visionner cet entretien en cliquant ici.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 23:22

Taxer la pollution et les pratiques et comportements néfastes à l’environnement plutôt que le capital et le travail… Une idée simple à première vue, permettant à la fois de lutter contre le changement climatique et la dégradation de notre environnement et de réduire le déficit de nos finances publiques.

 

http://jne-asso.org/blogjne/wp-content/uploads/2013/01/Ecofiscalite.jpg

Mais voilà, comme nous l’explique Guillaume Sainteny, prof à Sciences Pô et à Polytechnique, dans son récent livre Plaidoyer pour l'écofiscalité, ces deux objectifs s’avèrent contradictoires. Si le but est de faire rentrer de l’argent dans les caisses du Trésor Public, l’idéal serait que chacun pollue le plus possible ! A l’inverse, si le motif principal est de réduire la pollution, la manne financière risque tôt ou tard de se tarir lorsque ménages et entreprises auront changé leurs mauvaises habitudes. Il importe donc, pour Guillaume Sainteny, que chaque mesure éco-fiscale soit cadrée par des objectifs précis, ce qui n’a guère été le cas jusqu’à présent en France.


Pire, ainsi que nous le montre l’auteur à l’aide de nombreux exemples précis, la fiscalité française continue de favoriser la dégradation de la biodiversité, l’étalement urbain ou les transports routiers. Guillaume Sainteny connaît parfaitement son sujet et nous le prouve en slalomant avec maestria entre TFPB (Taxe foncière sur les propriétés bâties) TPPA (Taxe paraficale sur la pollution atmosphérique) et autres VPLD (Versement pour dépassement du plafond légal de densité). Mais, rassurez-vous, il évite tout jargon fiscaliste ou économiste et son livre est parfaitement accessible pour les non-spécialistes. Et quant aux sigles et acronymes, une liste est judicieusement insérée dans le livre.


Guillaume Sainteny ne se contente pas de passer au crible les politiques existantes, il nous livre aussi des pistes pour « écologiser » la fiscalité française, en fixant à la fois des objectifs (mieux prendre en compte les « externalités »,  rendre la fiscalité incitative à l’économie de l’espace, permettre la rémunération des « services écosystémiques » par des redevances, etc.) et des moyens, dont le moindre n’est pas l’information du public, auquel ce livre aura notablement contribué.


Editions Buchet Chastel, Collection Écologie, 272 pages, 20 euros.

 

Cette critique est parue sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 15:49

L'animateur de ce blog vous souhaite une bonne et heureuse année 2013.15551317-bonne-et-heureuse-annee-2013-l-39-image-conceptuel.jpg

 


 

En attendant que son voeu d'un blog plus actif en 2013 se réalise, vous pouvez retrouver quotidiennement toutes les dernières nouvelles de la planète sur son Scoop it Actualités Ecologie.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 16:12

On s'étonne du peu de réactions de fond face à l'emploi pour le moins douteux par Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, du terme "kyste" pour désigner les "occupants" du site où doit être implanté l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes.

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« Il est hors de question de laisser un kyste s'organiser, se mettre en place, de façon durable, avec la volonté de nuire avec des moyens parfois dangereux (...). Nous mettrons tout en oeuvre pour que la loi soit respectée (...) pour que les travaux puissent avoir lieu », a déclaré le ministre de l'Intérieur le 23 novembre lors d'un déplacement à Lorient, alors que les forces de l'ordre procédaient depuis l'aube à un vaste opération d'évacuation du site.

 

Sur Twitter, les propos de Manuel Valls ont surtout suscité des messages humoristiques et ironiques (lire un best-of sur le site de Presse Océan).

 

Selon le Larousse en ligne, un kyste est une « cavité pathologique située dans un organe ou dans un tissu, contenant une substance liquide, molle ou plus rarement solide, et limitée par une paroi qui lui est propre », mais aussi une « forme de résistance prise par divers êtres vivants (amibiens, algues, champignons) lorsque les conditions extérieures deviennent défavorables (froid, sécheresse, manque de nourriture) ».

 

Sans s'en rendre compte assurément (car toute son action politique témoigne de son engagement sans faille contre le racisme et l'antisémitisme), Manuel Valls reprend ainsi un type de comparaison, fréquent du côté de l'extrême-droite, assimilant telle ou telle catégorie de population ou « adversaire » politique à un animal réputé nuisible, tel le rat, ou à une prolifération indésirable se développant dans un organisme vivant, comme un cancer ou, en l'occurrence, un kyste. Dans les années 1930, certains antisémites, qui n'ont bien sûr rien à voir avec notre ministre parfaitement républicain, comparaient ainsi la prétendue « menace » juive à un « kyste ethnique inextirpable » (lire ici un extrait d'un livre de l'historien Jean-Pierre Blancpain).

 

A n'en point douter, les mots employés par Manuel Valls ont dépassé sa pensée, comme cela avait été le cas le 13 novembre dernier à l'Assemblée nationale, lorsqu'il avait accusé la droite d'être responsable du « retour du terrorisme » en France. Dès le lendemain, le ministre de l'Intérieur avait reconnu le caractère outrancier de ses propos, exprimant ses « regrets ». On espère qu'il en sera de même dans les heures qui viennent et que Manuel Valls, tout en réitérant son inquiétude face à la présence (ne relevant pas du fantasme si l'on en juge par certains reportages télé) d'individus prônant et pratiquant la violence au sein de la grande masse des opposants au projet d'aéroport, admette que ces groupes extrémistes ne peuvent en aucun cas être comparés à des « kystes » et que l'emploi de ce terme était malheureux.

