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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 10:20

De retour en France après une semaine passée loin de notre microcosme politique, on est abasourdi de découvrir qu'Eva Joly, hier vantée comme candidate providentielle par la plupart des leaders Verts (à l'exception d'Yves Cochet) et un temps encensée par la presse, se trouve lâchée en rase campagne (électorale) par ses éphémères "amis".

 

http://www.rue89.com/files/imagecache/panorama/files/illustration/joly_hulot_ecolos_primaires_illus.jpg

 

Il aura suffi de rumeurs insistantes sur la possible candidature de Nicolas Hulot aux primaires écologistes et d'un sondage du JDD du 6 février 2010, il est vrai accablant pour Eva Joly, pour que le grand retournement de vestes s'opère.

 

Ainsi, on a entendu ce matin 8 février sur RTL Dany Cohn-Bendit, hélas contaminé (même lui !) par la langue de bois verte, minimiser son rôle dans le "lancement" l'été dernier de la candidature Joly, et refuser de se prononcer entre Hulot et Joly. Quant à son ami José Bové, il se prononce pour ... Nicolas Joly (et pourquoi pas, diront les féministes, pour Eva Hulot ?!).

 

Tout cela manque singulièrement d'élégance et de correction à l'égard d'une femme qui, quels que soient ses défauts en tant que candidate écologiste, soulignés dès le début par ce blog, mérite le respect.

 

Désormais, l'obsession des leaders Verts va être de tenter de placer Nicolas Hulot sous contrôle (une rude tâche quand on connaît son opiniâtreté et son indépendance d'esprit !) et de le sommer de se prononcer par avance pour le candidat socialiste au second tour. Tout en s'écharpant encore et toujours autour du calendrier de leurs primaires...

 

Mais ces girouettes amies des éoliennes risquent de se trouver le bec dans l'eau au cas où, fin mars, Nicolas Hulot (comme Cousteau en 1980) déciderait en fin de compte de ne pas se présenter. La candidature d'Eva Joly, flinguée en vol par ses ex-soutiens, pourrait-elle refaire son handicap ? Yves Cochet, décidé à se retirer au profit d'Hulot si celui-ci se présente, parviendrait-il à tirer les marrons du feu ? Ou Gaby Cohn-Bendit, brandissant la menace d'un nouveau "21 avril", réussirait-il à imposer son idée de ne pas présenter de candidat en échange d'un accord avec le PS pour une cinquantaine de sièges aux législatives ?

 

On ne peut alors totalement exclure le scénario-catastrophe, évoqué la semaine dernière par NKM (qui fait là du wishful thinking !) d'une absence des écologistes à la présidentielle. Mais comme la nature a horreur du vide...

 

Et vous, qu'en pensez-vous ?

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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commentaires

Denhez 10/02/2011 17:32


Rien ne change, décidément, les "zécolos" sont toujours aussi désolants.

Alors qu’ils ont une candidate qui peut incarner la morale républicaine et le respect des symboles et des devoirs inhérents au pouvoir, ils la flinguent pour promouvoir une star médiatique qui,
parce qu’elle est une icône, disparaîtra dans la normalité dès lors qu’elle se présentera en candidate, et subira la violence politique alors qu’elle est d’une susceptibilité bien connue.

Eva Joly n’est pas verte ? Et alors ? Les électeurs voteront d’abord pour une probité, pour se rattraper d’avoir élu Sarkozy. Ensuite pour un programme éventuellement vert. C’est la République
qu’il faut réparer, avant la Planète.
Cela dit, dans son billet cosigné avec les délicats Mamère et Bensassa paru dans Libé du 27 janvier, Eva Joly se pose clairement en communautariste, critiquant l’un des piliers de la
République, que nous envient aujourd’hui Anglais et Allemands, la laïcité. Que c’est triste…

Mais comment s’étonner de cette position libérale, de la part d’une mouvance verte qui continue de désigner l’individu comme seul responsable de l’inaction face aux changements globaux : l’individu
est la clé de voûte du système économique, le culpabiliser pour en faire un consommateur "responsable" n’est pas très révolutionnaire.
Ce qui le serait, c’est de proposer une réelle remise en cause des causes de nos problèmes, à savoir le système néolibéral, et, si l’on pousse le raisonnement jusqu’au bout, le Traité de Lisbonne
qui prône comme règle absolue "la concurrence libre et non faussée".
L’écologie est politique parce que vous pourrez faire tous les petits gestes possibles, ils seront annulés par la surconsommation, les importations, l’effet rebond.

