Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 19:43

Il y a quelques années, les associations qui se battent contre la pollution électro-magnétique ont choisi de concentrer leur action autour des antennes-relais.


Une cible à l'évidence plus facile que les téléphones mobiles eux-mêmes, auxquels les Français sont complètement accros. Erreur on ne peut plus funeste, car, comme vient de le rappeller l'Afsset, il y a à l'évidence plus de danger à coller un téléphone à quelques centimètres de son cerveau que de vivre à quelques mètres d'une antenne.

Pire, la solution préconisée par les associations - réduire la puissance des antennes - risque d'avoir l'effet pervers de conduire nos mobiles à émettre davantage d'ondes afin de se connecter à l'antenne la plus proche.
« Les experts recommandent de peser avec soin les conséquences d'une telle réduction, notamment en termes de multiplication du nombre des antennes et d'augmentation parallèle possible de l'exposition de la tête aux radiofréquences émises par les téléphones mobiles », écrit l'Afsset.

Une solution possible, suggérée par Michèle Rivasi, présidente du CRII-REM, lors d'une petit déjeuner, serait de mettre en place un réseau très dense de mini-antennes. Mais elle ne serait pas évidente à faire accepter aux riverains...

Du coup, les associations se retrouvent un peu le bec dans l'eau. D'où leurs réactions hésitantes et contrastées (comme celles de la presse !) face au rapport de l'Afsset.

Faut-il se désoler de ce que cette Agence conclue un peu vite à une quasi-absence de dangers non seulement des antennes mais aussi des téléphones mobiles eux-mêmes, comme en témoigne ce passage ?
«Les données issues de la recherche expérimentale disponibles n'indiquent pas d'effets sanitaires à court terme ni à long terme de l'exposition aux radiofréquences, peut-on lire dans les conclusions de ce document, qui porte sur différentes technologies, qu'il s'agisse de la radiodiffusion, de la télévision, de la téléphonie mobile ou encore des antennes-relais. Les données épidémiologiques n'indiquent pas non plus d'effets à court terme de l'exposition aux radiofréquences. Des interrogations demeurent pour les effets à long terme, même si aucun mécanisme biologique analysé ne plaide en faveur de cette hypothèse.»

Ou doit-on se réjouir au contraire, comme le souligne Libération, que l'Afsset reconnaisse que « la question de l'existence de troubles ressentis à proximité des antennes de stations de base de téléphonie mobile reste ouverte » et que les radiofréquences ont des «effets indéniables sur le fonctionnement des cellules» ? Et que cette agence préconise une information claire des consommateurs sur les DAS (doses d'absorption spécifiques) des différents modèles de mobiles, une mutualisation des antennes ou l'établissement d'une carte nationale des expositions aux ondes ?

Autant de propositions qui seront débattues lors du « Grenelle des ondes »... Bref, malgré le faux pas tactique des associations, on peut espérer quelques progrès.

Mais n'est-ce pas aussi à chacun de nous de modifier ses comportements, en évitant par exemple d'utiliser à tort et à travers son mobile dans le train ou le métro, sachant que les émissions d'ondes sont beaucoup plus importantes quand on se déplace, surtout à grande vitesse ?

Vos commentaires, comme toujours, sont les bienvenus !

Partager cet article

Repost 0
Laurent SAMUEL - dans Ecologie
commenter cet article

commentaires