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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 23:13

 

Quand il a entendu Delphine Batho, ministre de l'Écologie, se déclarer en faveur du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, le député Vert Noël Mamère affirme être "tombé de l'armoire".

 

Une façon de surjouer une surprise feinte car ce vieux routier de la politique ne pouvait ignorer que le soutien à ce projet contestable n'a cessé d'être affirmé et réaffirmé par François Hollande et Jean-Marc Ayrault (en première ligne sur ce dossier en tant qu'ancien maire de Nantes) tout au long de la campagne présidentielle. Au point que ce sujet était, avec le nucléaire, l'un des deux points d'"accord sur le désaccord" actés lors de l'accord électoral conclu entre le PS et EELV (Europe Ecologie les Verts) à l'automne dernier.

 

François Hollande a eu le mérite de la franchise

 

À la faveur de cette déclaration de Delphine Batho, succédant à celle d'Arnaud Montebourg sur le "nucléaire, filière d'avenir" et au flou gouvernemental sur les gaz de schiste, les leaders Verts semblent ainsi découvrir subitement que François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Arnaud Montebourg et Delphine Batho ne sont pas des écolos et que le Président et la majorité parlementaire n'ont pas été élus sur une ligne écologiste et antinucléaire.

 

Or, sur tous ces sujets, François Hollande a eu le mérite de la franchise et de la cohérence. Il a toujours affirmé son soutien au nucléaire, tout en voulant réduire sa part dans l'approvisionnement électrique à 50 % en 2025, contre 75 % aujourd'hui. De même, s'il refuse la technique du fractionnement hydraulique hautement polluante, le Président n'a jamais définitivement fermé la porte à l'exploitation des gaz de schiste.

 

Rideaux de fumée

 

Alors, même si on partage leur colère contre Montebourg qui défendait une ligne plutôt antinucléaire lors de la primaire socialiste (voir cet article de Terra Eco), ou contre Batho qui ne fait guère entendre sa différence sur l'écologie, les récentes volées de bois vert des leaders Verts ne sont en réalité que des rideaux de fumée tentant de faire oublier qu'ils participent à un gouvernement dont les orientations – clairement définies par le Président et le Premier ministre – se situent aux antipodes de leurs engagements et de leurs valeurs.

 

L'excitation verbale de nombreux députés et sénateurs EELV contre Batho, Montebourg, ou pour certains d'entre eux, contre le traité européen devant être ratifié par le Parlement, contraste avec leur singulière discrétion sur l'accord signé début juillet par le CEA et Bouygues Construction, en vue de la construction d'un prototype de surgénérateur nucléaire, Astrid (lire ici sur le site du Sauvage).

 

Comme le dit avec justesse Dany Cohn-Bendit, les Verts ne peuvent pas être à la fois au gouvernement et dans l'opposition. Potiches vertes ou opposants constructifs, à eux désormais de choisir...

 

Cet article a été publié sur le site le + du Nouvel Observateur.

 

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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