Mardi 24 juin 2008


En traduisant sottement « Forgetting Sarah Marshall » par « Sans Sarah rien ne va », les distributeurs français persistent et signent dans leur plan secret qui vise à dissuader les spectateurs hexagonaux d'aller voir les comédies romantiques américaines.

Pourtant, ce petit film produit par Jude Apatow, le créateur de « Knocked up », mérite mieux que l'indifférence. Son pitch : Peter (excellent Jason Segel, déjà remarqué dans « Knocked up ») se fait larguer par sa fiancée, Sarah, star d'une série télé à succès dont il compose la musique.

Désespéré, il s'envole pour Hawai... où il se retrouve dans le même hôtel que son ex, accompagnée de son nouveau chéri, chanteur british rebelle. Désastre en perspective...

Tout semble en place pour une comédie du remariage, ou plutôt de la réconciliation. Sauf que la standardiste du palace...

Suscitant plus l'émotion que les gros rires, ce long métrage tout en nuances ressemble à une version light du décapant « Les femmes de sa vie » des frères Farrelly, dont il partage le cadre (station de vacances de luxe) et l'opposition, à la limite du stéréotype, entre deux personnages féminins (la blonde craquante mais insupportable et la brune effacée mais parfaite).

Alors, allez voir ce film que les distributeurs auraient mieux fait de titrer « Avec Sarah, rien ne va » !

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Mardi 10 juin 2008
Petit retour sur le dernier opus d'«Indiana Jones ».

N'en attendant rien de très bon, j'ai été, comme disent les Suisses, « déçu en bien ».

Un film qui se laisse voir avec plaisir, même s'il n'est pas au niveau des 3 premiers.

Harrison Ford - qui, avec Bruce et Nick Cave appartient au club des seniors qui assurent - paraît s'amuser comme un petit fou.

Et Cate Blanchett est très drôle dans le rôle de la méchante Soviétique.

Sur son blog, Thierry Saurat souligne avec justesse la dénonciation du maccarthysme, aux résonances très actuelles, présente dans ce film dont l'action se situe au milieu des années 50.

Mais « Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal » est aussi,  en  dépit des apparences, .... une comédie du remariage. Le héros y retrouve en effet un amour de jeunesse, Marion, sa compagne dans l'épisode 1  (interprétée de nouveau, 25 ans plus tard, par Karen Allen), et découvre qu'ils ont un fils, Mutt (joué par une star montante, Shia LaBeouf). Sous la présence tutélaire du Pr Oxley (excellent John Hurt), ami et collègue du père d'Indy (lui-même décédé), une cellule familiale se reconstitue ainsi au fil du film.

Le scénario abracadrantesque, sur fond d'incas et d'extraterrestres, ramène ainsi Indiana Jones au coeur de son aventure personnelle.

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Vendredi 6 juin 2008


Le cinéaste Pierre Etaix est aujourd'hui quasi inconnu pour la bonne raison que ses films, comme « Yoyo » ou « Tant qu'on a la santé » sont depuis longtemps invisibles, que ce soit en salles ou en DVD. Pourquoi ? Réponses ici.

Une pétition est lancée pour la ressortie de ces superbes long-métrages.
Signez ici sans tarder car elle doit être déposée avant le 15 juin.
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Mardi 27 mai 2008





Comme le disque vinyle, le cinéma en relief est généralement considéré comme une vieille lune des années 50. Pourtant, comme l'explique Widescreen Review, les projets se multiplient pour des projections en salle.

Signes plus anecdotiques de ce regain d'intérêt,
- la couverture d'Empire de juin 2008 qui, à l'occasion de la sortie d'un deuxième film des aventures du super-héros *, présente Hulk en relief grâce à la technique du plastique thermoformé. Une première mondiale selon le magazine anglais;

- la vidéo 3 D du dernier clip de Bjork, « Wanderlust», visionnable sur le site des Inrocks. Pour bénéficier du relief, il faut chausser des lunettes spéciales, envoyées aux abonnés de l'hebdomadaire.

* On espère que « L'incroyable Hulk » (sortie en France le 23 juillet) sera plus réussi que le « Hulk » de 2003, d'un manque de relief confondant. Les fans de Jennifer Connelly regretteront que la fiancée de Hulk soit désormais interprétée par Liv Tyler !


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Dimanche 11 mai 2008











Malgré quelques scènes spectaculaires, «  Iron Man » n'est qu'un film de super-héros moyennement réussi. Mais, derrière les trucages et l'action, ce long-métrage cache une comédie romantique qui, quant à elle, est très réjouissante.


D'un côté, le formidable Robert Downey Jr (dont le départ prématuré pour cause de cure de désintox en fin de 4e saison avait brisé le coeur d'Ally McBeal et ôté tout intérêt à la série), dans le rôle du milliardaire de l'armement qui devient super-héros... et pacifiste.


De l'autre, Gwyneth Paltrow, irrésistible en secrétaire (répondant au nom improbable de Pepper Potts) raide-dingue de son patron, mais contrainte par son éthique professionnelle à dissimuler sa passion.


Curieusement, ce drôle de couple fonctionne mille fois mieux que celui formé par les pourtant excellents George Clooney et Renee Zelwegger dans «  Jeux de dupes ». Cette comédie romantique réalisée par Clooney ne décolle jamais vraiment. Mais quelle idée aussi d'avoir situé ce film d'un genre plébiscité par les femmes dans un univers typiquement masculin, à savoir celui du football américain des années 20 !

