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12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 13:52
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L'attribution conjointe du Prix Nobel de la Paix
au GIEC  (Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat) et à Al Gore, « l'ex-futur Président des Etats-Unis » (qui avait obtenu 500 000 voix de plus que Bush lors de la présidentielle de 2000) marque un succès majeur - moral à défaut d'être pratique - du combat à la fois scientifique et politique pour la reconnaissance, l'évaluation et la prise en compte du changement climatique, débouchant sur la mise en oeuvre d'actions pour l'enrayer ou le limiter.

En France, cette consécration apparaît aussi comme une bouffée d'air pur après la multiplication ces derniers jours, à l'approche de la phase finale du Grenelle de l'environnement, de prises de position plus outrancières les unes que les autres. A savoir (liste non exhaustive !) :
- l'engagement de la commission Attali sur la croissance en faveur d'une remise en cause du principe de précaution, pourtant inscrit dans la Constitution.
(voir ici les réactions du philosophe Dominique Bourg et de Yannick Jadot de Greenpeace);
- le refus, affirmé notamment par le député UMP Jean-François Copé, de la réduction de vitesse automobile proposée par les groupes de travail du Grenelle;
- la publication d'un rapport affirmant que la France sera de toute façon incapable de remplir son objectif de «facteur 4 » (réduction par 4 des émissions de gaz à effet de serre) d'ici à 2050;
- la publication dans la presse de pages de pub à la gloire des OGM et de l'agriculture industrielle;
- la présence médiatique massive de Christian Gérondeau, Jean de Kervasdoué et Claude Allègre, trois polémistes qui célèbrent respectivement les vertus de la bagnole, des produits chimiques et de l'électricité nucléaire;
(voir ici la critique cinglante du dernier livre d'Allègre par le toujours percutant Jean-Marc Jancovici)
- la publication dans « le Nouvel Observateur » du 4 octobre d'un article de Delfeil de Ton, d'ordinaire mieux inspiré, comparant les «écolos» à des « cafards », uniquement préoccupés (oui, je sais, certains d'entre eux tombent dans ces travers !) de « surveiller et punir, condamner et interdire ».

Face à cette offensive, les contrefeux sont les bienvenus. Comme l'interview de
Nicolas Hulot dans l'Obs du 11 octobre, annonçant qu'il ne se contentera pas de «demi-mesures» à l'issue du Grenelle. Ou la déclaration de Jean-Michel Lemétayer, patron de la FNSEA, en faveur d'un «gel» des OGM (dans « la Tribune » du 12 octobre).

Les jeux ne sont donc pas faits. En attendant, réjouissons-nous qu'en la personne de Jean Jouzel, vice-président du Giec, la France ait reçu un petit bout de Prix Nobel. Notre pays saura-t-il mériter cet honneur ?

My beautiful reward
(Ma belle récompense)

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