Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 22:52
Publicité et information font souvent trop bon ménage... Ci-dessous, un texte paru aussi en édito sur le site des JNE (Journalistes et écrivains pour la nature et l'écologie).

Contrairement aux Casseurs de pub (voir leurs arguments sur http://www.casseursdepub.org/index.php?menu=pourquoi ) je n'ai aucune position de principe contre la publicité, en particulier dans la presse.

Encore faut-il qu'elle satisfasse à quelques règles de base. En particulier, elle doit être clairement séparée du contenu rédactionnel. Or, c'est loin d'être toujours le cas, avec le développement des « publi-reportages ». Ceux-ci sont des publicités qui tentent de se faire passer pour des articles. En principe, ils doivent porter de façon explicite et visible la mention « publi-reportage » ou « publi-information ». Hélas, cette règle n'est pas toujours respectée. Ainsi, le Journal du Dimanche a-t-il publié le 1er février dernier un dossier de 4 pages sur les zones humides, réalisé (comme cela était mentionné discrètement) avec le groupe Evian/Danone.

On peut aussi s'interroger sur l'indépendance réelle de certains suppléments « développement durable » de quotidiens, sponsorisés par un ou deux gros annonceurs comme Monoprix ou Areva.

Plus grave, ce pilier de l'industrie nucléaire française a fait passer il y a quelques mois dans Science et Vie Junior et Images Doc, magazines destinés aux jeunes, des pages de pub déguisées en « articles ». Pour les détails de cette affaire, je vous renvoie au site Ecolopresse :

http://ecolopresse.20minutes-blogs.fr/archive/2008/10/31/sciences-et-vie-junior-et-image-doc-accuses-par-le-le-resea.html

Une forme moins brutale de ce mélange des genres est le « renvoi d'ascenseurs », auquel n'échappent pas certaines revues écolo, où l'on trouve, comme par hasard, un article sur une soupe bio vantée quelques pages plus loin dans une pub... Le fait que les produits concernés soient sans danger (voire positifs) pour l'environnement et la santé ne rend pas le procédé moins condamnable dans son principe !

Dans ce contexte où les abus se multiplient, il convient de saluer l'initiative de l'Alliance pour la planète, qui vient de créer un Observatoire indépendant de la publicité. Un article du site Ecoloinfo vous le présente :

http://ecoloinfo.com/2009/02/04/lobservatoire-independant-de-la-publicite/

Mais, au-delà de la nécessaire lutte contre les pubs mensongères et/ou incitant à des comportements anti-écologiques, reste une question, que je me garderai de trancher : peut-on imaginer que la publicité, aujourd'hui instrument d'incitation à la consommation (ou, simplement, comme l'affirment ses défenseurs, de passage d'une marque à une autre ?), favorise dans le futur les comportements et modes de vie «durables » ? Effet pervers : une telle pub, vertueuse et moralisatrice, dont certaines campagnes pour le développement durable nous donnent un avant-goût, ne risque-t-elle pas de pousser certains publiphobes, par esprit de contradiction, à laisser leur télé en veille ou à mettre leurs épluchures de légumes dans la poubelle réservée aux emballages...

Vos critiques et commentaires sont les bienvenus...

Partager cet article

Repost 0
Laurent SAMUEL - dans Ecologie
commenter cet article

commentaires

Jérôme Baboulène 17/02/2009 08:55

Dans tous les cas, la confusion des genres est dommageable et condamnable. Mais, pire encore, on assiste aujourd'hui à une confusion du sens. Ainsi, des firmes comme Areva, Total, EDF, etc., surfent-elles sans vergogne sur la vague écolo en toute impunité. Les organismes de contrôle, tels que le BVP, qui sont à la fois juge et partie n'y trouvent bien sûr rien à redire.