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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 17:17

 

Selon les scientifiques auteurs de ce livre, le sous-sol de notre planète recèle des quantités importantes d’hydrogène naturel. Une affirmation qui contredit une idée reçue bien ancrée dans les milieux scientifiques, selon lequel ce gaz n’existe dans la nature qu’à l’état de traces et doit être synthétisé pour toute utilisation énergétique ou industrielle. Pourtant, ces deux chercheurs ont de solides références : Alain Prinzhofer est directeur scientifique de la jeune entreprise de consulting GEO4U (Brésil), dans le secteur de l’exploration du gaz naturel, professeur affilié à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) et au Laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain (LIED, UMR de Paris-7), tandis qu’Éric Deville est géologue à l’Institut français du pétrole et des énergies nouvelles (IFPEN) et professeur à IFP School.

C’est lors d’un voyage en Russie il y a 5 ans qu’ils ont constaté que de l’hydrogène naturel s’échappait du sol dans de nombreuses régions de ce pays. Études et photos à l’appui, ils affirment qu’il en est de même un peu partout dans le monde, y compris au fond des océans. A leurs yeux, l’hydrogène naturel présente trois avantages majeurs : il ne dégage pas de gaz carbonique lors de sa combustion, se forme de façon continue (pas de risque d’épuisement comme avec le pétrole) et ne nécessite pas de forages profonds.

Plus prudents que le bandeau du livre (« Une énergie inépuisable et non polluante, ça existe ») ne le laisse présager, Alain Prinzhofer et Éric Deville reconnaissent qu’une évaluation précise des réserves et des possibilités d’exploitation de l’hydrogène naturel reste à établir. En conclusion, ils soulignent que le captage de ce gaz, a priori bien réparti dans le sous-sol à travers le monde, favorise une « décentralisation énergétique » en tout état de cause nécessaire. Alors, l’hydrogène naturel, mirage ou promesse ? A la veille de la COP 21 de décembre 2015, la question mérite en tout cas d’être… creusée !

 

Alain Prinzhofer et Éric Deville. Éditions Belin, 192 pages, 18.00 € – www.editions-belin.com

 

Cette critique est parue sur le site des JNE.

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