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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 10:29

Rappel : Arte diffuse ce 15 mars 2011 à 20 h 40 Notre Poison Quotidien, un exceptionnel documentaire de Marie-Monique Robin, déjà auteur du retentissant Le Monde selon Monsanto.

 

http://www.greenpeace.org/raw/image_full/france/groupes-locaux/montpellier/photos-videos/notre-poison-quotidien.jpg

 

Que les accidents nucléaires au Japon ne vous fassent pas oublier de le visionner... 

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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commentaires

Denhez 16/03/2011 11:44


Sur l'aspartame, elle a raison. Ce pdt est une saleté inutile, cela fait longtemps qu'on le sait.

Là où elle a tort et montre qu'elle est partisane, c'est sur la transposition qu'elle fait entre la situation américaine et l'européenne. Elle se sert de cela pour accuser les agences sanitaires
d'être au service des industriels. C'est infondé et parfaitement dégueulasse, ne serait-ce que dans le procédé : la directrice de l'EFSA a bien dit - et c'est vrai - que les personnes en conflit
d'intérêt ne participent pas aux débats. Mais elle a insisté sur la gène évidente de la dame de façon à nous faire oublier cette procédure déontologique. Certes, les mentions de conflit d'intérêt
ont été ensuite retirées des documents officiels, mais la procédure, je peux te l'affirmer fonctionne.

Elle n'a donc rien dit de nouveau, une fois encore, au contraire elle a étendu jusqu'à aujourd'hui une situation d'une autre époque.

FD


Denhez 16/03/2011 10:49


Bonjour,

Désolé de te contredire, mon cher Laurent, mais ce doc. m'a consterné.


Ce doc. n’apporte strictement rien de nouveau. Mais alors, rien ! DJA, cocktails, PCB, conflits d’intérêt, Aspartame, voilà des sujets qui datent, que j’avais traité pour beaucoup largement dans
mes pollutions invisibles, qui sont débattus depuis des années chez les scientifiques.

En ce qui concerne cette pauvre DJA, la "thèse", très longue, fait même beaucoup sourire car depuis 2005 en Europe, la DJA n’est plus utilisée. C’est la MOE et la MOBB qui la remplace. Quant à dire
que la DJA est du domaine de l’arbitraire, c’est faux, elle est le produit d’expérimentations et de calculs ; s’étonner de même que les facteurs de sécurité soient des conventions, c’est oublier
l’essence même de l’évaluation d’un risque flou et diffus ; quant à affirmer que si une DJA est abaissée c’est donc que celle d’avant ne protégeait pas assez le citoyen, c’est refuser qu’une norme
puisse évoluer en fonction des recherches ou des impératifs socio-économiques, et donc ne pas concevoir qu’on ne puisse pas tout connaître au moment où on fixe la DJA.

À propos des cocktails chimiques, cela fait aussi des années qu’ils sont étudiés. Pourquoi ne le sont-ils pas plus ? Parce qu’il est déjà difficile, long et coûteux de caractériser la toxicologie
d’un polluant, alors, pensez, des cocktails ! En outre, dans l’absolu, à quoi sert d’établir des profils toxicologiques de cocktails moléculaires dans la mesure où ils sont propres à chaque
individu ! ? D’autant plus que chaque individu est soumis à d’autres stress tels que son régime alimentaire, son exposition aux ondes, au bruit etc.

