Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 23:22

Taxer la pollution et les pratiques et comportements néfastes à l’environnement plutôt que le capital et le travail… Une idée simple à première vue, permettant à la fois de lutter contre le changement climatique et la dégradation de notre environnement et de réduire le déficit de nos finances publiques.

 

http://jne-asso.org/blogjne/wp-content/uploads/2013/01/Ecofiscalite.jpg

Mais voilà, comme nous l’explique Guillaume Sainteny, prof à Sciences Pô et à Polytechnique, dans son récent livre Plaidoyer pour l'écofiscalité, ces deux objectifs s’avèrent contradictoires. Si le but est de faire rentrer de l’argent dans les caisses du Trésor Public, l’idéal serait que chacun pollue le plus possible ! A l’inverse, si le motif principal est de réduire la pollution, la manne financière risque tôt ou tard de se tarir lorsque ménages et entreprises auront changé leurs mauvaises habitudes. Il importe donc, pour Guillaume Sainteny, que chaque mesure éco-fiscale soit cadrée par des objectifs précis, ce qui n’a guère été le cas jusqu’à présent en France.


Pire, ainsi que nous le montre l’auteur à l’aide de nombreux exemples précis, la fiscalité française continue de favoriser la dégradation de la biodiversité, l’étalement urbain ou les transports routiers. Guillaume Sainteny connaît parfaitement son sujet et nous le prouve en slalomant avec maestria entre TFPB (Taxe foncière sur les propriétés bâties) TPPA (Taxe paraficale sur la pollution atmosphérique) et autres VPLD (Versement pour dépassement du plafond légal de densité). Mais, rassurez-vous, il évite tout jargon fiscaliste ou économiste et son livre est parfaitement accessible pour les non-spécialistes. Et quant aux sigles et acronymes, une liste est judicieusement insérée dans le livre.


Guillaume Sainteny ne se contente pas de passer au crible les politiques existantes, il nous livre aussi des pistes pour « écologiser » la fiscalité française, en fixant à la fois des objectifs (mieux prendre en compte les « externalités »,  rendre la fiscalité incitative à l’économie de l’espace, permettre la rémunération des « services écosystémiques » par des redevances, etc.) et des moyens, dont le moindre n’est pas l’information du public, auquel ce livre aura notablement contribué.


Editions Buchet Chastel, Collection Écologie, 272 pages, 20 euros.

 

Cette critique est parue sur le site des JNE.

Partager cet article

Repost 0
Laurent SAMUEL - dans Ecologie
commenter cet article

commentaires