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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 11:19

A deux jours de distance, Jacques Attali et Michel Rocard viennent, chacun de leur côté et à leur manière, de lancer des cris d'alarme sur l'avenir de l'humanité.

 

Dans une chronique publiée par l'Express le 30 mars 2011 (texte intégral à lire en cliquant ici), Jacques Attali dresse ce sombre tableau : « Un scénario mettant en cause l'intégrité à moyen terme de l'humanité ne peut plus être exclu. Si les cuves ou les piscines stockant les combustibles irradiés des réacteurs de Fukushima cèdent sous l'effet de la chaleur, d'une explosion ou d'une réplique sismique, on verra se dégager, sous forme liquide ou gazeuse, dans la mer, dans l'air ou en sous-sol, des quantités immenses de matériaux radioactifs. Et même, s'il s'agit de l'enceinte de confinement du troisième réacteur, des quantités considérables de plutonium. Avec, alors, des conséquences certaines sur la contamination d'une partie du Japon, devenant largement inhabitable; et avec d'autres implications, moins certaines, sur la contamination de la planète entière. »

 

Alain Hervé a salué le texte de Jacques Attali sur le site du Sauvage (cliquez ici).



De son côté, Michel Rocard a signé dans Le Monde du 3-4 avril 2011 avec les philosophes Dominique Bourg et Floran Augagneur un texte titré Le genre humain, menacé. Cet article est paru uniquement dans l'édition papier du quotidien du soir. Pour ceux qui l'auraient manqué, Michel Sourouille nous en fournit un résumé saisissant sur son blog Biosphère.

 

« La démocratie sera la première victime de l’altération des conditions universelles d’existence que nous sommes en train de programmer. Les catastrophes écologiques qui se préparent à l’échelle mondiale dans un contexte de croissance démographique, les inégalités dues à la rareté locale de l’eau, la fin de l’énergie bon marché, la raréfaction de nombre de minéraux, la dégradation de la biodiversité, l’érosion et la dégradation des sols, les événements climatiques extrêmes… produiront les pires inégalités entre ceux qui auront les moyens de s’en protéger, pour un temps, et ceux qui les subiront. Elles ébranleront les équilibres géopolitiques et seront sources de conflits. Parce que nos démocraties n’auront pas été capables de se prémunir de leurs propres excès, elles risquent de basculer dans l’état d’exception et de céder aux dérives totalitaristes.


Lorsque l’effondrement de l’espèce apparaîtra comme une possibilité envisageable, l’urgence n’aura que faire de nos processus, lents et complexes, de délibération. Pris de panique, l’Occident transgressera ses valeurs de liberté et de justice. Pour s’être heurtées aux limites physiques, les sociétés seront livrées à la violence des hommes. Nul ne peut contester a priori le risque que les démocraties cèdent sous de telles menaces.


Les enjeux, tant pour la gouvernance internationale et nationale que pour l’avenir macroéconomique, sont de nous libérer du culte de la compétitivité, de la croissance qui nous ronge et de la civilisation de la pauvreté dans le gaspillage. Si nous n’agissons pas promptement, c’est à la barbarie que nous sommes certains de nous exposer. Pour cette raison, répondre à la crise écologique est un devoir moral absolu. Les ennemis de la démocratie sont ceux qui remettent à plus tard les réponses aux enjeux et défis de l’écologie. »

 

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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JMB 08/04/2011 00:15


Bravo pour ce Blog...