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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 14:06
Pour 2009, l'inquiétude, mais aussi l'espoir...

D'un côté, l'inquiétude, avec la pire crise économique depuis la Dépression des années 1930, qui frappe d'abord les plus pauvres et les plus faibles. Une crise, qui, en France, s'accompagne d'une crispation sécuritaire (raids anti-drogue musclés dans les collèges, stigmatisation d'un groupe d'"ultra-gauche" accusé sans preuves d'actions anti-TGV, garde à vue d'un responsable de Libération...) et de tentatives de contrôle des médias par le pouvoir (nomination des PDG des chaînes publiques de radio et télé par le Président de la République...).


De l'autre, l'espoir, avec l'entrée en fonctions, le 20 janvier prochain, d'un Président des Etats-Unis qui a fait de la lutte contre le réchauffement climatique l'une de ses grandes priorités.

Espoir aussi en France, avec l'adoption, en France, de la loi "Grenelle 1", malgré ses insuffisances et la place importante de l'environnement dans les plans de relance mis en oeuvre par différents pays, y compris la Chine.

Contrairement à certains écologistes, je ne considère pas que la "croissance verte" soit forcément une abomination. Mais encore faut-il qu'elle ne se réduise pas à un soutien à la voiture électrique, au nucléaire, aux OGM et aux agro-carburants. Pour moi, ces solutions techniques ("technical fix", comme on disait dans les années 1970) ne doivent pas être systématiquement rejetées, pour autant que leur bilan écologique et sanitaire soit acceptable. Mais l'essentiel, c'est de développer les transports collectifs, la maîtrise de l'énergie et une agriculture aussi biologique que possible.

A la différence d'Hervé Kempf, qui vient d'y consacrer un livre*, je ne crois pas que le sauvetage de la planète suppose de "sortir du capitalisme". Comme la démocratie, l'économie de marché est le pire des systèmes... à l'exception de tous les  autres. Il faut se battre pour sa régulation et non pas pour sa destruction.

Alors, à l'aube de cette nouvelle année, plutôt que de sombrer dans la déprime et le négativisme, réjouissons-nous que des thèmes et pratiques comme l'agriculture bio, les économies d'énergie ou le recyclage des déchets, qui faisaient ricaner tout le monde il n'y a pas si longtemps, soient désormais pris au sérieux jusqu'aux sommets des Etats.

Gardons-nous de ceux qui prônent la surenchère verte (plus écolo que moi, tu meurs !) et des donneurs de leçons, qui poussent de nombreuses personnes à réduire (à tort bien sûr) l'écologie à une série de contraintes arbitraires et changeantes. Même s'il faut parfois taxer ou réprimer les pollueurs, l'essence d'une politique écologiste est l'incitation et l'exemple, plutôt que la punition et la culpabilisation prônés par de nombreux défenseurs de l'environnement.

Bref, agissons pour que la croissance verte le soit vraiment, au lieu d'agiter des concepts mystificateurs comme la "décroissance".

Comme le dit Thierry Saurat sur son blog : Yes, we can !

Joyeuses fêtes à tous !

* Pour sauver la planète, sortez du capitalisme (éditions du Seuil).

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commentaires

-- 05/01/2009 15:25

La question de la décroissance mérite peut-être de ne pas être évacuée aussi rapidement.
Pour une remise en perspective des enjeux de la décroissance et de ses implications, voir http://yannickrumpala.wordpress.com/2008/09/01/questions-sur-la-decroissance/

ghislain 01/01/2009 23:16

La décroissance de la consommation d'énergie n'est pas seulement indispensable, elle est inéluctable, et elle va entrainer celle du PIB. Si le mot décroissance te semble trop chargé d'idéologie, on peut utiliser le mot diminution. On peut utiliser aussi d'autres expressions que celle de PIB, indicateur fort critiqué à juste titre. Les biens de consommation, les outils, la quantité et la variété de nourriture disponible, résultants de l'activité économique vont diminuer du fait de notre étroite dépendance aux énergies fossiles. Voir www.manicore.com : Jancovici explique très bien ce que j'essaye de résumer ici.

Ghislain 01/01/2009 21:27

La décroissance ne peut être réduite à un concept, mystificateur ou pas. Il ne faut pas confondre la/les décroissance(s) avec le journal La Décroissance. La décroissance du PIB par exemple a commencé et va probablement se poursuivre, au delà de soubresauts économiques, parce qu'elle est très/trop dépendante des sources d'énergie fossile.

Laurent 01/01/2009 22:27


la décroissance de la consommation d'énergie est bien sûr indispensable
mais sur celle du PIB, je suis plus dubitatif...
c'est plutôt le PIB  en tant qu'indicateur qui me semble devoir être remis en cause !
des débats passionnants que le concept de  "décroissance"obscurcit au loin  de clarifier à mon avis