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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 17:04

Dans des interviews au Monde (section réservée aux abonnés) et aux Echos du 11 novembre 2010, Cécile Duflot, secrétaire nationale de Verts, vend la mèche : dans la nouvelle organisation qui sera "baptisée" demain 13 novembre, les « coopérateurs » - autrement dit les non-Verts - n'auront sans doute pas le droit de voter pour désigner les candidats du parti aux élections.

 

http://www.europe-ecologie.fr/wp-content/uploads/2010/11/pAffiche_Lyon_13nov10_web.jpg

 

Extrait de l'interview de Cécile Duflot dans les Echos :

« Dans cette future organisation, à la fois coopérative et parti politique, dont le nom sera connu ce week-end, différentes formes d'engagement seront possibles. ll y aura des coopérateurs, qui pourront s'engager sur des sujets précis mais qui ne voudront pas participer à la vie interne du parti, et les adhérents du parti.

Ces 'coopérateurs' pourront-ils participer à la désignation des candidats ?

Cela n'est pas encore décidé. Notre organisation sera réévaluée dans un ou deux ans. D'ici là, il faudra s'interroger pour savoir si les gens qui ne sont pas prêts à participer aux processus internes du parti seront prêts à désigner les candidats. »

 

Bref, ça sent le roussi pour les « coopérateurs » .... D'autant plus que, dans le Monde, Cécile Duflot définit de façon restrictive « le statut de "coopérateur" comme « ouvrant la possibilité de se mobiliser sur des causes sociales ou environnementales à côté du parti ».

 

En d'autres termes, il y aura d'un côté le Parti qui s'occupera des choses "sérieuses", à savoir les élections, et de l'autre les coopérateurs, qui serviront, dans le meilleur des cas, de banque à idées pour les candidats, et dans le pire, de "courroie de transmission" pour propager la juste ligne verte dans le tissu associatif.

 

Bien sûr, comme le précise Cécile Duflot, « cela n'est pas encore décidé »... Mais au fait, qui en décidera et comment ?

 

En attendant, tout se passe comme si l'appareil des Verts avait détourné l'opération (sincère) d'ouverture de Daniel Cohn-Bendit (lisez ici la lettre ouverte que Maryse Lapergue lui a adressée) pour tenter d'en faire un instrument au profit d'une conception léniniste de l'organisation politique : le Parti décide, et les autres organisations (syndicats, associations, etc.) sont des courroies de transmission à son service.

 

Trente ans après d'autres Assises écologistes de Lyon, en juin 1980, qui avaient débouché sur la candidature de Brice Lalonde à la présidentielle de 1981, le triomphe de cette logique partidaire tendrait à donner raison à ceux qui, depuis le début, se méfiaient comme de la peste de la création de partis écologistes...


Mais peut-être pensez-vous que tout n'est pas joué ? Que la presse dans sa quasi-totalité a raison de célébrer la fusion "historique" des Verts et d'Europe Ecologie ? Que mon analyse relève de l'anti-verdisme primaire ? N'hésitez pas en tout cas à réagir !

 

 

 

 

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Laurent SAMUEL - dans Ecologie
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commentaires

Gérard Thélier 12/11/2010 21:24


je pense que l'écologie politique, si elle est correctement développée, n'appartiendra à personne. Une entité politique qui chercherait à la monopoliser à des fins politiciennes aurait tout faux.
Car elle se transformerait en coquille vide, et l'idée partirait ailleurs !


Ghislain 12/11/2010 21:05


Europe Ecologie n'est pas une initiative de Daniel Cohn-Bendit mais d'un groupe de Verts dont le plus connu est Yves Cochet.
La participation des coopérateurs du nouveau mouvement à la désignation des candidats aux élections externes serait l'opportunité pour d'autres partis, par ex. le PS, de décider à la place des
écologistes qui doit se présenter contre leurs propres candidat-e-s.