 

Le ministre de l'Intérieur se grandirait aussi en affirmant haut et fort qu'il ne confond en aucun cas ces éléments minoritaires avec les dizaines de milliers de manifestants pacifiques qui ont défilé samedi 17 novembre partout en France contre ce projet, et qui étaient de nouveau nombreux dans les rues le 24 novembre.

 

Cet article a été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 09:45

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 09:55
Voici un communiqué commun de l’Association des journalistes de l’environnement (AJE), de l’Association des journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE) et de l’Association des journalistes de l’énergie (AJDE).

Paris, le 12 novembre 2012


En poste depuis 5 mois, Delphine Batho est aux prises avec un agenda surchargé :

• conférence environnementale,

• aide à la rédaction du plan de soutien à l’automobile,

• refonte des tarifs de l’électricité,

• défense du budget de son ministère,

• participation au sommet d’Hyderabad sur la biodiversité,

• gestion du dossier des gaz de schiste,

• réflexion sur la fiscalité environnementale,

• contrôle du plan de compensation des zones artificialisées par le chantier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes,

• saisine de l’Anses suite à la publication de l’étude Séralini sur le maïs OGM,

• rédaction du plan de soutien au photovoltaïque,

• préparation des appels d’offres éolien offshore et hydrolien,

• suivi de la nouvelle politique des parcs nationaux, de la cohabitation avec les grands prédateurs, de la stratégie nationale pour la biodiversité

• suivi des stress tests des centrales nucléaires,

• participation au sommet de Doha sur le climat

• mesures pour limiter les algues vertes

• lancement du débat national sur la transition énergétique

• limogeage de la CGDD

• reconquête de la qualité de l’air.


Un sacré programme.


Programme sur lequel les 300 journalistes spécialisés, membres de l’Association des journalistes de l’environnement (AJE), de l’Association des journalistes-écrivains pour la nature et l’écologie (JNE) et de l’association des journalistes de l’énergie (AJDE) aimeraient interroger la ministre de l’écologie et du développement durable. Un souhait qu’il faut, pour le moment, classer dans la rubrique des voeux pieux. Car, malgré de très nombreuses demandes formulées, depuis trois mois, à son cabinet, Delphine Batho ne daigne répondre à la presse spécialisée. L’agenda surchargé, sans doute. A moins que ça ne soit une nouvelle conception du dialogue entre les politiques et les journalistes, faite de communiqués et de relations particulières avec quelques médias choisis.

Et puisqu’il est question d’agenda, Delphine Batho est probablement la seule ministre du gouvernement Ayrault à ne pas publier le sien. Par soucis de discrétion ?

 

Valéry Laramée de Tannenberg, président de l’AJE (vldt@noos.fr) Carine Mayo, présidente des JNE (cmayo@free.fr) Joël Spaes, président de l’AJDE (jspaes@wanadoo.fr)

 

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 09:54

  Voici un livre qui redonne foi en l'avenir.

http://jne-asso.org/blogjne/wp-content/uploads/2012/11/Agro-Revolution.jpg

 

Vincent Tardieu y tord le cou à l'idée reçue selon laquelle la plupart des paysans français, à l'exception de quelques irréductibles du bio, seraient des adeptes obtus de l'agriculture chimique et industrielle. Au terme d'un voyage de dix-neuf mois dans des fermes à travers la France, mais aussi des labos de recherche, ce journaliste scientifique nous fait découvrir une variété d'expériences et de réalisations qui contribuent à rendre notre agriculture plus écologique. Pour Vincent Tardieu, l'arbre de l'agriculture biologique, si prometteur soit-il, ne doit pas cacher la forêt de toute une série d'autres techniques aux potentiels très riches. Son enquête nous familiarise ainsi avec l'agro-écologie, l'agroforesterie ou encore l'agriculture écologiquement intensive, en pointant à chaque fois tant leurs atouts que leurs insuffisances. A chaque étape de son enquête, il nous révèle que de nombreux chercheurs, y compris au sein d'une INRA longtemps frileuse à l'égard des démarches écologiques, s'attachent désormais à développer ou à valider des techniques plus respectueuses de l'environnement.

 

Pour autant, Vincent Tardieu ne croit nullement que les solutions résident uniquement dans la technologie. La dernière partie de son livre montre que l'écologisation de notre modèle agricole passe aussi par de profondes transformations dans les politiques agricoles nationale et européenne, la formation agricole, l'organisation des marchés et les relations entre producteurs et consommateurs. Tout en dénonçant la focalisation sur le bio et les impasses du « locavorisme » (toutes les régions ne sont pas capables d'assurer 100 % de l'approvisionnement alimentaire de leurs habitants), Vincent Tardieu plaide pour une relocalisation « ouverte » des productions agricoles. Et si, pour de vrai, le bonheur était dans le pré ?

 

Collection Regards, 464 pages, 22.00 €

 

http://www.editions-belin.com/index.php

 

 

Cet article a été publié sur le site des JNE.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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