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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 15:04

On le croit à New York, il est à Madrid. De la conférence des Etats insulaires aux îles Samoa aux réunions des Nations-Unies sur la haute mer en passant par le sommet climatique de New York en septembre dernier, Rémi Parmentier est l'un des rares Français présents aux grandes réunions internationales sur l'environnement.

 

Depuis 2013, cet ancien de Greenpeace et des Amis de la Terre occupe la fonction de secrétaire Exécutif Adjoint de la Commission Océan Mondial (Global Ocean Commission). Mais c'est surtout en tant que directeur du Varda Group, sorte de think tank environnemental au service des ONG créée en 2003, que Rémi intervient dans ces instances.

 

Un long chemin parcouru pour l'étudiant qui, séduit par la campagne de René Dumont en 1974, déboule l'année suivante au local parisien des Amis de la Terre, où son dynamisme ne tarde pas à être remarqué. Las, à l'approche des municipales de 1977, l'association s'occupe trop à ses yeux de politique électorale. Rémi quitte les AT en douceur et décide de ressusciter le Projet Jonas, groupe de défense des baleines créé quelques années plus tôt par Nicolas Desplats et Georges Dewez au sein des Amis de la Terre, pour en faire une association indépendante sous le nom de Greenpeace, mouvement fondé au Canada en 1970 pour protester contre les essais nucléaires américains dans le Pacifique.

 

Le mouvement ne tarde pas à se faire connaître avec des campagnes pour les cétacés ou les bébés phoques et une communication très « pro » pour l'époque. En 1979, Rémi Parmentier est l'un des fondateurs de Greenpeace International avec David Mc Taggart, écologiste canadien en compagnie duquel Rémi avait créé Greenpeace France. Il commence à sillonner la planète pour inciter à la formation de nouveaux groupes. A la suite d'un « burn out » (selon ses propres termes), il quitte Greenpeace France fin 1983, quelques mois avant que des agents français ne coulent en Nouvelle-Zélande le Rainbow Warrior, navire amiral de Greenpeace engagé dans la lutte contre les essais nucléaires français à Mururoa.

 

Début 1984, il s'établit à Madrid, où il était venu pour piloter la création de groupes Greenpeace en Europe du Sud, et devient l'un des piliers de Greenpeace International qui, au cours des années 80 et 90, se métamorphose en l'une des ONG environnementales les plus puissantes de la planète.

 

Au sein de Greenpeace International, Rémi Parmentier défend une ligne réformiste, ouverte au dialogue avec les entreprises (dont l'ONG refuse cependant les financements). C'est ainsi que, dans la foulée du Sommet de la Terre de Johannesbourg de 2002, il initie un appel commun de Greenpeace et du World Business Council for Sustainable Development pour la mise en œuvre du protocole de Kyoto. Après ce coup d'éclat, il quitte l'ONG et lance le Varda Group à l'hiver 2003 avec une autre ancienne de Greenpeace, Kelly Rigg. « Pour la petite histoire, raconte Rémi, le premier projet de Varda en 2003 a été d'apporter un appui stratégique à l'Organisation Mondiale de la Santé lors de la dernière phase de négociation de la Convention internationale sur le contrôle du tabac, qui a permis l'interdiction de la publicité du tabac et la mise en place des lois interdisant de fumer dans les lieux publics » Aujourd'hui, Varda se mobilise surtout en faveur d'une gouvernance mondiale des océans.

 

Le temps que vous lisiez ces lignes, Rémi, dont la fréquentation assidue des lignes aériennes, à défaut d'optimiser son bilan carbone, lui aura permis de rencontrer son épouse, hôtesse de l'air, sera sans doute en route pour une nouvelle conférence. En surveillant ses posts sur Facebook, vous arriverez peut-être à le pister !

 

Cet article a été publié dans la lettre Options Futurs N° 28 (février-mars 2015), que vous pouvez télécharger sur le site Media Peps en cliquant ici.

 

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