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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 16:31

Severn, la voix de nos enfants, film de Jean-Paul Jaud, sort dans les salles le 10 novembre 2010. Un long-métrage riche en informations et en moments forts, mais qui part un peu dans tous les sens...

 

http://www.aboneobio.com/blog/images/JUILLET_2010/.Severn-la-voix-de-nos-enfants-affiche_m.jpg

 

Face à un film comme  Severn, la voix de nos enfants , le journaliste environnement est confronté au même dilemme que le critique de cinéma devant rendre compte de La Rafle. Faut-il, eu égard à la sincérité évidente de la démarche du cinéaste et à l'importance du sujet, célébrer gentiment le film et taire ses imperfections cinématographiques ? Ou, au contraire, doit-on dire franchement ce qu'on en pense, au péril d'être accusé, comme n'a pas hésité à le faire la réalisatrice de La Rafle avec certains critiques, de faire le jeu de ceux qui nient la réalité et la gravité du problème traité par le film ? 

 

La franchise étant pour moi une qualité importante, je me dois donc de dire que Severn, la voix de nos enfants souffre d'un grave problème de construction. En effet, son fil conducteur - le discours de Severn, alors âgée de 12 ans, à la Conférence de Rio en 1992 mis en parallèle avec sa vie de jeune maman et de militante écolo près de Vancouver 20 ans plus tard - ne suffit pas à "tenir" le film.

 

Jean-Paul Jaud ne cesse en effet de faire des digressions dont on ne saisit pas bien la logique. Certes, beaucoup de séquences sont passionnantes, comme l'interview de l'agriculteur Paul François, en lutte pour faire reconnaître son cancer comme une conséquence des pesticides, le retour dans le village où avait été tourné son précédent film (mieux construit...), Nos enfants nous accuseront, ou encore le reportage sur la riziculture bio au Japon. Où l'on apprend à la fin que le compost "bio" d'origine chinoise contient en fait des OGM...

 

En revanche, d'autres séquences sont de moindre intérêt, comme celles sur le projet abandonné de circuit de Formule 1 à Flins ou sur les centrales nucléaires françaises.

 

En fait, le film ressemble à un mix (on n'ose dire un OGM...) entre Home de Yann Arthus-Bertrand (pour les belles images superbement filmées, notamment de la nature canadienne), Solutions locales de Coline Serreau (pour la mise en avant d'expériences exemplaires) et Le Syndrome du Titanic de Nicolas Hulot (que l'on retrouve d'ailleurs dans Severn via un énième dialogue avec le toujours excellent Pierre Rabhi).

 

Bref, le riche contenu de Severn, la voix de nos enfants aurait constitué un excellent numéro d'une émission de télé du type de celles de Yann Arthus-Bertrand. Mais cela ne suffit pas pour faire un bon film...

 

Cliquez ici pour accéder au site de Severn.

 

La bande-annonce est ci-dessous

 


BA du documentaire «Severn, la voix de nos enfants»

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Laurent SAMUEL - dans cinéma
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commentaires

pascale loget 11/11/2010 18:43


Vraiment très dur comme critique. Je n'avais pas apprécié Nos enfants ... parce que les raccourcis étaient démagos et le pathos au service des peurs. Mais pour Severn, c'est différent, il y a un
souffle, un espoir très sympathique.


Laurent Samuel 11/11/2010 18:59



le film est en effet sympathique et porteur d'espoir


il n'en reste pas moins qu'il est mal construit !