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Dimanche 4 mai 2008





































« Les Seigneurs de la mer » (Sharkwater), film de Rob Stewart (rien à voir avec Rod !), a le grand mérite de battre en brèche l'image du requin comme un ... saigneur des océans. A travers des interviews de scientifiques (dont le nom n'apparaît hélas pas à l'écran), ce long-métrage sorti en salles il y a quelques semaines montre bien l'utilité de ce super-prédateur : en dévorant les poissons mangeurs de plancton, il contribue à la protection de ce végétal sous-marin qui joue un rôle-clé dans la production planétaire d'oxygène. En tuant les requins, nous mettons donc en  péril notre propre survie.

Or, comme le montre le film, on les pêche massivement dans de nombreuses régions du monde. Le plus souvent dans le seul but de prélever les ailerons, dont les cartilages servent à fabriquer des suppléments alimentaires présumés aphrodisiaques, très prisés en Asie. Et qu'on retrouve aussi ici (un comble !) dans certains magasins bio.

Au Costa Rica et aux Galapagos, Rob Stewart nous mène sur la piste des... requins du cartilage et nous raconte la mobilisation croissante en faveur de cette espèce menacée. Un reportage souvent saisissante.

Hélas, ce passionné des requins se laisse aussi, sur fond de musique new age, complaisamment filmer en compagnie de ces superbes bêtes, qu'il présente un peu vite comme quasi-inoffensives. Comme dans « L'ours » de Jean-Jacques Annaud, on oublie, photogénie aidant, qu'il s'agit de prédateurs !

Qu'on se le dise, le requin n'est pas la version marine du gentil Xavier Bertrand croqué par les Guignols... Une vision «disneyienne » de la nature, qui ne contribuera hélas pas à faire comprendre aux jeunes générations que celle-ci n'est pas un parc d'attractions où tout le monde est beau et gentil, mais un milieu rude. « Un grand restaurant où les clients se dévorent les uns les autres », selon la formule de Woody Allen.

Que cela ne vous empêche pas bien sûr de soutenir la campagne de
Shark Alliance en faveur des requins !

Ci-dessous en clin d'oeil une vidéo qui, bien avant Spielberg, nous alertait déjà sur les dangers des requins, même bébés...


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Mardi 8 avril 2008
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Lundi 7 avril 2008


Après Richard Widmark, figure emblématique du film noir, c'est Charlton Heston, acteur-phare du cinéma à grand spectacle des années 50-60, qui vient de quitter la scène.

D'abord une constatation, oubliée par certains commentateurs : quand il était bien dirigé, comme
dans « la Soif du mal » d'Orson Welles, Heston était un immense comédien.

Ainsi que l'a bien vu Thierry Saurat sur son
blog, Charlton Heston interprétait souvent des personnages un peu «has been», déphasés par rapport à leur époque. Il n'est donc pas étonnant qu'après s'être engagé dans sa jeunesse contre le McCarthysme, cet acteur ait fini en défenseur résolu de la vente libre des armes.

Des positions à coup sûr inacceptables, mais qui n'excusent pas Michael Moore, dans « Bowling for Columbine » (2003), d'avoir abusé de la confiance d'un homme alors déjà atteint de la maladie d'Alzheimer pour faire dire à Heston quelques stupidités sur l'auto-défense.

On préferera se souvenir d'une autre de ses apparitions récentes à l'écran, dans l'inutile remake de « la Planète des singes » par Tim Burton (2001). Il avait alors su nous donner, l'espace d'un instant, la nostalgie du film original de 1968, qui restera comme l'un de ses plus beaux rôles.
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Mardi 1 avril 2008
Le très original film de Michel Gondry, « Be kind, rewind », a lancé la mode des remakes "suédés" (c'est-à-dire reconstitués avec de tout petits moyens et beaucoup d'imagination, ne cherchez pas le moindre rapport avec la Suède !) de classiques du cinéma. Dans le film, les héros en réalisent quelques-uns (dont un mémorable « Ghostbusters »), car l'un de ces zigotos a accidentellement démagnétisé toutes les cassettes du dernier vidéoclub VHS de Passaic (New Jersey).

Comme l'explique un article d'Ecrans
le site Dailymotion organise un concours de films "suédés", dont les gagnants figureront en bonus sur le futur DVD du film.

Voici une version féline de King Kong, qui mériterait à coup sûr d'être récompensée !

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Dimanche 30 mars 2008
Le film de Wes Anderson, « Darjeeling Limited », est un petit chef d'oeuvre d'humour décalé. A travers le voyage de trois frères en train à travers l'Inde, il nous en dit long à la fois sur les névroses familiales et le goût des Occidentaux pour l'Orient. Les cinéphiles trouveront leur bonheur dans les références au « Narcisse noir », chef d'oeuvre de Michael Powell, et les musiques de films de Satiajit Ray qui parsèment le film. Mais la BO révèle aussi des pépites des Kinks et des Stones, ainsi que (non, ce n'est pas une plaisanterie) « Les Champs Elysées » de Joe Dassin,  pour le générique de fin, et, plus kitsch encore, cette chanson bien oubliée (par moi en tout cas) de Peter Sarstedt, « Where do you go to my lovely ? », millésime 1969. Un conseil : arrivez à l'heure, pour ne pas rater le court métrage d'Anderson « Hotel Chevalier », prologue au film, qui introduit cette chanson. Laquelle reviendra comme un running gag dans le film lui-même.


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