Sur les cancers, s’il est vrai que le lien santé-environnement existe, s’il est parfaitement vrai que le rapport du CIRC était ridicule, s’il est aussi vrai que les cancers augmentent, il n’y en a
que quelques-uns qui grimpent de façon inquiétante, notamment chez les jeunes. Mais l’environnement est un tout, et le cancer est une maladie multifactorielle qui ne naît pas, d’ailleurs,
uniquement suite à une agression. C’est bien le mode de vie occidental qui est en cause, cela, elle le dit, mais dans ce mode de vie, il n’y a pas que les pesticides, il y a la bouffe — elle le dit
aussi — le stress, l’absence d’activités physiques etc. Quant à la démonstration de Béliveau, c’est assez pathétique. S’il suffisait de bouffer de la canneberge pour ne pas avoir de tumeur au
cerveau, ça se saurait depuis longtemps. Je passe sur le ridicule consternant d’Orissa. Ben oui, chez les pauvres, comme chez nous il y a deux siècles, on a moins de cancer. Mais on a une espérance
de vie faible, les bébés meurent tôt, les femmes meurent en couche et on crève d’Arsenic, dans cette région d’Inde. Le curcuma ? Alors mangeons du curcuma. Mais notre métabolisme européen y est-il
habitué ? L’exemple du soja laisse à penser le contraire : l’effet œstrogénique est plus puissant chez nous que chez les Asiatiques parce que "leur" métabolisme travaille cet aliment depuis des
milliers d’années, alors que nôtre ne le connaît que depuis une génération.

Les pesticides. Robin se focalise dessus mais elle ne montre que des cas avérés dans des populations très ciblées, utilisatrices ou très exposées à ces produits. Dont beaucoup ont été interdits, en
particulier les organochlorés dans les années 1970. Étrangement, elle ne dit pas que l’on retrouve de moins en moins de ces produits et des PCB dans notre sang, mais que par contre, on trouve de
plus en plus de phtalates, de PBDE et autres PFO.

Enfin, le BPA. Toxique, perturbateur endocrinien, tout cela on le sait, mais c’est peanuts par rapport à d’autres polluants dont elle ne parle pas, tous ceux de l’air intérieur, les COV, muscs,
formaldéhyde, phénoxyéthanol, triclosan, et surtout phtalates qui sont bien plus présents, avec des effets au moins identiques.

Elle ne dit rien en fait de ce qui est récent. Notre exposition aux produits historiques — ceux dont elle ne fait que causer — a été divisée par 5 à 20 suivant les régions et les générations, parce
que les gouvernements ont fait le nécessaire, que les agences sanitaires ne sont plus inféodées au pouvoir depuis une vingtaine d’années en France, que les conflits d’intérêt sont quand même bien
gérés. C’est dégueulasse de prétendre, comme elle le fait et ne cesse de le dire en itv que "les agences sanitaires sont là pour préserver l’industrie, pas les citoyens". Comme par hasard, elle n’a
pas parlé de Reach, qui a été et est encore, en dépit de ses limitations, une révolution réglementaire, juridique et industrielle en Europe. Comme par hasard, elle n’a interrogé aucun spécialiste
français, et n’a montré ses contradicteurs que dans des plans où ils sont hésitants.

Bref, Zézette, avec son melon à la place de la tête, s’est promenée dans le vaste monde pour exposer des faits anciens, connus de tous, pour asseoir sa thèse que rien n’a changé et que tout le
monde il est pourri, et qu’on vivrait mieux à bouffer des légumes, sans viande ni pinard.

Ce qui me sidère n’est pas tant le "fond", ni même la forme chiante, mais que tout cela ait tant d’impact médiatique. C’est toujours le premier qui gueule pour conforter les idées manichéennes du
journaliste paresseuxqui a raison. Alors, on s’empoisonne en bouffant. Il faut avoir peur, c’est une façon de vivre, je sais, mais merde ! Rien n’avance parce que tout semble avance. On crée une
polémique, et pendant ce temps-là, on continue de polluer et de s’exposer. Accuser la bouffe, dans notre pays, c’est plus vendeur que de dire d’ouvrir ses fenêtres une fois par jour, c’est
certain.

Écoute son plateau sur France Culture (Du grain à moudre), avec Jean-François Narbonne et Bruno le Maire. Symptomatique.

FD


Laurent Samuel 16/03/2011 11:22



merci Frédéric pour cette analyse sans concessions


c'est vrai que Robin ne fait pas dans la nuance.



mais tu n'évoques pas la partie sur l'aspartame et la façon dont il a été autorisé sous pression de Rumsfeld