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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 14:56
Après le bilan écologique et scientifique, quelques observations plus politiques sur le moratoire sur le MON 810.

1. L'avis du
Comité de préfiguration d'une haute autorité sur les organismes génétiquement modifiés (ouf...) confirme les alertes lancées depuis une dizaine d'années par le CRIIGEN ou Arnaud Apotheker de Greenpeace.
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2.
Le succès de la pétition anti-moratoire, qui a réuni plusieurs centaines de signatures (dont beaucoup de chercheurs), montre que le message de ces lanceurs d'alerte n'a pas été pleinement entendu dans la communauté scientifique. Celle-ci a, à l'évidence, été échaudée par les opérations des "faucheurs volontaires" qui s'attaquent non pas aux cultures commerciales (dont la localisation précise est pour l'instant secrète), mais aux expérimentations scientifiques en plein champ.

3. La grève de la faim de José Bové et ses amis, loin d'avoir été à l'origine du moratoire, comme certains de ses supporters en semblent convaincus, a bien failli faire capoter son adoption. Car, à mille lieues des jeûnes de Gandhi ou Lanza del Vasto dont il revendique l'héritage (voir à ce sujet l'article de Jean-Claude Noyé sur le site des JNE), ce coup politique du leader altermondialiste a donné un argument en or aux pro-OGM, notamment du côté du ministère de l'Agriculture et du groupe UMP, sur le thème : « nous n'allons quand même pas céder à ce chantage ! ». Heureusement, Jean-Louis Borloo (et sa secrétaire d'Etat NKM, très en pointe sur ce dossier)
ont eu le dessus pour imposer le respect des engagements du Grenelle ...

4. Plutôt que de protester contre le déblocage de crédits pour la recherche en biotechnologies végétales, les ONG auraient dû au contraire s'en féliciter. Car une recherche publique forte est indispensable pour évaluer de manière indépendante les OGM et - pourquoi pas - mettre au point de nouvelles plantes génétiquement modifiées dont le bilan environnemental et sanitaire serait satisfaisant.

5. Au vu des déclarations consternantes du Président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, dénonçant la mise en oeuvre de la clause de sauvegarde, on ne peut que nourrir les plus vives craintes en ce qui concerne le débat sur les OGM qui doit s'ouvrir début février au Parlement.



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