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18 novembre 2011 5 18 /11 /novembre /2011 09:43

Même Daniel-Cohn Bendit et Jean-Vincent Placé (sur Europe 1), qui ne sont pourtant pas nés de la dernière pluie, ont confessé n'y plus rien comprendre. Depuis sa signature le 15 novembre, l'"accord" entre Europe-Ecologie-Les Verts et le Parti socialiste suscite un malaise que la "mise au point" des deux partis sur le combustible Mox rendue publique le 17 novembre renforce encore.

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En effet, le texte présenté par les deux négociateurs Michel Sapin et Jean-Vincent Placé apparaît comme en retrait par rapport à l'accord conclu mardi. Alors que celui-ci prévoyait une "reconversion" de la filière Mox, il est maintenant acté que la fabrication du combustible nucléaire MOX se poursuivra dans les deux sites de production, La Hague et Marcoule, "au cours de la prochaine législature".

 

Depuis quelques jours, l'obscure clarté de cet étrange "accord sur le désaccord" ne cesse de révéler des comportements contestables de la part de l'ensemble des parties prenantes.

 

C'est d'abord le cas de la direction du Parti Vert. Dimanche 13 novembre, Cécile Duflot, secrétaire nationale, avait affirmé hautement : "On est prêt à n'avoir aucun député si ça nous oblige à renier nos convictions les plus profondes" sur le nucléaire. À de multiples reprises, les leaders de cette organisation avaient mis en avant l'arrêt du chantier de l'EPR de Flamanville et l'abandon de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes comme les deux points sur lesquels ils ne transigeraient en aucun cas.  Or, deux jours plus tard, le 15 novembre, les Verts signaient un projet d'accord dans lequel aucune de ces deux propositions ne figure ! Ils ont eu beau tenter d'habiller la chose de circonvolutions sémantiques (l'"accord de mandature" à distinguer de l'"accord du gouvernement"), le fait est là : les Verts n'ont pas tenu parole.

 

Mais, du côté du Parti socialiste, ce n'est pas plus brillant. Que penser en effet d'un parti politique qui se permet de supprimer unilatéralement un paragraphe d'un accord dûment signé avec une autre organisation ? Là aussi, une parole, celle des négociateurs du PS vis-à-vis de leurs partenaires Verts, n'a pas été respectée.

 

Pire encore, on apprend que cette suppression a été opérée - sur ordre de François Hollande selon Médiapart - après une intervention d'Areva, que cette grande entreprise reconnaît benoîtement avoir réalisée. Drôle de pays vraiment, dans lequel un groupe industriel de premier plan fait ouvertement pression sur un parti de gouvernement, lequel s'empresse de lui obéir, se mettant ainsi, selon la formule de Daniel Cohn-Bendit sur Europe1, au "garde à vous" devant Areva.

 

Une telle soumission à un lobby, succédant à un amateurisme navrant dans les négociations avec les Verts, augure mal d'une Présidence Hollande...

 

Du pain bénît pour la droite, qui a beau jeu de dénoncer comme NKM dans le Figaro cet échange entre des centrales et des circonscriptions et en profite pour réaffirmer son soutien inconditionnel au nucléaire, sans hésiter à recourir au chantage à l'emploi.

 

En fait, cet imbroglio aura eu un seul mérite : celui de révéler au grand public l'existence et les dangers du combustible Mox, contre lequel les écologistes prêchaient dans le désert depuis une quinzaine d'années.

 

Peut-être cette affaire a-t-elle aussi descillé les yeux d'Eva Joly, qui a annulé sa participation à l'émission "Des Paroles et des Actes" le 17 novembre sur France 2. Si l'on en croit Noël Mamère interviewé par Public Sénat, la candidate d'EE-LV en serait à s'"interroger" sur sa candidature...

 

Le Conseil fédéral d'EE-LV, prévu samedi 19 novembre, promet d'être animé !

 

Mais de qui se moxe-t-on ?

 

Cet article a aussi été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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