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12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 11:34
avocaffiche432.jpgLe dernier numéro de Charlie Hebdo (paru le 11 juillet), qui y consacre un pertinent (comme toujours) édito de Philippe Val et un passionnant entretien avec le réalisateur Barbet Schroeder, me donne l'occasion de parler du film « L'avocat de la terreur », consacré à l'avocat Jacques Vergès. Ce documentaire, aussi palpitant qu'un thriller, retrace l'itinéraire de cet "homme qu'on adore détester" (selon la formule consacrée), depuis le soutien à la révolution algérienne jusqu'à la défense de Klaus Barbie ou de Carlos, en passant par sa "disparition" dans les années 70. Le premier intérêt du film (qui, comme le souligne Val, aurait mérité un vaste débat public, qui n'a hélas pas eu lieu) est de montrer la continuité intellectuelle entre ces engagements qui, aux yeux de beaucoup, semblent contradictoires. Une continuité dans les méthodes (selon Schroeder, l'attentat contre le Milk Bar d'Alger en 1956, première grande cause plaidée par Vergès, est le premier attentat aveugle de l'histoire) et dans l'idéologie, puisque, comme le montre le film, l'antisémitisme et la volonté de détruire non seulement l'Etat d'Israël, mais les Juifs en général, est au coeur du projet de nombreux "nationalistes arabes" dès les années 60. Le film s'attarde ainsi sur le personnage du nazi suisse François Genoud, avocat légataire d'Hitler et Goebbels et ami de Vergès et Carlos. Ce grand ami des Palestiniens, mort en 1995, avait comme mentor intellectuel le Grand Mufti de Jérusalem, qui, pendant la Seconde Guerre Mondiale, animait des émissions antisémites à la radio de Berlin. A ce sujet, Schroeder aurait pu signaler que Leila Shahid, longtemps porte-parole de l'Autorité palestinienne en France, est la petite fille de ce sulfureux personnage....
Outre cet éclairage salutaire sur les liens historiques "rouges-bruns" (la complaisance d'une partie de la gauche "alter" à l'égard de l'islamisme radical n'est pas un accident de l'histoire), ce film nous fait aussi réfléchir sur la nature des relations entre l'avocat, surtout "engagé", et ses clients. Une certaine empathie est certes nécessaire, et même indispensable. Mais, sur le plan moral, à quel moment la "ligne jaune" (selon l'expression de Vergès dans le film) est-elle franchie ? De ce point de vue, il est symptomatique que Vergès ait  commencé sa "carrière" en épousant Djamila Bouhired, responsable de l'attentat  contre le Milk Bar, dont  il avait été l'avocat. D'où le titre de cette rubrique...
Bref, un film à voir et un numéro de Charlie à lire et méditer...

« Lawyers in love » (avocats amoureux) : chanson de Jackson Browne, figure du rock contestataire west coast US, qui a récemment joué avec Bruce Springsteen à Red Bank, New Jersey (voir le post « Tom's diner »)

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