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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 10:06

Voici une version réactualisée, en date du 4 mars 2012, de cet article qui, comme me l'a fait remarquer un lecteur, était lui-même fâché avec l'arithmétique dans sa première mouture ! Une réduction de la part du nucléaire de 75 % à 50 % équivaut en effet à une réduction, non pas de moitié, mais d'un tiers.

 

La proposition de François Hollande de faire passer la part d'électricité nucléaire de 75 % à 50 % d'ici à 2025 après avoir fermé Fessenheim durant la mandature 2012-2017 s'est attirée l'hostilité tant de l'UMP, qui accuse sans nuances le candidat PS de vouloir "brader" ce trésor national que constituerait l'industrie nucléaire, que des Verts, pour qui il n'est point de salut hors de la sortie du nucléaire.

Du coup, personne ne s'est bousculé pour évaluer la logique interne du plan Hollande. Pourtant, il n'y a pas besoin de sortir de Polytechnique pour saisir qu'il est quasiment impossible de fermer d'ici à 2025 un tiers de notre parc de 58 réacteurs, soit 19 à 20 réacteurs, en n'en arrêtant que deux (ceux de Fessenheim) d'ici à 2017. Cela supposerait de fermer quelque 18 réacteurs dans les 8 années séparant 2017 de 2025, soit 2,25 par an. Mais peut-être François Hollande table-t-il sur une baisse de la consommation... Paradoxalement, le rythme proposé par le candidat socialiste serait presque aussi élevé que celui proposé par les écologistes pour une sortie du nucléaire en 25 ans, soit 2,3 réacteurs fermés par an, si cet effort est réparti également tout au long de la période afin de permettre aux économies d'énergie de se développer et aux énergies renouvelables de monter en puissance.

 

On peut aussi se demander pourquoi le candidat socialiste se focalise sur Fessenheim, alors que, selon le récent rapport de l'Autorité de sûreté nucléaire, d'autres réacteurs, comme ceux du Blayais, présentent des risques comparables.

 

Alors, François Hollande a sans doute voulu ménager la chèvre écolo (en lui faisant valoir que, contrairement à Sarkozy, il réduirait la part de l'atome) et le chou nucléocrate (en ne fermant qu'une centrale de deux réacteurs en cinq ans et en poursuivant l'EPR). Mais, en essayant de satisfaire tout le monde, il a sans doute obtenu l'inverse du résultat recherché, puisqu'il s'attire les foudres à la fois des nucléophiles et des nucléophobes...

 

Cet article a d'abord été publié sur le site le + du Nouvel Obs.

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Laurent Samuel - dans Ecologie
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commentaires

Clément 16/03/2012 23:46

Pourtant, il est tout à fait possible de fermer avant 2025 les 24 réacteus les plus anciens, construits pour 30 ans avec les technologies de l'époque et qui ont aujourd'hui entre 28 et 34 ans. Les
cuves sont fragilisées par le flux neutronique et ne peuvent pas être réparées. Sans compter tous les accessoires mis en défaut par des événements imprévus (méduses en bord de mer, gel d'un fleuve,
erreur humaine, barre de contrôle coincée ...).

Avec un nucléaire réduit à 46% de l'électricité produite, les diverses énergies renouvelables y contribuant pour 44%, tout cela est possible, réalisable, économiquement viable.

Etude : http://energeia.voila.net/renouv/electri_renouv_france_2025.htm

Hollande perd toute autorité avec ses reculades devant le conglomérat du nucléaire, à la forte puissance financière.

Random Commentator 03/03/2012 13:04

François Hollande n'est pas le seul à avoir des problèmes avec l'arithmétique : pour réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production électrique française, il faut la diminuer d'un
tiers (si la consommation est à peu près constante), et pas de 50%. Donc seulement 19-20 centrales à fermer (plus ou moins, si on en ferme des grosses ou des petites), et pas 29. Mais certes, ça
fait toujours plus que 2.

Laurent Samuel 03/03/2012 19:06



honte à moi, vous avez raison et je vais modifier mon article !