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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 14:07

Le documentaire de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global, montre que, face à la crise écologique planétaire, des solutions sont mises en pratique. Hélas, ce message salutaire est "pollué" par des propos outranciers et complotistes de certains intervenants.


http://blog.altereco.com/wp-content/uploads/2010/04/SolutionsLocales.jpg

Ces alternatives défendues par le film, ce sont avant tout l'agriculture biologique et la relocalisation de l'économie. Réalisatrice de talent, Coline Serreau appuie sa démonstration sur une série d'exemples qui nous emmènent du Brésil à l'Inde, sans oublier la France avec les AMAP (Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne). Sa thèse est étayée par des interviews de "sages" comme Pierre Rabhi ou Philippe Desbrosses, que l'on écoute toujours avec intérêt et plaisir.


Hélas, ce film globalement excellent est "pollué" par quelques propos outranciers qui risquent de diminuer sa crédibilité d'ensemble. Dès le début, Dominique Guillet, de l'association Kokopelli (qui mène au demeurant une action d'intérêt public pour la diffusion des semences de variétés anciennes de végétaux), nous explique gravement que les deux guerres mondiales ont été organisées pour éradiquer la paysannerie européenne et assurer l'essor des industries des engrais et des pesticides, dont les produits sont dérivés des gaz de combat et autres technologies militaires.


On retrouve le même type de vision complotiste plus tard dans le film, lorsqu'on nous serine sans rire que les agro-carburants auraient été développés dans le seul but de "tuer les pauvres".


Tout au long de son film, et notamment à travers les interventions de l'écologiste indienne Vandana Shiva, Coline Serreau développe aussi une mise en accusation du "patriarcat" comme responsable de la crise actuelle. Les femmes sont ainsi célébrées comme les inventrices de l'agriculture, avant que les hommes ne viennent tout gâcher avec leur goût coupable pour la technique et l'industrie. Aucun élément précis ne vient étayer cette thèse "éco-féministe profonde".


Sans se prononcer sur le fond, on peut s'étonner en tout cas que Coline Serreau, féministe historique, dénonce à juste titre les atteintes que la société industrielle fait porter à la liberté des femmes, sans jamais dire un mot contre les intégrismes religieux, qui les cloîtrent, les voilent et les lapident...


En dépit de ces réserves, Solutions locales pour un désordre global est un film à voir sans hésiter... et après lequel on peut aller plus loin dans l'action sur le site internet qui le prolonge (cliquez ici). Vos critiques sur cette critique sont les bienvenues !


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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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commentaires

jérôme Baboulène 18/06/2010 14:39


La paranoïa est un puissant moteur. Je me souviens qu'à mes débuts professionnels dans la pub, mon directeur de création ne cessait de m'exhorter à chercher mon ennemi pour trouver la solution au
problème qui m'était posé. Contre qui, contre quoi tu te bats ? Une idée encore plus simpliste et dévastatrice voudrait que tout soit contenu dans le sentiment belliqueux du mâle qui ne voit de
solution que dans la destruction. Avis à Coline Serreau...