2012 semble déjà plié. Strauss-Kahn sera le meilleur candidat pour la droite écœurée par Sarkozy, comme en son temps Mitterrand face à Giscard, Mélenchon défendra des idées de gauche, Marine Le Pen
les idées sarkozystes, Borloo, Lepage dragueront les verts déboussolés, et rien ne changera. La société est aveugle. Elle devrait regarder vers Tunis et Le Caire.


Laurent Samuel 10/02/2011 17:46



le communautarisme des Verts est en effet un sujet important qui mériterait d'être creusé...



maryse lapergue 08/02/2011 12:47


j'ai oublié une dernière phrase :
Au fait, quid de Corinne Lepage ? Jetée du MoDem, snobée par les Verts, écolo incontestable déjà frottée à la présidentielle... La nature a horreur du vide ? Corinne aussi !!!


Laurent Samuel 08/02/2011 16:25



Probable en effet que Lepage fasse son come-back en cas de déroute de la candidature verte...



maryse lapergue 08/02/2011 12:43


Rien de neuf sur la planète verte : les promesses politiques - comme disait Pasqua (!!!)- n'engagent que ceux qui y croient.... en l'occurence tous les braves gens qui ont cru au concept Europe
Ecologie lors des Européennes et veulent toujours y croire malgré les nuages accumulés depuis des mois. J'en avais hélas fait l'analyse (chiffrée), J-P Besset en jetant l'éponge, a confirmé le
malaise de fond : les Verts sont bien mal placés (sic)pour donner des leçons de démocratie et pour prôner des rapports humains moins déshumanisés. Il arrive à Eva Joly, co-optée par les chefs Verts
à divers moments (DCB, Duflot, Placé...) ce qui était arrivé en pire à Alain Lipietz, souvenez-vous, le candidat élu par les militants Verts pour les représenter à la présidentielle qui avait été
mis au rencart sans recours par la direction pour cause de mauvais sondages.
Amis qui vous intéressez à la planète verte, ayez un peu de mémoire ! Réfléchissez ! Tout ce qui risque d'arriver - lâchage d'Eva Joly, pataquès autour de Hulot - était et est prévisible. Il n'y a
que les idéalistes indécrottables pour refuser d'analyser des faits dont l'origine trouve sa source dans les structures et des fonctionnements anarcho-bureaucratiques qui n'ont rien de nouveau.
J'ai toujours pensé qu'Eva Joly, aux qualités de Mme Propre incontestables, manquait de la surface de base écolo indispensable à un candidat se réclamant de l'écologie, aussi "ouverte" soit
l'écologie. Utilisée aux Européennes où elle avait trouvé sa place dans une dream-team originale, elle va maintenant être jetée comme un kleenex usagé pour ses prestations lamentables en solo en
vue des présidentielles. C'est pas joli joli sur le plan humain. Doit-on pour autant la plaindre ? Sa personnalité et son parcours l'ont certainement endurcie et elle n'est certainement pas entrée
en politique, à 60 ans, en croyant atterrir sur une planète de bisounours, elle-même trouvant bien vite les clefs d'un jeu politicien (n'a-t-elle pas lâché DCB pour Duflot/Placé lors de la création
d'EELV ?)dont elle fait les frais.
La politique est un monde dur et cruel. Nul ne s'y aventure sans y laisser des illusions et des plumes.
Quoi de neuf ? Rien de neuf !!!