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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 23:05


D'un côté, une superproduction hollywoodienne, riche en scènes spectaculaires, de l'autre un petit film d'auteur italien, tourné caméra à l'épaule. A priori, rien ne rapproche The Dark Knight et Gomorra, hormis le fait qu'ils sont sortis le même jour dans les salles françaises. Pourtant, ces deux films  traitent du même thème : la mainmise du crime organisé sur nos sociétés, et l'incapacité radicale de celles-ci à y faire face. A Gotham City comme dans la banlieue de Naples, les mêmes mécanismes sont à l'oeuvre. La nécessité de survivre et la pression du groupe conduisent des gens «normaux» dans l'engrenage de l'illégalité et de la violence.

Les réalisateurs, Christopher Nolan et Matteo Garrone, dressent tous deux un constat radicalement pessimiste de l'état monde. Dans leurs films, des franc-tireurs tentent de dynamiter le système. Mais, tandis que les deux jeunes «rebelles » de Gomorra vont au devant d'un destin qu'on devine vite tragique, le Joker de The Dark Knight (magistralement interprété par Heath Ledger, dont le dernier rôle aura été le plus grand) réussit, par sa folie machiavélique, à démolir les deux figures du «bien», qui ont voué leur vie à la lutte contre le crime. Batman, constamment dépassé par les événéments, finit par porter le chapeau en s'accusant à tort des forfaits commis par le procureur Harvey Dent, rendu fou et transformé en monstre par la démence du Joker. Il sauve ainsi la mémoire du héraut de la lutte anti-mafia. Mais le résultat, c'est qu'il ne reste plus personne pour reprendre le flambeau du combat contre le crime.

Très marqué par le 11 septembre (Gotham City figure New York bien que le film ait été tourné à Chicago), The Dark Knight montre aussi l'impuissance de la société américaine confrontée à un terrorisme dont la logique est imprévisible. En comparaison, les mafiosi de Gomorra obéissent à des démarches plus rationnelles, mais qui n'en font pas moins aussi beaucoup de dégâts.

Alors, profitez de cette fin d'été pluvieux pour aller voir sans tarder ces deux long-métrages coup de poing, dont le pouvoir d'émotion va de pair avec la force d'analyse et la capacité à susciter la réflexion.






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