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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 16:50

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Pour les fans de Springsteen, le titre « La nuit nous appartient » évoque bien sûr les paroles de « Because the night », chanson popularisée par Patti Smith : « Because the night belongs to lovers, Because the night belongs to us ».

Pourtant, alors que la nuit de Bruce et Patti appartient aux amants, celle de l'excellent film de James Gray est la « propriété » de la police new-yorkaise. De fait, son titre original, « We own the night », est la devise de la NYPD.

Mais on aurait tort de croire que, comme l'ont dit un peu vite quelques critiques,
« La nuit nous appartient » serait un ode à l'action des forces de police et aux valeurs familiales. Car la famille, déstructurée, ne s'y reconstitue que dans la tragédie et la mort, tandis que la police s'y révèle à la fois brutale et (sauf dans la scène finale) peu efficace.

D'ailleurs, dans une interview à Paris-Match (6 décembre 2007), James Gray indique que l'une des sources d'inspiration de son film a été le drame d'Amadou Diallo, immigrant guinéen qui, en 1999, pour un geste mal interprété, fut abattu de 41 balles en 1,5 seconde par quatre flics new-yorkais.

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Une «bavure» à laquelle Bruce Springsteen a consacré l'une de ses chansons les plus poignantes : « American skin (41 shots) ».

En fait, Gray dépeint la police et la famille comme des institutions nécessaires mais faillibles qui, selon ce qu'en font les hommes, libèrent en eux le pire - souvent - ou le meilleur - parfois.

Le thème des deux frères, l'un attiré par le «bien» et l'autre par le «mal» (remarquablement interprétés par Mark Wahlberg et Joaquin Phoenix) rappelle à l'évidence « Highway patrolman », chanson qui a servi de base au superbe film de Sean Penn, « The Indian Runner ». A cela près que l'évolution des personnages de « La nuit nous appartient » est fort différente...

Allez donc voir sans hésiter ce beau film qui après «Zodiac» de David Fincher ou « American gangster » de Ridley Scott, confirme la tendance
du cinéma américain au retour à un certain classicisme, tant au niveau des thèmes qu'à celui de la réalisation. Pour réussir un film, rien de tel qu'une bonne histoire !

Ici, le lien avec la bande-annonce.


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