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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 10:28

Le 11 juin 2010, le Commandant Cousteau aurait eu 100 ans. Plusieurs manifestations, tant en France qu'aux Etats-Unis, ont marqué cet anniversaire.


Le site de la Fondation Cousteau vous donne tous les détails sur ces célébrations.


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Sans vouloir gâcher la fête, on s'étonnera du logo du site (« Défenseurs des océans depuis 1943 ») qui situe à 1943 le début de l'engagement de Jacques-Yves Cousteau en faveur des océans. Le 12 avril de cette année-là, lYC avait présenté Par dix-huit mètres de fond, son premier film sous-marin, lors d'un congrès du film documentaire au Palais de Chaillot, organisé avec la bénédiction de l'occupant nazi. Un film encensé par Je suis partout, torchon collabo, dont Pierre-Antoine Cousteau, le frère de JYC, était l'un des responsables. Le « Défenseurs » au pluriel englobe-t-il PAC, dont JYC (qui a aidé la France libre) n'a, au demeurant, jamais partagé les engagements extrêmes ?


Sur le fond (marin...),  peut-on sérieusement dater de 1943 l'engagement écologiste du Commandant Cousteau ? Dans son livre Cousteau Captain Planet, mon confrère Roger Cans fait, au contraire, de JYC un écolo de la dernière heure. La vérité est sans doute à mi-chemin entre ces deux thèses extrêmes. Ci-dessous, la critique que j'ai consacrée à ce livre sur le site des JNE.


http://www.jne-asso.org/archives/10/02Fev_20/biblio/Cousteau.jpg



Par quel tour de passe-passe le Commandant Cousteau a-t-il réussi à faire croire qu'il était océanographe, alors qu'il n'avait aucun diplôme dans ce domaine, et à se mettre en avant comme un businessman émérite, alors que beaucoup de ses projets commerciaux, comme le parc du Forum des Halles à Paris, ont périclité ?


Evitant tant l'hagiographie que le dézingage systématique, le journaliste Roger Cans dresse un portrait très complet d'un personnage irritant, mais séduisant, dont la vie fut riche et pleine de rebondissements. Son rôle majeur dans la prise de conscience de la beauté des océans, puis de leur fragilité, est mis en lumière à travers de nombreux exemples et anecdotes.


Que l'on me permette toutefois de ne pas partager la thèse, défendue par Roger Cans, d'une prise de conscience tardive (vers la fin des années 70) par Cousteau de la crise écologique. Dès la fin des années 60, il tonnait par exemple contre les fûts de déchets nucléaires dans les océans, qui « baîllaient comme des huîtres ».

 

Roger Cans omet de signaler la participation du Commandant Cousteau, en compagnie notamment de René Dumont, à un meeting des écologistes pour les législatives de 1978. Mécontents du choix d'une candidate dans le XVe arrondissement de Paris, des militants avaient jeté sur la tribune... des poissons plus ou moins pourris. Ecroulé de rire, «JYC» avait dit ne jamais avoir vu de tels spécimens de faune sous-marine !


A cette réserve près, ce livre documenté et mesuré (version remaniée d'un ouvrage paru en 1997 chez le même éditeur) s'impose comme une référence sur cette grande figure du XXe siècle.


Editions Sang de la Terre, 320 pages, 13,50 euros. www.sangdelaterre.fr 


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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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